avoir les jetons

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

D’après Esnault, dérive de jeter de la dysenterie (cf. le cheval qui jette ses crottins, le cerf qui jette ses fumées).
Attesté depuis 1916, toujours d’après Esnault.
Appartiendrait donc au registre prolifique peur/chier (d’après l’effet physiologique de la peur), comme : trouille, chier dans son froc, pétoche, avoir les copeaux (copeau=bouse de vache), avoir les colombins, avoir la vesse, foirer.

Locution verbale Modifier

avoir les jetons \a.vwaʁ le ʒə.tɔ̃\ (se conjugue → voir la conjugaison de avoir)

  1. (France) (Populaire) (Familier) Être effrayé par quelque chose ou par quelqu’un, avoir peur.
    • C’était un brav’ gnière
      Qui ne mouftait guère
      Qu’avait depuis sa jeunesse
      Le goût d’la cambrousse
      Les jetons d’la rousse
      Et un faible pour la fesse

      — (Boris Vian, Ballade de la chnouf, 1957)
    • Notre devoir, mes frères, c’est de ne pas avoir les jetons dans notre fanfaronnade pour la liberté. — (Dobritsa Tchossitch, Le temps de la mort, Volume1, 1991)
    • A la justice pour me juger moi, Gavrilovna Krassavina ! Tu déménages ou quoi ! Tu crois que j’ai les jetons ? D'accord, allons-y pour un procès. Tu peux porter plainte contre moi, j'ai du répondant. Tu prends quel tribunal ? — (Alexandre Ostrovski, Les fiançailles de Balzaminov, ou, On trouve toujours chaussure à son pied, adapté par Monique Lachère, L'Âge d’Homme, 1992)

SynonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier