ἐνθουσιάζω

Grec ancienModifier

ÉtymologieModifier

Verbe dérivé de ἔνθεος, éntheos (« inspiré ») avec le suffixe -άζω, -ázô ou composé de ἐν, en et de θυσιάζω, thusiázô au sens étymologique de « souffler » qui est dans son radical θύω, thúô (« fumer de rage ou de colère, enrager ») dont il est le synonyme → voir inspiro et spiro en latin, pour le sens.
Il n’est pas nécessaire de lui donner le sens religieux de « être inspiré par les dieux » en rapprochant ce mot de θεός, theós (« dieu »), mot dont l’étymologie est également « souffle, esprit ».

Verbe Modifier

ἐνθουσιάζω, enthousiázô, futur : -, aoriste : -, parfait : -, parfait passif : -, aoriste passif : - \Prononciation ?\ (voir la conjugaison)

  1. Être inspiré.
    • τὰ δὲ ὀνόματα τὰ διπλᾶ καὶ [τὰ] ἐπίθετα πλείω καὶ τὰ ξένα μάλιστα ἁρμόττει λέγοντι παθητικῶς: συγγνώμη γὰρ ὀργιζομένῳ κακὸν φάναι οὐρανόμηκες, ἢ πελώριον εἰπεῖν, καὶ ὅταν ἔχῃ ἤδη τοὺς ἀκροατὰς καὶ ποιήσῃ ἐνθουσιάσαι ἢ ἐπαίνοις ἢ ψόγοις ἢ ὀργῇ ἢ φιλίᾳ, οἷον καὶ Ἰσοκράτης ποιεῖ ἐν τῷ Πανηγυρικῷ ἐπὶ τέλει "φήμην δὲ καὶ μνήμην" καὶ "οἵτινες ἔτλησαν": φθέγγονται γὰρ τὰ τοιαῦτα ἐνθουσιάζοντες, ὥστε καὶ ἀποδέχονται δηλονότι ὁμοίως ἔχοντες. διὸ καὶ τῇ ποιήσει ἥρμοσεν: ἔνθεον γὰρ ἡ ποίησις. ἢ δὴ οὕτως δεῖ, ἢ μετ᾽ εἰρωνείας, ὥσπερ Γοργίας ἐποίει καὶ τὰ ἐν τῷ Φαίδρῳ. — (Aristote, Rhétorique)
      Les épithètes, les mots composés pour la plupart, et surtout les mots étrangers sont ceux qui conviennent à celui qui parle le langage de la passion. On excuse un homme en colère de dire un malheur "grand comme le ciel" ou "colossal" ; de même lorsqu’il est déjà en possession de son auditoire, et qu’il l’aura enthousiasmé par des louanges, ou des reproches, ou par la colère, ou par l’affection. C’est ainsi qu’Isocrate par exemple à la fin du Panégyrique, met en œuvre les mots de "gloire et de mémoire" et cette expression : "Ceux qui ont enduré…" Car c’est dans ces termes que s’expriment ceux qu’emporte l’enthousiasme. De cette façon, l’auditoire évidemment accepte un tel langage, une fois mis dans le même état d’esprit. Il faut donc s’exprimer ainsi, ou bien le faire avec ironie, comme le faisait Gorgias, ou comme on le voit dans le Phèdre. — (traduction)
    • ἔχε δή μοι τόδε εἰπέ, ὦ Ἴων, καὶ μὴ ἀποκρύψηι ὅτι ἄν σε ἔρωμαι· ὅταν εὖ εἴπηις ἔπη καὶ ἐκπλήξηις μάλιστα τοὺς θεωμένους, ἢ τὸν Ὀδυσσέα ὅταν ἐπὶ τὸν οὐδὸν ἐφαλλόμενον ἄιδηις, ἐκφανῆ γιγνόμενον τοῖς μνηστῆρσι καὶ ἐκχέοντα τοὺς ὀιστοὺς πρὸ τῶν ποδῶν, ἢ Ἀχιλλέα ἐπὶ τὸν Ἕκτορα ὁρμῶντα, ἢ καὶ τῶν περὶ Ἀνδρομάχην ἐλεινῶν τι ἢ περὶ Ἑκάβην ἢ περὶ Πρίαμον, τότε πότερον ἔμφρων εἶ ἢ ἔξω σαυτοῦ γίγνηι καὶ παρὰ τοῖς πράγμασιν οἴεταί σου εἶναι ἡ ψυχὴ οἷς λέγεις ἐνθουσιάζουσα, ἢ ἐν Ἰθάκηι οὖσιν ἢ ἐν Τροίαι ἢ ὅπως ἂν καὶ τὰ ἔπη ἔχηι; — (Platon, Ion)
      Allons, Ion, dis-moi aussi, et ne me cache rien de ce que je vais te demander : quand tu récites comme il faut des vers héroïques, et que tu ravis l'âme des spectateurs, soit que tu chantes Ulysse s’élançant sur le seuil de son palais, se faisant connaître aux amans de Pénélope et répandant à ses pieds une multitude de flèches ; ou Achille se jetant sur Hector[19], ou quelque endroit pathétique sur Andromaque, Hécube ou Priam ; te possèdes-tu ? ou bien es-tu hors de toi-même, et, transportée d’enthousiasme, ton âme ne s’imagine-t-elle pas assister aux actions que tu récites, à Ithaque ou devant Troie, partout enfin où la scène se passe. — (traduction)
  2. Fulminer de rage ou de colère, enrager.
    • Ἐνθουσιᾷς, δύστηνε, τοῖς σαυτῆς κακοῖς.
      Ἀλλ' ἄγετε, μὴ φείδεσθ'· Ὀδυσσέως δὲ χρὴ
      ἐς χεῖρα δοῦναι τήνδε καὶ πέμπειν γέρας. — (Euripide, Les Troyennes)
      Malheureuse, ta douleur t'égare ! Emmenez-la, ne l'épargnez pas : il faut qu'elle soit remise entre les mains d'Ulysse, comme le lot qui lui revient. — (traduction)

Note : Par convention, les verbes grecs anciens sont désignés par la 1re personne du singulier du présent de l’indicatif actif.

DérivésModifier

Dérivés dans d’autres languesModifier

RéférencesModifier