éventrer

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIIe siècle) Mot dérivé de ventre avec le préfixe é- et le suffixe -er.

Verbe Modifier

éventrer \e.vɑ̃.tʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Ouvrir le ventre pour en tirer les intestins.
    • La première scène qui s'offre à nos yeux est une scène de carnage : des hommes roux, aux cheveux incultes, armés de coutelas, les bras nus et rouges de sang, éventrent des morues fraîches et les décapitent. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 32)
    • Les Aztèques éventraient couramment, qu'on raconte, dans leurs temples du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au Dieu des nuages, afin qu'il leur envoie la pluie. — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932)
  2. Blesser en déchirant ou en fendant le ventre.
    • Ce soldat fut éventré d’un coup de baïonnette.
    • Comme il s'en revenait du champ le 13 septembre 1759, Joseph Nevoret est éventré et mangé par un loup carnassier à Viriat (Ain) : on était « environ le soleil couchant ». — (Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup: 3 000 attaques sur l'homme en France (XVe-XXe siècle), Fayard, 2007)
  3. (Par analogie) Ouvrir de force et en déchirant ; faire une brèche.
    • Une partie du toit a été arrachée sur la façade sud. Les trombes d'eau et le vent saccagent les pièces éventrées. — (J. M. G. Le Clézio, Le Chercheur d'or, Gallimard, 1985)
    • Au XIIIe siècle, on éventra les murs latéraux du chœur, comme à Laffaux (Aisne), pour établir un transept voûté d'ogives. — (Eugène Lefèvre-Pontalis, L'architecture religieuse dans l'ancien diocèse de Soissons au XIe et au XIIe siècle, Plon & Nourrit, 1897, vol.2, p.79)
    • Éventrer un portefeuille.
    • Les voleurs éventrèrent les sacs de dépêches.

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier