Annexe:Formes verbales arabes/Forme verbale 6

La forme (vi), de schème تَزَارَزَ (tazâraza), dérive de la (iii), dont elle exprime la conséquence (le passif).

MorphologieModifier

Dérivée de la forme (iii), la forme (vi) est de la forme تَزَارَزَ (tazâraza) :

  • La forme est précédée d’un تَـ (ta-).
  • Elle conserve la première consonne suivie d’un « â » long.
  • La deuxième consonne est suivie d’un « a » bref.

La forme (iv) prend parfois la forme إِتْزَارَزَ (itzâraza).

SémantiqueModifier

Passif-réfléchiModifier

La forme (vi) est la forme réfléchi-passif de la forme (iii) avec une nuance d'action réciproque. (Wright 50) L’idée d’effort et de tentative, qui est transitive dans la forme (iii), devient réflexive dans la forme (vi) : le sujet « s'efforce de ».

(i) activité de base (iii) effort vis-à-vis de l'autre (vi) effort sur soi
سَلِمَ (salima) être sain et sauf سَالَمَ (sâlama) cultiver la paix avec quelqu'un تَسَالَمَ (tasâlama) être en parfait accord
طَعِمَ (Ta3ima) manger, avaler طَاعَمَ (Tâ3ama) béqueter (se dit de pigeons) تَطَاعَمَ (taTâ3ama) se béqueter
فَتَحَ (fataHa) ouvrir, innaugurer, décider فَاتَحَ (fâtaHa) ouvrir une interaction avec quelqu'un, proposer un prix, soumettre au juge تَفَاتَحَ (tafâtaHa) s'ouvrir l'un à l'autre
كَتَبَ (kataba) écrire كَاتَبَ (kâtaba) entretenir une correspondance تَكَاتَبَ (takâtaba) être en correspondance les uns avec les autres

(Wright 50) Lorsque la forme (iii) correspond à une action d'un sujet sur un objet et potentiellement réciproque, la forme (vi) décrit une réciprocité explicite, dans la mesure où ce qui était objet dans la forme (iii) devient sujet participant à l'action mutuelle.

Comme cette signification réciproque suppose au moins deux sujets, la forme singulier de la forme (vi) a toujours dans ce cas un sens collectif.

Lorsque le verbe primitif est un verbe d'état (qualité), l'idée de réciprocité peut disparaître dans la forme (ii), dont le sens devient : faire usage de cette qualité. La forme (vi) signifie alors que cette qualité est utilisée à son propre profit.

(i) état de base (iii) usage de cet état (vi) usage pour soi
لَبِنَ (labina) avoir du lait dans le pis لَابَنَ (lâbana) faire usage de lait : allaiter تَلَابَنَ (talâbana) s'allaiter : têter
سَلِمَ (salima) être sain et sauf سَالَمَ (sâlama) faire usage de paix تَسَالَمَ (tasâlama) s'accorder

FeinteModifier

La forme (vi) peut également exprimer le fait de faire semblant de...

Elle a quelquefois le sens de se faire passer pour, contrefaire, se rendre, se faire (comme la cinquième).

(i) activité de base (iii) effort vis-à-vis de l'autre (vi) effort sur soi
مَرِضَ (mariDa) il est malade مَارَضَ (mâraDa) il fait croire qu'il est malade تَمَارَضَ (tamâraDa) il feint d’être malade
عَدَّ (3adda) compter عَادَّ (3âdda) compter parmi ; produire un effet tardif تَعَادَّ (ta3âdda) excéder, dépasser le compte

Par rapport à une forme (iii), مَارَضَ (mâraDa) signifie que le sujet fait un effort vis-à-vis d’un tiers pour être malade, donc fait croire qu’il est malade (il se fait passer pour malade vis-à-vis de…). La forme réflexive indiquée par le préfixe « Ta » تَمَارَضَ (tamâraDa) limite l’effet de cet effort au sujet lui-même, sans référence à un public : il feint d’être malade, il se croit malade.

RépétitionModifier

Elle exprime aussi la répétition consécutive d'un fait ou d'une action.

Voir aussiModifier