abstraction

Voir aussi : Abstraction

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin abstractus, du verbe abstraho (« tirer, traîner loin de, séparer de, détacher de, éloigner de »). Au XVIe siècle, ce nom désigne le fait de s’isoler de la société.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
abstraction abstractions
\ap.stʁak.sjɔ̃\

abstraction \ap.stʁak.sjɔ̃\ féminin

  1. Opération par laquelle l’esprit abstrait, sépare, isole certains caractères des choses, ou de leur type.
    • Pour bien juger les hommes il faut ne considérer que leur mérite et faire abstraction de leur fortune.
    • Abstraction faite du style, qui est faible, cet ouvrage a un réel mérite.
    • L’embastillement sanitaire et épidémiologique peut pour autant nuire davantage que l’emmurement volontaire de l’abstraction créative ? Peut-il conduire à un esseulement frisant la déréliction ? — (Cornéliu Tocan, Aux confins de l'invisible. Haïkus d'intérieur illustrés, Créatique, Québec, 2020, pages 7-8)
  2. Idée générale, type ou propriété, qualité séparée par l’esprit du sujet à laquelle elle est unie.
    • Humanité, raison, vertu, savoir, blancheur, pesanteur, etc., sont des abstractions.
    • Dans toute abstraction il reste un peu de réalité, comme dans le vide artificiel il reste toujours un peu d’ air. — (Frédéric Ozanam, Essai sur la philosophie de Dante)
  3. (Péjoratif) Idée trop métaphysique ; théorie générale qui ne s’appuie pas suffisamment sur les faits.
    • Si c'est de la sorte que Kaulbach entend le réalisme, nous aimons encore mieux les abstractions les plus nuageuses ou les imitations les plus archaïquement byzantines. — (Théophile Gautier, L'Art moderne, Paris, Michel Lévy frères, 1856, page 272)
    • L'erreur provient de ce que Kautsky est bien plus un idéologue qu'un disciple de Marx ; il aime à raisonner sur des abstractions et croit avoir fait avancer une question lorsqu'il est parvenu à grouper des mots ayant une allure scientifique ; la réalité sous-jacente l'intéresse moins que le décor scolastique. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VII, La morale des producteurs, 1908, page 346)
    • L’abstraction devient la puissance de réflexion, l’inaction une capacité à formuler les problèmes, l’inadaptation une polyvalence, l’indécision la certitude de l'incertain, la rhétorique un agir communicationnel, la complication la conscience de la complexité et l’achiffrisme s'évanouit dans l'usage commune d'une règle de trois appliquée à une langue des affaires qu'on apprend comme n'importe quelle langue. — (Alain Etchegoyen, Le capital-lettres : des littéraires pour l'entreprise, éd. François Bourrin, 1990)
  4. (Au pluriel) Préoccupation, rêverie qui empêche un homme de penser aux choses dont on lui parle ou qu’il a sous les yeux.
    • Cet homme est dans des abstractions continuelles.

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin abstractio.

Nom commun Modifier

abstraction \Prononciation ?\ féminin

  1. Extraction.
  2. Action de détourner, d’enlever, de ravir.

RéférencesModifier

AnglaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin abstractio.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
abstraction
\æb.ˈstræk.ʃən\
abstractions
\æb.ˈstræk.ʃənz\

abstraction \æb.ˈstræk.ʃən\

  1. Abstraction.

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

  • abstraction sur l’encyclopédie Wikipédia (en anglais)