Voir aussi : Bonte, Bonté

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin bonitas, bonitatis (« bonté »).

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
bonté bontés
\bɔ̃.te\

bonté \bɔ̃.te\ féminin

  1. Qualité de ce qui est bon.
    • Comme les poires ne peuvent se conserver long-temps dans leur premier état de bonté, & qu'on ne peut souvent les garder d'une saison à une autre. — (L'agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787)
    • Les bas et surtout les gants dits de fil d’Écosse attestent assez la bonté et l'utilité de ce fil : ils sont frais durent longtemps et résistent à la sueur. — (E. Pascallet, Fil d’Écosse, dans Encyclopédie des gens du monde : répertoire universel des sciences, des lettres et des arts, par une société de savants, tome 11, Paris : chez Treuttel et Würtz, 1839, page 28)
    • La miellée végétale est une substance sucrée répandue sur les végétaux, qui les nourrit et contribue à la bonté des fruits. — (Jacques Radouan, Nouveau manuel complet pour gouverner les abeilles et en retirer grand profit, 1840, volume 2, page 108)
    • La maréchale fit le geste de se lever pour son rang, et l’embrassa sur le front pour sa bonté et son bel âge. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, Michel Lévy frères, 1863)
    • Grâce à la bonté des mortiers, ces masses renversées ne se sont point disjointes et sont là comme des rochers […]. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Cette jolie cité commande des marais salants dont le sel se nomme, dans toute la Bretagne, sel de Guérande, et auquel beaucoup de Bretons attribuent la bonté de leur beurre et des sardines. — (Honoré de Balzac, Béatrix, 1838-1844, première partie)
  2. Justice.
  3. Qualité morale qui porte à être doux, facile, indulgent, à faire du bien.
    • Hercule a la fougue d’Achille, mais bien plus de bonté. S'il a méfait, il se repent, répare. — (Jules Michelet, Bible de l'Humanité, Calmann-lévy, 1876, page 223)
    • Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné aux hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Anne de Gonz.)
    • Nous demandons, de grâce, encore un moment ; le roi a de la bonté ; et il sait bien que la chose a été précipitée. — (Molière, Impr. 4)
    • Point de pitié officieuse ? point de secourable bonté ? point d’affection agissante ? — (Molière, l'Av. IV, 1)
    • Il est vrai que du roi la bonté secourable
      Jette enfin sur la muse un regard favorable.
      — (Nicolas Boileau, Sat. I)
    • Je m’occupe, je pense, et j'ai pour volupté
      Ce charme que le ciel attache à la bonté.
      — (St-Lambert, Saisons, Hiver)
  4. (En parlant d’une femme) Égard.
    • Elle a de la bonté, des bontés pour lui, elle témoigne qu’elle a pour lui un sentiment tendre.
    • Elle a quelque bonté pour moi. — (Molière, l'Av. IV, 3)
    • C'est trop me faire entendre, Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés. — (Jean Racine, Brit. III, 7)
  5. Simple bienveillance ; pure politesse.
    • La bonté que vous avez eue de m’écrire.
    • Quand je parle, ayez la bonté de vous taire.
  6. (Vieilli) Simplicité et trop grande naïveté.
    • Sa bonté l’a ruiné, l’a perdu.
    • Vous avez eu la bonté de le croire !
  7. (Au pluriel) Actes de bienveillance.
    • Que la reine a pour moi des bontés que j'admire ! — (Pierre Corneille, Nicom. IV, 2)
    • Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ? — (Jean Racine, Athal. IV, 5)
    • Thésée à tes fureurs [les fureurs de Neptune] connaîtra tes bontés. — (Jean Racine, Phèdr. IV, 2)
    • Henri victorieux voyait de tous côtés Les ligueurs sans défense implorant ses bontés. — (Voltaire, Henr. VIII)
  8. (Au pluriel) Termes de politesse.
    • Je suis confus de vos bontés. Ayez la bonté de m’apprendre ce dont il s’agit.
    • Nous allons le remercier des extrêmes bontés qu’il nous fait paraître. — (Molière, Impr. 10)
    • Si vous aviez la bonté de me dire la même chose, vous m’obligeriez. — (Blaise Pascal, Provençal 4)

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

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Voir aussiModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin bonitatem, accusatif de bonitas. (c. 1100) bontet (la Chanson de Roland).

Nom commun Modifier

Cas Singulier Pluriel
Cas sujet bonté bontez
Cas régime bonté bontez

bonté \Prononciation ?\ féminin

  1. Bonté, qualité d’être bon.
    • Pur ceste honur e pur ceste bontet — (La Chanson de Roland, édition de J. Bédier, vers numéro 2507)
    • Qui ceste bonté a perdue
      Ja puis ne li sera rendue
      — (Wace, De la mort Nostre Dame, ms. 3516 de la Bibliothèque de l’Arsenal, f. 52r. d.)

VariantesModifier

Dérivés dans d’autres languesModifier

RéférencesModifier