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Temps composésModifier

La « conjugaison » des temps composés est celle des auxiliaires.

Il y a deux types de temps composés, ceux qui « se conjuguent avec Avoir », ce qui est la forme normale, et ceux qui « se conjuguent avec Être », qui sont des exceptions.

Conjugaisons avec Avoir - Temps composésModifier

Tous les verbes transitifs et la plupart des verbes intransitifs se conjuguent normalement avec l’auxiliaire « Avoir ».

La conjugaison avec l’auxiliaire « Avoir », suivi de l’adjectif verbal, évoque simultanément deux moments:

  • Le temps auquel est conjugué le verbe « Avoir » : « j’ai mangé » signifie effectivement qu’on possède (verbe Avoir) maintenant, dans le présent, une caractéristique, qui est celle d’avoir mangé.
  • Un temps passé par rapport au temps de l’auxiliaire: Si cette caractéristique est acquise, c’est que l’activité qui permet de l’acquérir (manger) est située dans le passé par rapport au temps considéré.

Cette construction peut être faite avec tous les temps de l’auxiliaire, la signification étant toujours liée d’une part au temps de l’auxiliaire, et d’autre part à un temps passé par rapport à cette première référence.

Dans les temps composés au sens strict, le participe passé ne s'accorde pas avec le sujet, qu'il ne qualifie pas.

Comme le montre la formation du passif, l'objet que le participe passé pourrait qualifier, et avec lequel il pourrait éventuellement s'accorder, est le complément d'objet direct de l'action, non le sujet. Mais tant que la construction ne mentionne pas de complément d'objet (direct), ou que ce complément d'objet est secondaire dans le discours, la forme verbale est essentiellement celle d'un temps composé - forme verbale liée au sujet, et n'impliquant pas d'accord du participe.

Formation des temps composésModifier

La composition ne pose généralement pas de problème, si ce n’est que les formes peuvent être plus ou moins habituelles. Les temps composés courants sont les suivants :

Exemple Temps de l'auxilliaire Temps composé Exemple
Je n’ai plus faim Présent Passé composé J’ai mangé à midi un excellent repas.
Je n’avais plus faim Imparfait Plus que parfait J’avais mangé quand il entra.
Je n’eus plus faim. Passé simple Passé antérieur Quand j’eus mangé, il entra.
Je n’aurais plus faim Futur Futur antérieur Quand j’aurai mangé, je partirai.
Pourvu que tu n’aies pas faim ! Subjonctif présent Subjonctif passé Je ne pense pas que tu aies mangé avant l’orage.
Ne plus avoir faim... Infinitif (pas de nom particulier) Avoir mangé me rend somnolent.
Les temps composés plus rares:
N’ayez pas faim! Impératif Impératif passé (rare) Au moins, avant d’entamer un pot de confiture, ayez fini le précédent!
J'aurais préféré que tu n’eusses pas faim Subjonctif imparfait Subjonctif plus que parfait J’aurais préféré que tu eusses mangé avant l’orage.
Tu n’aurais pas faim si tu mangeais Conditionnel Conditionnel passé 1ère forme Tu 'aurais mangé gratuitement s’il était venu.
J'aurais préféré que tu fusses ici Subjonctif imparfait Conditionnel passé 2ème forme il n’eût pas résisté si je fusse arrivé à temps.
Enfin, l’auxiliaire peut lui-même être à un temps composé, ce qui donne des temps sur-composés. Toutes les formes sont imaginables, mais la seule d’usage réel est le passé sur-composé :
Il a eu faim Passé composé Passé sur-composé il est parti dès qu’il a eu fini son travail.

Conjugaison avec Être - Forme passive - Adjectif verbalModifier

Conjugaison passive

A chaque verbe transitif, décrivant l'action d'un agent sur un objet, correspond symétriquement une forme de conjugaison passive, où le sujet de la phrase est l'objet qui subit l'action (éventuellement complétée par un complément d'agent facultatif) :

« Le fermier tond les brebis » : L'agent (sujet) est le fermier, l'action est tondre, et l'objet de l'action est les brebis.
« Les brebis sont tondues (par le fermier) » : L'objet de l'action (sujet) est les brebis, l'action est tondre, et l'agent est le fermier.

La conjugaison passive est celle du verbe Être, suivi du participe passé. Elle ne présente pas de difficulté de forme ni de sens.

Adjectif verbal épithète

La forme passive ne se distingue pas formellement de la construction objet+attribut, signifiant que l'objet a pour caractéristique d'avoir subi ou d'être en train de subir (passivement) l'action exprimée par le verbe. De fait, la même forme peut aussi bien exprimer l'état final (fonction d'adjectif verbal) que l'action subie passivement (fonction de participe passé) : « La pomme est cuite » est parallèle à « La pomme est jaune » et les deux qualificatifs peuvent être coordonnés : « La pomme est jaune et cuite ».

Le participe passé employé comme attribut s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.

De même que dans la construction objet + attribut, l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec son objet, de même dans la forme passive, le participe passé s'accorde avec son objet en fonction de sujet, c'est à dire ici l'entité qui subit l'action (donc, ce qui aurait été le complément d'objet direct dans la forme active).

Le participe passé employé dans une conjugaison passive s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.

Noter que si le participe passé employé comme forme passive ou attribut l'est toujours avec l’auxiliaire Être, la réciproque n'est pas vraie dans le cas des verbes pronominaux, où l'on peut rencontrer des cas de participes passés employés avec l’auxiliaire être mais sans accord.

Conjugaison passive inaccomplie - adjectif verbal accompli

Il n'y a pas de différence de forme entre la forme passive et la forme attribut, bien qu'il y ait une différence de sens réelle et pouvant être importante :

« Les brebis sont tondues » : (=ayant été tondues) sens attribut => si l'activité de tonte a eu lieu hier, aujourd'hui elles sont tondues, c'est leur état (accompli).
« Les brebis sont tondues » : (=en train d'être tondues) sens passif => elles sont l'objet d'une tonte en cours non achevées (inaccompli).

Seul le sens et le contexte peuvent permettre (éventuellement) de distinguer ces deux valeurs :

« Les brebis relâchées sont tondues » : dans cet exemple il est évident que les brebis ne peuvent pas être tondues après avoir été relâchées, donc le sens est bien celui d'un attribut : « Les brebis qui sont relâchées ne sont prises que parmi celles qui ont été tondues. »
« Les brebis tondues sont relâchées », suggère au contraire un sens passif, parce que la séquence de tondre d'abord et relâcher ensuite est logique : « Après avoir été tondues, les brebis sont relâchées. »

Noter également une différence de sens entre l'utilisation du participe passé, qui dénote l'existence d'une action, et celle d'un adjectif équivalent mais différent, qui ne traduit qu'une situation abstraction faite d'une action :

« Le lait est chaud » : la température élevée du lait est un fait actuel, son histoire n'est pas considérée.
« Le lait est chauffé » (=ayant été chauffé) : la température élevée du lait est le résultat d'une action accomplie, il n'était pas « chaud / chauffé » dans un état antérieur.
« Le lait est chauffé » (=en train d'être chauffé) : la température du lait monte, il n'était pas « chaud / chauffé » dans un état antérieur, l'action est actuellement inaccomplie.

Malgré la différence potentielle de sens, il n'y a jamais de différence de forme entre le sens inaccompli (passif) et accompli (attribut) du participe passé. Dans tous les cas, le participe passé s'accorde comme le ferait un adjectif verbal ; et il n'y a pas de différence grammaticale entre la forme passive inaccomplie et la forme accomplie adjectivale.

Complément d'agent de l'adjectif verbal

Dans sa fonction d’adjectif verbal, le participe passé peut s'employer aussi bien comme épithète que comme attribut.

Le participe passé employé comme épithète s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

Dans sa position épithète, l'adjectif verbal perd son lien avec la voie passive, et évoque comme précédemment un sens accompli :

« Les brebis sont tondues» : elles sont en train d'être tondues (inaccompli) ou ayant été tondues (accompli).
« Les brebis tondues sont libres » : forme épithète, le sens est normalement celui d'un accompli.

De plus, et contrairement à un adjectif, le participe passé peut (du fait de son caractère de verbe) recevoir un complément d’agent, construction qui bien entendu n’existe pas pour des adjectifs non verbaux, faute de sens (*la vache est bleue par… ???).

« Les brebis sont tondues par le fermier » : forme attribut / passive.
« Les brebis tondues par le fermier sont libres » : forme épithète.
Marquage temporel de l'adjectif verbal épithète

De même que pour un adjectif, il est possible de marquer à quel moment dans le temps le caractère est vérifié. Dans ce cas, la forme attribut/passive est directement conjuguée au temps correspondant, mais (1) la forme épithète doit être transformée en une proposition relative, et (2) cette proposition relative est moins lourde sous forme active quand la forme épithète a un complément d'agent :

« Les brebis seront tondues (par le fermier)» : forme attribut / passive.
« Les brebis qui seront tondues (par le fermier) sont libres » : relative passive ayant fonction épithète.
« Les brebis que le fermier tondra sont libres » : relative équivalente mise sous forme active.

Lorsque ce temps est un temps composé, le participe passé réapparaît dans ce troisième cas (relative mise sous forme active), conjugué avec le verbe avoir ; mais il conserve sa valeur d'épithète par rapport à son objet, avec lequel il s'accorde donc en genre et en nombre :

« Les brebis ont été tondues (par le fermier)» : forme attribut / passive.
« Les brebis qui ont été tondues (par le fermier) sont libres » : relative passive ayant fonction épithète.
« Les brebis que le fermier a tondues sont libres » : relative équivalente, ayant fonction épithète, et mise sous forme active.

Problème d'accord du participe passéModifier

C'est cette dernière forme qui peut conduire à des erreurs, par rapport à la construction « Le fermier a tondu les brebis », forme du passé composé, où il n'y a pas d'accord. Noter la différence de sens :

  • « Le fermier a tondu les brebis » : Le sujet du discours (ainsi que celui de la proposition) est le fermier. Le sens est actif.
  • « Les brebis que le fermier a tondues ... » : Le sens est passif. Le sujet du discours est les brebis, par rapport à ce sujet le participe passé a une fonction épithète. Le fermier n'est que sujet grammatical de la subordonnée à fonction épithète, en réalité complément d'agent du participe se rapportant aux brebis.

La superposition d'une forme active et d'un sens passif ne se limite pas aux propositions relatives ; elle peut également se rencontrer dans d'autres cas où l'ordre normal « Sujet-Verbe-Complément » des verbes transitifs directs peut être altéré, ce qui met en valeur le rôle du complément (objet de l'action) :

  • Quand le complément d'objet direct est remplacé par un pronom, celui-ci est toujours placé devant le participe :
    « Le fermier a lavé les brebis après les avoir tondues »
    Le premier participe passé lavé est un passé composé normal, dont l'objet est les brebis. Cet objet ayant été introduit, l'incise « Après les avoir tondues » (où tondues a ici valeur d'épithète) a le sens de « Après que ces brebis aient été tondues » (où tondues aurait ici valeur d'attribut). Le sujet propre de l'incise (après que...) est les brebis, et dans cette incise, le participe a donc une fonction épithète et désigne une action accomplie (entraînant l'accord).
  • Dans une phrase interrogative, quand l'interrogation porte sur le nom complément d'objet direct, celui-ci est placé en position inversée :
    « Quelles brebis le fermier a-t-il lavées ? »
    Le sujet du discours (et l'objet de la question) est ici les brebis. Par rapport à ce sujet, le participe lavées désigne une action accomplie (et a une valeur épithète). La phrase est équivalente à « Quelles sont les brebis lavées par le fermier ? » où l'accord se fait avec les brebis parce que le participe passé a une fonction de qualificatif attribut.
  • L'inversion peut également se rencontrer comme effet de style poétique ou lyrique, pour mettre en valeur l'objet :
    « ...Se réjouissant d'avoir ses brebis bien lavées... »
    Par rapport à l'ordre normal (« d'avoir bien lavé ses brebis »), l'inversion met en valeur ses brebis. Par rapport à ce nouveau centre d'intérêt, ainsi mis en relief, le participe passé prend une valeur épithète (outre sa fonction normale de participe passé). La construction peut toujours s'interpréter comme un participe passé (inversion de « d'avoir bien lavé ses brebis »), mais peut également s'interpréter comme un qualificatif des brebis ( « Se réjouissant d'avoir ses brebis qui sont bien lavées »). Dans ce second sens, ou par rapport à une valeur épithète, l'accord est nécessaire.

Irrégularités : conjugaisons avec ÊTREModifier

Certains verbes intransitifs conjuguent leur temps composés avec le verbe être, comme s’il s’agissait d’une tournure passive (et s’accordent en conséquence).

Verbes pronominaux

Voir ci-dessous.

Verbes se conjuguant avec Être quand ils n'ont pas de COD

Les verbes descendre, monter, passer, redescendre, remonter, rentrer, repasser, ressortir, ressusciter, retourner, sortir, tomber(*) se conjuguent avec Être, quand ils sont employés intransitivement. Cette forme marque que le participe passé marque l'état du sujet (forme attribut et accomplie) et non une hypothétique action en train d'être accomplie sur le sujet :

« Elle est retournée à Paris » : personne ne l'a retournée, c'est simplement l'état du sujet suite aux circonstances.

Ils retrouvent en revanche une conjugaison normale quand ils sont utilisés transitivement :

« Elle a retourné les grillades. »
(*) Pour le verbe tomber, le sens transitif est d’acquisition récente et reste un régionalisme : « Il a tombé la veste. »
Verbes intransitifs se conjuguant avec Être

Quelques verbes intransitifs se conjuguent avec l’auxiliaire Être. Ces verbes étant intransitifs, la forme conjuguée avec l’auxiliaire Être ne peut pas se confondre avec une forme passive.

Les verbes accourir, advenir, aller, apparaître, arriver, décéder, demeurer, devenir, échoir, entrer, intervenir, mourir, naître, obvenir, partir, parvenir, provenir, réapparaître, redevenir, reparaître, repartir, rester, retomber, revenir, survenir, venir se conjuguent avec l’auxiliaire Être aux temps composés.

L'exemple extrême est le verbe mourir, qui n'a pas réellement de participe passé ; la forme des temps composés est celle d'un attribut, construit sur un adjectif verbal « équivalent » (marquant l'équivalence de l'adjectif verbal accompli et du participe passé inaccompli), et non sur un vrai participe passé : « Elle est morte », au lieu d'un hypothétique « Elle *a mouru ».

« Elle est revenue ce matin. » (personne n'a pu *la revenir - il n'y a pas de complément d'agent possible).

Noter que inversement, les verbes essentiellement intransitifs ne se conjuguent pas nécessairement avec l’auxiliaire Être : abdiquer, aboyer, ... Si un verbe essentiellement intransitif est néanmoins employé avec l’auxiliaire Être, la différence de sens (si elle est possible) est celle des verbes pouvant être conjugués avec l’auxiliaire Avoir ou Être.

Verbes pouvant être conjugués avec Avoir ou Être

Certains verbes peuvent se conjuguer avec l’auxiliaire Avoir ou l’auxiliaire Être aux temps composés. Dans ce cas, il y a une nuance de sens (subtile et le plus souvent ignorée) :

  • L’auxiliaire Avoir évoque l'état acquis d'une action nécessairement achevée (avec Avoir, le participe évoque un temps passé, accompli par rapport à celui de l’auxiliaire) :
    « Nous avons demeuré longtemps dans cette maison » (mais c'est à présent fini).
    « La mode des pins a passé » (c'est à présent démodé).
    « Elle a accouché sans complication » (l'action, achevée, s'est bien déroulé, il n'y a pas lieu d'y revenir).
    « Il a accouru pour la fête » (cette action qu'on évoque est à présent achevée, il n'y a plus de précipitation).
  • L’auxiliaire Être évoque l'action en train de se dérouler, qui peut s'être prolongé jusqu'au présent (avec Être, le participe évoque une caractéristique passive, inaccomplie et qui n'est pas nécessairement passée par rapport au temps de l’auxiliaire) :
    « Nous sommes demeurés dans cette maison » (et nous pourrions y être encore).
    « La mode des pin’s est passée dans les années 90 » (on évoque le moment où cette mode était en train de passer).
    « Elle est accouché d'un garçon » (l'effet de l'accouchement se prolonge jusqu'au présent, puisque le bébé est là).
    « Il est accouru sitôt la nouvelle connue » (le résultat est qu'il était là, et est peut-être encore là).

Accord du participe passéModifier

Attention : les explications qui suivent correspondent à ce qui est généralement enseigné dans les écoles, et il est donc fortement conseillé d’en tenir compte dans un cadre scolaire ou lors des examens. Cependant, ces règles enseignées constituent une simplification, et ne correspondent donc pas réellement à l’usage effectif, qui suit des règles plus complexes et d’origine ancienne. Pour plus de détails, voir l’article suivant : Monique Audibert-Gibier, Etude de l’accord du participe passé sur des corpus de français parlé, revue Langage et société, 1992, volume 61, numéro 61, pages 7-30.

Le participe passé sert à la fois pour la conjugaison des temps composés (avec une nuance de passé), pour la conjugaison du passif (avec une nuance de présent), et (le plus souvent) pour former un adjectif verbal. L'action qu'il décrit concerne à la fois l'agent de cette action (passée) et l'objet qui la subit (et en conserve présent le caractère). La difficulté est de savoir si le participe décrit avant tout une action (passée) du sujet, auquel cas il est invariable, ou un état (présent) de l'objet, auquel cas il s'accorde avec l'objet qu'il qualifie.

L'accord du participe passé employé avec le verbe « avoir » vient de ce que dans ce cas, le discours évoque avant tout l'objet de l'action, le participe fonctionne alors sémantiquement comme un épithète conjugué (de même que pour la forme passive).

Les types d’emploi et les règles d’accord associées sont données par le tableau suivant:

Emploi Exemple Auxiliaire Accord
Temps composé Pierre a mangé avoir pas d’accord
Temps composé & objet Pierre a mangé la pomme avoir pas d’accord
Agent + objet + épithète conjugué Cette pomme, Pierre l’a mangée. avoir accord
Objet + agent + épithète conjugué Cette pomme qu’il a mangée était verte avoir accord
Passif La pomme est mangée par Pierre être accord
Objet + attribut La pomme est mangée être accord
Objet + épithète La pomme mangée était verte accord
Règle pratique

Aux temps composés purs, pour lesquels il n’y a pas d’accord, l’objet direct éventuel est toujours situé après le participe, parce que dans le cas de verbes transitifs directs seul l'ordre des mots permet de distinguer l'agent de l'objet (« Le chat mange la souris »). L'objet direct ne peut se trouver devant l'auxiliaire que sous forme de pronom ou en apposition, ce qui ne se produit normalement que lorsqu'il est le sujet principal de l'énoncé (« Le chat l’a mangée »).

D’où la règle pratique:

Le participe passé employé avec le verbe « avoir » s’accorde, si l’objet est placé avant le verbe.

NB : Le complément d'objet direct qui précède ce participe passé est le plus souvent un pronom (me, te, se le la, l’, les nous, vous, que : il faut se reporter dans ce cas à l'antécédent pour déterminer le genre et le nombre de celui-ci ; et cet antécédent peut être placé après le pronom, voire n'être déterminé que par le contexte.

« La fleur, que tu m’avais jetée, dans ma prison m’était restée. » (Carmen)
« Les livres que j'ai achetés sont passionnants. »
« Ces lettres que je t'ai écrites, les as-tu reçues? »
  • Quand l'objet est placé après l’auxiliaire, le sujet du discours est l'agent, et le participe passé marque un temps conjugué invariable :
« Tu m’avais jeté une fleur dans ma prison. » : l'accent focal n'est pas sur la fleur, mais sur "Tu".
« J'ai acheté des livres passionnants. » : L'accent focal n'est pas sur les livres, mais sur le locuteur ; l'incise ne fait que déterminer les livres ; s'ils sont déjà déterminés une formulation de type « Ces livres sont passionnants » serait équivalente.
« Je t'ai écrit des lettres, as-tu reçu quelque chose? » : L'accent focal n'est pas sur les lettres, mais sur l'écriture - on pourrait supprimer « des lettres » sans nuire à la logique.
  • Quand il n'y a pas d'objet direct, le participe passé reste évidemment invariable :
« Ils ont bien chanté hier soir, mais sans conviction » : rien n'évoque l'objet du chant.
  • Cette règle pratique s'étend y compris aux cas où la position du complément résulte d'une inversion poétique, ce qui met en avant l'objet de manière inhabituelle :
« Hélas ! Ce déplaisir m’aurait l’âme ravie »

Exceptions et difficultésModifier

Verbes sans complément d'objet directModifier

  • Les verbes intransitifs n'ont pas de complément d'objet direct. Leur participe passé ne peut donc pas s'accorder, même employé avec l’auxiliaire Avoir, faute de complément d'objet.
    « Ces rivières ont débordé » : On ne peut pas déborder quelque chose ou quelqu'un, on déborde et c'est tout.
    « Les beaux jours ont passé » : On ne peut pas passer quelque chose ou quelqu'un, les jours « se » passent.
    Mais l'accord se fait quand le participe passé est employé comme adjectif verbal avec l’auxiliaire Être, ou quand un effet de style conduit à une conjugaison avec Être :
    « Ces rivières sont débordées » : Passé composé mettant l'accent sur l'état inaccompli, avec l'auxiliaire être, et imposant l'accord.
    « Les beaux jours sont passés » : La période des beaux jours est à présent achevée.
  • Les verbes transitifs indirects n'ont pas de complément d'objet direct.
    « Ces deux livres nous ont plu » : Les livres ne peuvent pas *plaire quelqu'un, mais doivent plaire à quelqu'un.
  • Quand un verbe transitif indirect peut être employé comme attribut, il s'accorde régulièrement :
    « Mesdames, vous serez obéies à la lettre » : on obéit à quelqu'un, mais une femme peut être obéie.
  • Les compléments de quantité ne constituent pas des objets directs, et n'entraînent pas d'accord :
    « Les quinze ans qu'il a vécu ensuite » : il vit « combien de temps ? » - pendant quinze années.
    « Les vingt francs que ça m'a coûté » : ça coûte « combien? » - une somme chiffrée à vingt francs.
    On retrouve en revanche l'accord quand le participe passé s'applique à un objet direct :
    « Ces belles années qu'il a vécues ensuite » : il a vécu « quoi ? » - de belles années.
    « Tous les efforts que cette épreuve m'a coûtés » : l'épreuve a coûté « quoi ? » - de nombreux efforts.
    L'objet direct peut comprendre un nombre sans être un complément de quantité, c'est le sens qui fait la différence :
    « Les trois pommes qu'il a mangées étaient bonnes. »

Verbes impersonnelsModifier

Le participe des verbes impersonnels ne s’accorde pas.
  • Dans une tournure impersonnelle, le participe passé ne peut généralement pas s'analyser comme un épithète conjugué appliqué au complément d'objet direct, parce que cet épithète n'a en réalité pas de complément d'agent :
    « La chaleur qu’il a fait. » : On ne peut pas dire de la chaleur qu'elle est « faite » par « il ». La forme impersonnelle traduit en réalité que la chaleur « se » fait.
    « Elle a pris les médicaments qu'il a fallu. » : On ne peut pas dire des médicaments qu'ils sont « fallus » par « il ».
  • La tournure impersonnelle ne s'accorde pas non plus dans le cas d'un auxiliaire Être, où l'accord se fait formellement, mais avec un sujet impersonnel :
    « L’histoire qu’il est advenu. » : L'histoire est certes advenue, mais dans cette construction, ce qui est advenu est « il » : le pronom ne désigne pas l'histoire, ce qui correspondrait à la construction « *L'histoire qu'elle est advenue », c'est un pronom impersonnel et neutre. Il n'y a donc pas d'accord.
    Remarque: Attention, à une lettre près, on dit au contraire « L’histoire qui m’est advenue » dès que la tournure n’est plus impersonnelle. (Qu’est-ce qui advient ? L’histoire, donc accord).

Recherche de l’objet du participeModifier

Le problème est généralement de déterminer l’objet exact qui correspond au participe. Celui-ci peut être identifié par la construction <objet + épithète> équivalente.

Le participe qualifie tout une propositionModifier

Un objet neutre (notamment une proposition — parfois sous-entendue) ne provoque pas d’accord.

D’une manière générale, dans le cas d’un participe suivi d’un infinitif (entendu chanter), on peut faire l’accord si l’on peut dire «entendu <en train de> chanter». Dans les autres cas, l’objet est une proposition.

Exemple Question Objet Aux. Participe
Les exploits que j’ai entendu chanter J'entends quoi ? <chanter des exploits> est entendu
Les chanteuses que j’ai entendues chanter J'entends qui ? Les chanteuses (en train de chanter) sont entendues
Ces textes qu’on a crus On croit quoi ? ces textes sont crus
Ces textes qu’on a cru authentiques On croit quoi ? <que les textes sont authentiques> est cru
Ces filles, il les a vues faire une faute On voit qui ? Les filles (en train de faire) sont vues
Ces fautes, il les a vu faire On voit quoi ? <faire la faute> est vu
La peine qu’elle m’a coûté (forme non passive) La peine a coûté

Noter que dans le cas d'un participe passé suivi d'un attribut du complément d'objet direct, l'usage est hésitant pour croire ; juger ; vouloir; trouver; dire.

L'accord peut correspondre à une différence de sens :

Exemple Question Objet Aux. Participe
Une chienne que le vétérinaire a rendu malade (rendre malade) La chienne est rendu malade
Une chienne que le vétérinaire a rendue malade Rendu quoi ? La chienne est rendue (alors qu'elle est malade)

Différences de significationModifier

La réponse à la question « Qui / Quoi » n'est pas nécessairement unique. C’est souvent la signification que l’on veut donner qui provoque une différence :

Exemple Question Objet Aux. Participe
J’ai les pièces que j’ai voulues J'ai voulu quoi ? Les pièces sont voulues
J’ai les pièces que j’ai voulu J'ai voulu quoi ? <avoir les pièces> est voulu
On a été déçu On déçoit qui ? on (impersonnel) est déçu
On a été déçues On déçoit qui ? on (nous autres filles) est déçues

Participe passé des verbes pronominauxModifier

Conjugaison pronominaleModifier

Formes pronominales

En grammaire française, un verbe pronominal est un verbe qui est toujours conjugué avec un pronom complément renvoyant au sujet. Cette construction peut correspondre à différents sens :

  • Sens réfléchi : « Elle se regarde dans le miroir » : l'action est regarder, l'agent est Elle, identique à l'objet.
  • Sens réciproque : « Elles se combattent » : l'action est de combattre, l'agent est à a fois L'une et l'autre, l'objet est l'une l'autre - l'agent et l'objet recouvrent les mêmes personnes.
  • Sens passif : « Ces voitures se vendent bien » : l'action est vendre, l'objet (de la vente) est évidemment la voiture, l'agent de la vente n'est évidemment pas la voiture, sujet apparent. La forme pronominale à sens passif a précisément pour but de ne pas évoquer l'agent.
  • Sens successif : « Les jours se suivent » : le sens est que un jour suit un autre jour, donc l'action est suivre, l'agent est les jours, et l'objet est un autre jour - dans ce cas l'objet est différent de l'agent.

Les verbes « essentiellement pronominaux » ne peuvent prendre qu'une forme pronominale :

  • « Elles s'évanouissent » : l'action est de s'évanouir, l'agent est Elles, par nature identique à l'objet.
Sujet et objet de l'action

La forme pronominale indique que le sujet et l'objet de l'action sont identiques.

« Elle s'est abstenue de tout commentaire » : Le sujet de l'action est également son objet. En tant qu'agent de l'action, on pourrait dire que « *Elle a abstenu » ; mais l'objet de cette action est également Elle, subissant l'action imposée, et en même temps identique à l'agent. Abstenu (de tout commentaire) prend dans ce cas une valeur d'épithète : « Elle (objet) prend le caractère d'être abstenue (de tout commentaire) à cause de l'action d'elle-même (agent). »
La valeur du participe passé étant celle d'un épithète, il y a donc normalement accord avec l'objet auquel il se rapporte.
  • Ces verbes ne sont pas nécessairement « essentiellement pronominaux ». Quand une forme transitive est employée, le verbe retrouve une conjugaison avec l’auxiliaire Avoir :
    « Il a disputé ses enfants. » (forme transitive).
    Mais « Ils s’étaient disputés pendant toute la matinée » (l'un et l'autre sont à la fois l'auteur et la cible de la dispute).
Accord du participe des verbes pronominaux

Aux temps composés, ces formes pronominales se conjuguent avec le verbe Être, auxiliaire qui peut aussi bien correspondre à un temps composé (sans accord) qu'à une forme attribut (avec accord). La principale difficulté pour distinguer ces deux cas est de bien identifier quel est l'objet de l'action.

  • Si la forme pronominale est une forme réfléchie (le sujet et l'objet sont alors identiques), il s'agit d'une forme attribut, l’accord se fait de manière régulière (et l’objet est donc situé avant le participe).
  • Si l'objet et le sujet ne sont pas identiques, il s'agit d'un temps composé, l'objet est situé après le participe, et il n'y a pas d'accord.
Quand le sujet et l’objet sont identiques, le participe s’accorde avec l’objet

Identifier quel est l'objet de l'action peut cependant comporter des pièges formels.

Verbes intransitifsModifier

Le participe passé des verbes intransitifs ne s'accorde pas, y compris dans les formes pronominales :

« Ils se sont plu dès leur première rencontre » : qu(i)est-ce qui est plu ? (???)

Le sens est bien celui d'un passé composé (« l'un a plu à l'autre et réciproquement ») non celui d'un attribut. Le verbe étant intransitif, si « Marie plaît à Pierre » on ne peut pas dire que Pierre y acquiert une caractéristique traduite par ce participe passé (« Pierre est *plué(?) » - ce que traduirait correctement une forme transitive comme « Pierre est séduit (par Marie) »).

En revanche, on retrouve un accord normal quand le verbe est transitif direct :

« Ils se sont séduits dès leur première rencontre » : qu(i)est-ce qui est séduit ? l'un et l'autre, donc accord.

Cependant, sous forme pronominale, les deux verbes peuvent être coordonnées, ce qui conduit théoriquement à des accords disparates : « Ils se sont plu et séduits dès la première rencontre » - forme disparate qui heurte l’œil. De ce fait, l'accord (correct) du second cas tend à entraîner un accord par analogie dans le premier cas.

On aura ainsi en théorie :

« Que d′hommes se sont craints, déplu, détestés, nui, haïs, succédé... »

Confusion entre agent et objetModifier

Dans le cas d'une forme pronominale, le sujet se confond formellement avec un complément d'objet.

« Elles se sont assuré du pain » qu(i)est-ce qui est assuré ? du pain, donc pas d'accord.

Une erreur courante dans une phrase comme celle-ci est de limiter la question discriminatoire à « On assure qui? », dont la réponse, parce que le verbe est sous une forme pronominale, sera en réalité le sujet (se, mis pour elles, donc « Elles sont assurées » - bonne réponse, mais mauvaise question).

Il faut bien rechercher quel est l'objet réel de l'action, non ce qui ressemble formellement à un complément d'objet direct : ici, l'identification de l'objet passerait par la question « qu(i)est-ce qui est assuré » dont la réponse est clairement « du pain ».

Identification du complémentModifier

Dans le cas non réfléchi, où l'objet et l'agent sont différents, l'objet n'apparaît pas nécessairement sous la forme d'un complément d'objet direct, dans la mesure où il peut aussi répondre à la question « de quoi? » :

  • « Elles se sont aperçu de l’erreur » qu(i)est-ce qui est aperçu ? L'erreur, donc pas d'accord.

Une approche trop rapide conduirait à analyser « Aperçu de quoi? - de l'erreur », donc formellement complément d'objet indirect dans cette construction - et ce qui paraît être le complément d'objet direct (on aperçoit qui? se, mis pour Elles - c'est le piège précédent) est placé avant le participe. D'où la tendance dans ce cas à écrire « Elles se sont aperçues de l’erreur », parce que apparemment « le COD est placé avant le participe ».

En réalité, indépendamment de tout formalisme, l'analyse doit avant tout identifier ce qu'est l'action (apercevoir quelque chose, ou s'apercevoir de quelque chose), quel est l'agent (Elles) et quel est l'objet (l'erreur). Cette analyse étant faite, on voit que le sens est celui d'un temps composé (« Elles ont aperçu l'erreur » - pas d'accord) et non d'une construction attribut (« Elles sont aperçues -?- l'erreur ») qui seule justifierait un accord.

La mise sous forme pronominale d'une phrase comme « Elles ont aperçu l'erreur » conduit à « Elles se sont aperçu de l'erreur », sans modifier l'absence d'accord du participe passé.

Une analyse alternative est de dire que si le verbe « apercevoir quelque chose » est transitif direct, le verbe « s'apercevoir de quelque chose » peut être considéré comme de sens différent, essentiellement pronominal, et transitif indirect. Par rapport à ce verbe, la question discriminante est bien « elles s'aperçoivent de quoi? - de l'erreur » ; construction pour laquelle il n'y a évidemment pas d'accord.

Sens passifModifier

Cette forme est atypique. Formellement, on peut l'analyser comme suit :

« Ces voitures se sont bien vendues » : Qu(i)est-ce qui est vendu ? les voitures, sujet de la proposition, donc accord.

On pourrait hésiter du fait que les voitures, bien que sujet de vendre, n'en est évidemment pas l'agent ; le sens réel de la construction n'est donc pas celui d'une forme réfléchie. Mais en réalité, au-delà de la construction réfléchie, le sens est de dire que les voitures sont vendues, donc celui d'une construction attribut. Il est normal par rapport à ce sens de faire l'accord entre le participe passé et l'objet auquel il se rapporte.

ExemplesModifier

Exemple Question Objet Aux. Participe
Elles se sont assurées du fait Qu(i)est-ce qui est assuré ? elles sont assurées
Elles se sont assuré du pain Qu(i)est-ce qui est assuré ? le pain est assuré
Elles se sont accordées sur ce point Qu(i)est-ce qui est accordé ? elles sont accordées
Elles se sont accordé une faveur Qu(i)est-ce qui est accordé ? une faveur est accordée
Ils se sont accusés de leurs erreurs Qu(i)est-ce qui est accusé ? ils sont accusés
Ils se sont reproché leurs erreurs Qu(i)est-ce qui est reproché ? les erreurs sont reprochées
Nous nous sommes aperçus dans la glace Qu(i)est-ce qui est aperçu ? nous sommes aperçus
Nous nous sommes aperçu de l’erreur Qu(i)est-ce qui est aperçu ? l’erreur est aperçue
Verbes essentiellement pronominaux

Il n’y a pas de limite tranchée avec la conjugaison pronominale générale, quand l’agent est également l’objet de l’action. La difficulté se limite à ce que la « question discriminante » permettant d'identifier l'objet subissant l'action est plus complexe que les précédentes :

Exemple Question Objet Aux. Participe
Ils se sont échappés Qu(i)est-ce qui subit le fait d'échapper ? Eux tous ont échappé (emploi réfléchi)
Ils s’en sont doutés Qu(i)est-ce qui subit le fait de douter ? Eux tous ont doutés (emploi réfléchi)
Ils se sont succédé Qu(i)est-ce qui subit le fait de succéder ? L’un a succédé à l’autre succédé (emploi pronominal)

Comparer :

Ils se sont laissé laver (quelqu’un d’autre les a lavés, emploi pronominal) et Elles se sont fait colorer les cheveux (quelqu’un d’autre les a coloré, emploi pronominal), puis
Ils se sont laissés tomber (ils sont tombés eux-mêmes, emploi réfléchi) mais Elles se sont fait mijoter une bonne recette (elles l’ont mijotée elles-mêmes, emploi réfléchi mais l’objet direct du verbe transitif n’est pas l’agent).

NB : ceux qui peuvent lire ces derniers exemples sans avoir un sentiment de profond découragement peuvent prétendre au titre d’expert en la matière.

On peut distinguer les deux emplois (réfléchis ou pronominal) en regardant avec quel auxiliaire (être ou avoir) se conjugue le verbe à l’infinitif qui suit, et si ce verbe est transitif ou n’a qu’un objet indirect auquel se rapporte le pronom du premier verbe. Une autre façon de le voir plus facilement est de se demander avec quel auxiliaire le verbe qui suit se conjuguerait en supprimait le semi-auxiliaire sans changer l’agent :

Ils ont été lavés (par quelqu’un d’autre, forme passive de quelqu’un les a lavés conjuguée avec avoir transitif) et Elles ont eu les cheveux colorés (par quelqu’un d’autre, forme passive de Quelqu’un leur a coloré les cheveux conjugué avec avoir et transitif), puis
Ils sont tombés (forme active conjuguée avec être) mais Elles ont mijoté une bonne recette (forme active conjuguée avec avoir et transitif).

À noter que dans les rectifications orthographiques de 1990, les verbes transitifs peuvent ne plus s’accorder avec l’agent lorsqu’ils sont employés comme verbes semi-auxiliaires réfléchis (tel qu’ici se laisser ou se faire). C’est d’ailleurs l’usage le plus fréquent depuis longtemps pour le verbe faire employé comme semi-auxiliaire.

Elle s'est laissé(e) mourir...