Français modifier

Étymologie modifier

De anientir (« revenir au néant », « réduire à néant »).

Verbe modifier

anéantir \a.ne.ɑ̃.tiʁ\ transitif 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’anéantir)

  1. Réduire au néant, mettre à néant.
    • Cette objection s’anéantit d’elle-même.
    • Mais ces âmes mornes, qui ne reflètent rien, ces êtres en qui l’univers vient s’anéantir, voilà l’aspect qui désole et qui désespère. — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 900)
    • Il se passa peu de temps avant que la maison entière fût plongée dans ce silence où la campagne s’anéantit chaque soir comme dans un tombeau. — (Julien Green, Le voyageur sur la terre, 1927, réédition Le Livre de Poche, page 193)
  2. (Par extension) Réduire à rien, détruire absolument.
    • En consacrant la notion de risque technologique majeur, les accidents spectaculaires qui se sont produits au cours de ces dernières années ont définitivement anéanti le mythe d’une technologie sans faille et d’une technocratie ultra-compétente. — (Michel Claessens, Petit éloge de l’incompétence, 2013)
    • Quelques fumigations opportunément et soigneusement faites, et tout vibrion est anéanti. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Mais à lui-même aussi, cette mort serrait le cœur qui, d'un coup, anéantissait un homme en pleine vigueur, dans la fleur de l'âge, sans l'avertir par les prodromes les plus légers, un homme sobre comme il l'était, et cela à quelque temps de la retraite. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Le garçon était assis, le dos à la porte, concentré sur l’écran de son ordinateur, sur lequel on voyait une sorte de guerrier bigorexique anéantissant des squelettes avec une épée disproportionnée. Il ne nous accorda même pas un regard. — (Luis Montero Manglano, L'Oasis éternelle, traduit de l'espagnol par Claude Bleton, éditions Actes Sud, 2018, chapitre 4)
  3. (Par hyperbole) Mettre dans un état d’abattement, de faiblesse.
    • Cette longue course m’a anéanti.
  4. (À la voix passive) Être dans une stupéfaction profonde.
    • Être anéanti.
  5. (Pronominal) (Religion) S’abaisser et s’humilier devant Dieu, par la connaissance qu’on a de son néant.
  6. (Pronominal) (Argot) Mourir.

Synonymes modifier

→ voir casser#Synonymes

Dérivés modifier

Traductions modifier

Prononciation modifier

Anagrammes modifier

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Voir aussi modifier

Références modifier