Étymologie

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(1160) Dénominal de étrenne.

étrenner \e.tʁe.ne\ ou \e.tʁɛ.ne\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Vieilli) Gratifier d’une étrenne, le premier jour de l’année.
  2. (Transitif) Plus ordinairement, favoriser un marchand en étant le premier de la journée à lui faire un achat ou un pauvre en étant le premier à lui faire l’aumône.
    • C’est moi qui vous ai étrenné.
    • Étrennez-moi, je vous ferai une diminution.
    • Bénie soit la main qui m’étrenne.
  3. Faire usage d’une chose pour la première fois.
    • Sturmer était vêtu d’un slack gris, sorte de pyjama de nylon qu’il étrennait pour la circonstance. — (Georges Arnaud, Le Salaire de la Peur, 1950)
    • Eh bien, quand j’ai vu le soleil, ce matin, j’ai décidé d’étrenner mon costume léger… — (André Franquin, Gaston 8 — Lagaffe nous gâte, éditions J.Dupuis Fils, 1970, page 29)
    • En récompense, son père, au comble de la joie, lui offre le dernier cri de chez Peugeot : une bicyclette à rétropédalage, qu'il étrenne sur les routes de Franche-Comté et de Suisse romande en compagnie de son épouse, […]. — (André Grappe, Testament du dernier poilu d'Alsace, propos recueillis par Jean-Noël Grandhomme, Presses universitaires de Strasbourg, 1999, page 212)
  4. (Intransitif) ou (Transitif) Recevoir, pour un marchand, le premier argent, de la journée ou de la semaine, de la vente de ses marchandises.
    • Prenez, prenez ! Donnez vingt kopecks !… Vrai, uniquement pour que vous m’étrenniez, parce que vous êtes mon premier acheteur, uniquement pour cela. — (Nicolas Gogol, Le Portrait, 1835 ; traduit du russe par Boris de Schlœzer, 1968 ; page 39)
    • Ces braves gens commentaient de leur point de vue les événements de la journée. Les cochers avaient fait quelques courses, mais le chauffeur n'avait pas encore étrenné.
      – Qui me prendra à cette heure ? geignait-il.
      — (Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 196)
    • Je n’ai rien vendu aujourd’hui, je n’ai pas étrenné.
  5. (Sens figuré) Être le premier à supporter quelque chose de fâcheux.
    • On a tiré au sort pour cette nouvelle corvée, c’est moi qui ai étrenné.
    • — Si je recevais une blessure trop cruelle, promettez-moi de m’achever ?
      — Oui, à condition que vous me rendrez le même service, si c’est moi qui étrenne ?
      — (Jules Vallès, L’Insurgé, G. Charpentier, 1908)

Dérivés

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Traductions

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Prononciation

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Anagrammes

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Références

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