Étymologie

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(Vers 1800)[1][2] De l'allemand allopathie, néologisme inventé par Samuel Hahnemann[1][2][3], à partir du grec ancien ἄλλος, allos (« autre »)[4][1][5] et πάθος, páthos (« ce qu'on éprouve »)[4][1] pour désigner, parmi les trois méthodes imaginables selon lui pour traiter les maladies, celle qui utiliserait des remèdes produisant chez l'être humain sain des symptômes ni semblables, ni opposés à ceux de la maladie à traiter[6], les deux autres méthodes étant appelées respectivement homéopathie et énantiopathie.

Nom commun

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Singulier Pluriel
allopathie allopathies
\a.lɔ.pa.ti\

allopathie \a.lɔ.pa.ti\ féminin

  1. (Médecine non conventionnelle) (Usage critiqué)[7][8] (Péjoratif)[7] Dans le contexte des médecines alternatives, est utilisé pour désigner sans la nommer la médecine conventionnelle, fondée sur les preuves.
    • L’allopathie [sic] utilise souvent des substances toxiques telles que les antibiotiques pour détruire l'agent pathogène. — (Malek Ben Amar, « Allopathie ou homéopathie : Un débat sans fin ? », La Rotonde, 27 mars 2022.)
    • Je ne fais pas des guérisseurs des êtres scientifiques, mais je démontre, en m’appuyant sur des études, des scientifiques, la médecine chinoise et quantique, qu’ils sont l’itinéraire bis de la médecine. Nous sommes le trait d’union entre l’homéopathie et la médecine traditionnelle [sic] (l’allopathie [sic]). — (Stéphane Fouilleul, « À Bourg-Achard, la magnétiseuse Martine Dick publie son septième ouvrage  », L'Éveil de Pont-Audemer, 3 janvier 2021.)
    • L’allopathie [sic] oblige un organe à fonctionner quand le remède homéopathique lui permet de mieux fonctionner. Le médecin veut remplacer la nature au lieu de rester son ministre. Il écrase le système immunitaire par un bombardement vaccinal au lieu de lui laisser apprendre et se développer. — (Dr Gilles Tisserand, « Placebo versus nocebo, ou mort programmée de l’homéopathie », Boulevard Voltaire, 25 mai 2019.)
  2. (Médecine non conventionnelle) Par confusion avec l'énantiopathie[9], méthode thérapeutique qui consisterait à traiter une personne malade par des remèdes qui donneraient à une personne saine des symptômes opposés à ceux de la maladie.[1]
    • À l'inverse, l'allopathie représente la thérapie standard, celle qui emploie des médicaments produisant des effets contraires à ceux que produit la maladie. Elle cible le symptôme, l'agent infectieux, et utilise de plus en plus fréquemment les molécules de synthèse mises au point par l'industrie pharmaceutique. — (« Petit lexique de la médecine naturelle », Le Journal de Saône et Loire, 27 janvier 2011.)
    • l'allopathie serait la doctrine de ceux qui traitent par les contraires. La médecine scientifique aussi bien que l'ensemble des doctrines médicales ne répondent nullement à une définition aussi incomplète et en réalité aussi saugrenue. Il faut en laisser la responsabilité aux homéopathes et leur abandonner l'usage exclusif d'une expression qui n'a de sens précis que pour eux seuls. — (Dr Albert Regnard, Entrée « Allopathie », Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée par le Docteur Paul Labarthe,…, p.96)
  3. (Médecine non conventionnelle) (Vieilli) méthode thérapeutique qui consisterait à traiter une personne malade par des remèdes qui donneraient à une personne saine des symptômes ni similaires (homéopathie), ni opposés (énantiopathie) à ceux de la maladie.[1]
    • L’allopathie soutire les sucs vitaux et épuise les forces du malade, le vidant par le haut et par le bas, le forçant à transpirer ou à saliver, mais surtout, comme le veux la routine régnante, par l’usage aveugle et sans ménagement de saignées profuses, gaspillage de sang irremplaçable ! Tout cela sous le prétexte que le médecin doit imiter et favoriser la nature malade dans les efforts qu’elle fait pour se rétablir. — (Samuel Hahnemann, Doctrine homœopathique ou Organon de l’Art de guérir (VI éd.). Vigot Frères, Les trois méthodes thérapeutiques, p.48)

Dérivés

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Apparentés étymologiques

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Traductions

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Antonymes

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Prononciation

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Anagrammes

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Voir aussi

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Références

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  1. a b c d e et f « allopathie », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. a et b Alain ReyDictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1992 (6e édition, 2022)
  3. Jean Dubois, Henri Mitterand, Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique et historique du français, Larousse, Paris, 1964 (1re édition 1938), ISBN 978-2035853035
  4. a et b Anatole BaillyAbrégé du dictionnaire grec-français, Hachette, 1901 → consulter cet ouvrage
  5. Jean Dubois, Henri Mitterand, Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique et historique du français, Larousse, Paris, 1964 (1re édition 1938), ISBN 978-2035853035
  6. Organon de l'art de guérir, partie 11, Arnold libraire-editeur, 1824, page xx-xxi
  7. a et b John Snow, « On the use of the term "allopathy." », dans The Lancet, 1846
  8. « « Médecine allopathique » : la formule de l'Ordre fait bondir les anti « Fakemed » », dans egora.fr, 2019
  9. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, tome 1, Paris, 1867-1890, page 222