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Wiktionnaire:Actualités/019-octobre-2016

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Wiktionnaire:Actualités est un petit périodique mensuel sur le Wiktionnaire et les mots qui existe depuis avril 2015. Son écriture est ouverte à toutes les bonnes volontés. Vous pouvez vous inscrire pour recevoir un avis lors de la publication des prochains numéros, consulter les anciens numéros et participer au brouillon de la prochaine édition. Vous pouvez lire aussi les Regards sur l’actualité de la Wikimedia. Si vous avez des commentaires, critiques ou suggestions, vous êtes les bienvenues sur la page de discussion !

Actualités - numéro 19 - octobre 2016

BrèvesModifier

  • Xavier de La Porte écrit une belle Déclaration d’amour à une page Wikipédia à propos d’une page écrite en anglais listant chronologiquement les langues disparues. Il mentionne notamment le fait qu’Internet est un endroit rêvé pour conserver la mémoire de ces langues et permettre de les lire ou même de les écouter. Un commentaire qui fait écho au projet en cours d’enregistrement des langues régionales de France !

Détail d’une photo proposée par DeFacto dans le cadre du Défi photo mensuel d’octobre.

Actualité des contributeursModifier

Le Fantastique Groupe d’utilisateur de Wiktionnaire (FGUW ou TWUG en anglais) a été officiellement reconnu par la Fondation Wikimedia le 19 octobre. Ce joyeux groupe ouvert à tous permettra une meilleure promotion du Wiktionnaire au sein de l’écosystème des projets collaboratifs en ligne, l’obtention éventuelle de financements dédiés et l’organisation d’évènements rassembleurs pour la mise en relation des personnes contribuant ou soutenant ce projet.

Pour fêter les 3 millions de pages créées sur le Wiktionnaire, il est question d’organiser une rencontre en novembre à Paris.

Les permanences mensuelles du Wiktionnaire se poursuivent chaque premier jeudi du mois, à Lyon (France) ! Un évènement sur Facebook est même créé pour être sûr de ne pas oublier ! Si vous passez dans la région, n’hésitez pas à venir y faire un tour !

Le 29 octobre, le conseil d’administration de l’association française de promotion des projets Wikimédia France, reconnue comme chapitre par la Fondation Wikimedia, a été renouvelé d’une moitié par ses 303 membres. Un rédacteur des Actualités, animateur de conférences sur le Wiktionnaire et référent local du groupe lyonnais se portait candidat afin de défendre les intérêts du Wiktionnaire, mais il n’a pas été élu. Cette candidature a néanmoins mis en lumière l’importance croissante des « petits projets » qui sont bien trop souvent dans l’ombre de Wikipédia, voire ignorés du plus grand nombre.

StatistiquesModifier

 
Une plaquebière, atsalugpiaq en yupik central.
De mi-septembre à mi-octobre (du 20/09/2016 au 20/10/2016) (Attention : deux mises à jour de statistiques sont accumulées)
  • Le français gagne 9 687 entrées. Il est désormais à 333 625 lemmes et 489 833 définitions.
  • Les trois autres langues qui ont le plus avancé sont le same du Nord (+ 8 603 entrées), l’italien (+ 1 210 entrées) et le tchèque (+ 462 entrées).
  • Les nouvelles langues dans le projet sont : le binumarien (+1), le bourguignon (+1), le weri (+1).
  • Cette période a vu l’enrichissement de 21 222 pages pour au moins 76 langues !
  • Les nouveaux codes de langues dans le projet sont : le nyangatom (code : nnj) et le proto-turc (code : proto-turc).
Autres
  • Il y a 29 637 médias d’illustrations (images et vidéos) dans les articles du Wiktionnaire, soit 2 965 de plus que le mois dernier. Mais en fait non, on a juste pris en compte le lien [[fichier: en plus cette fois-là. En vrai ça fait 103 (ce qui est génial quand même !).
  • Le Wiktionnaire a franchi la barre des 3 millions de pages le 10 octobre 2016. La 3 000 000e page est atsalugpiaq, un mot en yupik central qui désigne la plaquebière, dont la définition fut en page d’accueil du Wiktionnaire durant quelques mois.
  • Akeron a ajouté la prise en charge des autres projets Wikimedia, dont le Wiktionnaire, par Wikiscan. C’est un outil très complet qui fournit des statistiques diverses et variées sur le Wiktionnaire, ses articles et ses contributeurs.

Le dico du moisModifier

Agnès Bouët, Stanislas Crouzier, Jacques Montégut, Jean Marmarot, Dénominations régionales et locales des herbes des champs, Éditions ACTA, 149 rue de Bercy, Paris, 1981 ISBN 2-85794-013-0

Le document Dénominations régionales et locales des herbes des champs est un bien étrange objet. Il ne s’agit pas d’un dictionnaire à proprement parler mais d’un lexique (ou plutôt un glossaire) ; il a été écrit par des agronomes, pour des agronomes. Au départ de l’aventure de sa rédaction, une demande de Stanislas Crouzier, président de la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences (connue sous le nom de F.N.A.M.S.) qui réunit un groupe avec Jacques Montégut, professeur à l’École nationale supérieure d’horticulture (E.N.S.H.) de Versailles, pape de la malherbologie en France et Jean Marmarot, éditeur scientifique à l’Association de Coordination Technique Agricole (A.C.T.A.). La coordination scientifique fut confiée à Agnès Bouët, ingénieur agronome.

Avec la modernisation de l’agriculture française et l’usage de techniques nouvelles promues par des techniciens et ingénieurs venant des six coins de l’Hexagone, on tombait sur le constat formulé par S. Crouzier :

  Lorsqu’un agriculteur prend contact avec une personne compétente pour le guider dans la lutte contre les mauvaises herbes, il désigne souvent chacune de ces dernières par un nom local […] très souvent inconnu de son interlocuteur.

Un protocole d’enquête sur le terrain fut mis en place, pour réunir le maximum de dénominations locales, rattachées à leur dénomination botanique correspondante. Une liste de 103 espèces (sur les quelque 3500 plantes vasculaires que compte toute la flore de la France) d’adventices culturales les plus fréquentes ou les plus nuisibles fut établie.

L’enquête fut lancée au cours de l’été 1980 auprès de 367 organismes agricoles et établissements d’enseignement ; 201 réponses étaient revenues à la fin de 1980, ce qui permit de couvrir l’ensemble du territoire métropolitain.

La première édition parut en décembre 1981 (surtout à destination des répondants), et, en mars 1982, un retirage fut diffusé (gratuitement) par une société de produits phytosanitaires.

Ce document donne une liste alphabétique de dénominations avec les correspondances et la localisation : du nom local vers le nom français (par exemple : Baumlerkraut - Mercuriale annuelle . Alsace) ou du nom français vers le nom local (par exemple : Carotte sauvage - Daucus carotta et suit une liste de 55 dénominations locales avec indication du département ou de la région où le mot est en usage : Bambarène (Auv) ; Carottasse (12) ; Carotta (2AB), etc.), y est ajouté le (ou les) nom flamand et les dénominations vernaculaires que donne la flore de Gaston Bonnier.

Pour clore ce lexique, 21 cartes : 3 qui indiquent la répartition des dénominations françaises pour 3 noms locaux : Herbe-à-cochon (qui nomme 8 espèces bien différentes), Patte-d’oie (8 espèces) et Traînasse (12 espèces), et 18 de la distribution des dénominations locales de 18 espèces botaniques.

Pour 103 espèces étudiées, le document fait 117 pages en format A4, ce qui donne un aperçu de la densité des informations.

En 2016, il est difficile de se procurer ce document ; l'éditeur semble ne plus le proposer et il n’est archivé que dans quelques bibliothèques publiques ; on peut le trouver dans quelques bibliothèques d’établissements d’enseignement agricole ou de chambres d’agriculture. — François GOGLINS

Troisième LexiSession sur la policeModifier

Impulsé par le Fantastique Groupe d’utilisateur de Wiktionnaire, les LexiSessions visent à proposer des thèmes mensuels pour des contributions ciblées sur l’ensemble des Wiktionnaires simultanément. La troisième LexiSession portait sur le thème de la police et a permis la création du thésaurus de la police   !

Alors que des manifestations de policiers ont ponctué l’actualité française, les mots suivants ont pu être créés : grenade de désencerclement, OIPC, contrôle social, contrôle au faciès et menottes (n’existait que comme une flexion au pluriel) ; les mots suivants ont été relus et enrichis : filature, flashball, indic, interrogatoire, hôtel de police, maître-chien, scène de crime et taser. Notons aussi la création de polis, le mot breton pour désigner la police !

Les participations sur les autres Wiktionnaires et l’enrichissement qualitatif du Wiktionnaire francophone sont difficiles à mesurer.

La LexiSession de novembre portera sur le thème du vin !

En vidéoModifier

Cette rubrique vous propose de faire une revue des vidéos sur la linguistique et la langue française du mois, n’hésitez pas à ajouter les vidéos et les chaînes que vous trouvez !

  • La chaîne anglaise What the fuck France a sorti ce mois-ci un épisode où le présentateur explique pourquoi après des années passées en France et un diplôme d’étude de la langue, il parle en fait mal le français : What The Fuck France - La Langue Française.

Détail d’une photo proposée par Philippe Alès (Palamède) dans le cadre du Défi photo mensuel d’octobre.

Les mots du mois qui précèdeModifier

Les statistiques permettent de connaître les mots modifiés par le plus de monde au cours d’un mois. Voici donc les mots les plus modifiés de septembre 2016 ! En exposant, le nombre de participants différents :

  1. ballet diplomatique5 (suggéré par Hégésippe dans les Questions sur les mots puis créé par Ars’ qui l’a aussi mentionné dans la Wikidémie.)
  2. valédiction5 (proposé par un visiteur anonyme dans les Questions sur les mots)
  3. monarchie de droit divin5
  4. gélatinographie5 (même ajout annulé plusieurs fois car donnant des informations du ressort de Wikipédia)
  5. maïeutique5 (car mis en page d’accueil)
  6. pute5 (page très vandalisée)
  7. avoir les yeux en trou de bite4 (créé par un anonyme, presque supprimé puis sauvé)
  8. bosnioule4
  9. Ogooué-Maritime4
  10. Thésaurus sur les voies urbaines4 (amélioré dans le cadre de la deuxième LexiSession)

CuriositéModifier

Quand on discute de la difficulté relative d’une langue comparée au français, notion on ne peut plus subjective, on pense souvent à la phonétique, par exemple à la prononciation des langues tonales telles que le chinois ou le vietnamien ; à la grammaire, comme à celle du basque ou du géorgien qui sont d’une très grande complexité ; à l’écriture comme celle de l’arabe, du birman ou des langues utilisant des idéogrammes ; au lexique, par exemple du thaï ou du japonais pour lesquels il existe des niveaux de langues c’est-à-dire un vocabulaire différent en fonction des personnes à qui l’on s’adresse, mais on évoque rarement la morphosyntaxe.

La morphosyntaxe est l’assemblage de morphèmes, d’unité de sens, qui participent à l’expression de fonction grammaticales. Les suffixes de conjugaison des verbes en français font partie de la morphosyntaxe de la langue.

Dans le cas de certaines langues, comme par exemple les langues fortement polysynthétiques, la prononciation, la grammaire, l’écriture et le lexique peuvent être assez faciles à acquérir alors que leur morphosyntaxe se révèle redoutable. Les mots de ces langues sont le plus souvent formés d’une base à laquelle on ajoute une multitude d’affixes (préfixes et suffixes) jusqu’à constituer ce que nous appelons une proposition, voire une phrase entière. Le problème se pose de savoir quelle base choisir pour exprimer une proposition.

Groupe d’Inuits dans un umiak au printemps, 1920-1929, Robert J. Flaherty.

Voici un exemple en inuktitut, langue inuite, pour illustrer la complexité morphosyntaxique :

Pinnginnguaqtummariaalugaluaqputit sunauvva tigliktaviniit.
Bien que vous ayez vraiment le toupet de prétendre ne pas l’avoir fait, quelle surprise pour moi, que vous l’ayez volé sans que je m’en aperçoive.

Même en connaissant toutes les bases et tous les suffixes, en maitrisant toutes les règles phonotactiques (de transformation de sons liés à l’assemblage des morphèmes) ainsi que la grammaire, il est très difficile de savoir par quel bout prendre la phrase française pour la traduire en inuktitut.
Faut-il commencer par prétendre, faire, vraiment, voler, etc. ?

Décomposons Pinnginnguaqtummariaalugaluaqputit sunauvva tigliktaviniit.

Pinnginnguaqtummariaalugaluaqputit :
pinngit-, « ne pas faire » (lexicalisé, provenant lui-même de pi-, « faire », de pi, « chose » avec -nngit-, « ne pas »)
-nnguaq-, « simuler, prétendre alors que c’est faux »
-tu-, « profondément, foncièrement »
-mmarik-, « vraiment »
'-aaluk-’, variante de -aluk-, « exagérément »
-galuaq-, « réellement »
-putit, suffixe de personne marquant un sujet et un objet, « vous le »
sunauvva :

« quelle surprise, je ne l’aurais pas cru, mince alors, comme c’est étonnant »

tigliktaviniit :
tillik-, « voler »
ta…it, circonfixe de personne au gérondif, « vous le, vous qui le »
-viniq-, indique que l’action a eu lieu dans le passé sans que j’en ai eu alors connaissance, « à mon insu »

Toutes les langues présentent une complexité différente mais il est très délicat pour autant de les hiérarchiser sur le critère de la complexité, car celle-ci se situe à différents niveaux et il pourra être plus ou moins difficile de la maîtriser, selon les langues d’origine des apprenants. — Unsui & Noé