Voir aussi : Arpitan

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1970) Du francoprovençal arpitan (« montagnard ou berger »), dérivé de arp avec le suffixe -itan. Arpitan est formé à partir de la racine pré-indo-européenne alp-, dans sa variante dialectale moderne arp- ; en langue arpitane, ce mot ne désigne non pas la « montagne », une « forme de relief élevé », comme on le croit communément, mais les « pâturages de montagne où les troupeaux sont conduits et passent l’été ». Cette racine est présente dans de nombreux noms de lieux, tant en Haute-Provence (Arpasse, Arpette, Arpillon, etc.), qu’en Dauphiné (Arp, Arpion, Arpisson, etc.), qu’en Savoie (Arpettaz, Arpeyron, Arpiane, etc.), qu’en Valais (Arpette, Arpache, Arpitetta, etc.) et que sur le versant italien (Arpet, Arpetta, Arpettaz, etc.). On retrouve cette racine ou sa variante en Lombardie, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.
Note : Il a été repris au début des années 1970 pour répondre au besoin de lever la confusion générée par le mot francoprovençal.

Nom commun Modifier

Invariable
arpitan
\aʁ.pi.tɑ̃\

arpitan \aʁ.pi.tɑ̃\ masculin singulier

  1. (Linguistique) Langue gallo-romaine parlée en Arpitanie, c’est-à-dire la majeure partie du Val d’Aoste, de la Romandie, et de Rhône-Alpes, ainsi qu’une partie de la Franche-Comté, du Piémont, de la Saône-et-Loire, et des Pouilles.
    • Même de nos jours encore, les linguistes discutent cette langue et son appellation : tantôt en affirmant que ses caractéristiques ne suffisent pas à la décrire, tantôt pour trouver un autre nom au francoprovençal, écrit avec trait d’union ou sans, appelé « français du Sud-Est » ou encore « arpitan » (cf. Tuaillon 1983: 5sq.). — (Sophie-Anne Wipfler, Le gaga: Langue d'autrefois? Une étude linguistique synchrone (Das gaga: Sprache von damals? Eine synchrone linguistische Analyse), thèse de doctorat de philosophie, Universität Mannheim, 4 novembre 2019, p. 59)
    • A Genève, décembre est le mois de l’escalade. Durant plusieurs siècles, les festivités furent l’objet de polémiques. Fallait-il fêter une victoire contre ceux qui voulaient réintroduire l’Église de Rome dans la cité de Calvin ? Et si oui, de quelle manière ? Il y avait eu des morts, 72 côté savoyard, 18 chez les Genevois. Ne fallait-il pas les respecter ? Les honorer ?,.. Ces hésitations appartiennent désormais au passé. L’Escalade joue aujourd’hui le rôle de véritable fête nationale locale, et son hymne, le « Cé qu’è lainô », est chanté à toutes les fêtes patriotiques de Genève. En voici la première strophe, en arpitan :
      Cé qu’è lainô, le Maître dé bataille,—
      Que se moqué et se ri dé canaille,
      A bin fai vi, pè on desande nai,
      Qu’il étivé patron dé Genevouai
      et en français :
      Celui qui est en haut, le Maître des batailles,
      Qui se moque et se rit des canailles,
      A bien fait voir, par une nuit de samedi,
      Qu’il était patron des Genevois.

      — (Metin Arditi, « Le bonheur », journal La Croix, page 24, 19 décembre 2016)

NotesModifier

  • Le code de cette langue (francoprovençal) dans le Wiktionnaire est frp.

Quasi-synonymesModifier

HyperonymesModifier

Apparentés étymologiquesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin arpitan
\aʁ.pi.tɑ̃\
arpitans
\aʁ.pi.tɑ̃\
Féminin arpitane
\aʁ.pi.tan\
arpitanes
\aʁ.pi.tan\

arpitan \aʁ.pi.tɑ̃\

  1. Relatif à l’Arpitanie.
  2. Relatif à l’arpitan.
    • Ce n’est pas la première fois que le projet d’une graphie commune est envisagé : vers la fin des années 70, le mouvement arpitan aussi avait proposé une graphie unitaire pour un francoprovençal standard baptisé arpitan. — (Nouvelles du Centre d’études francoprovençales René Willien, Numéros 49 à 52, 2004)

SynonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

FrancoprovençalModifier

Nom commun Modifier

arpitan \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de arpetan.

Voir aussiModifier

  • arpitan sur l’encyclopédie Wikipédia (en francoprovençal)