casser sa pipe

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XVIIe siècle) Composé de casser, sa et pipe.
Note : Les spécialistes se perdent en conjectures non sur la double signification de cette locution figée, mais sur sa datation et son origine. Le problème est moins étymologique que sémantique ou historique.
On trouve l’expression casser sa pipe dès le XVIIe siècle, dans les mazarinades[1], dans le sens de « se mettre en colère », « avoir un accès de colère ».
Par glissement sémantique inexpliqué à ce jour, on est passé de cette première acception à une seconde, seule aujourd’hui admise : « mourir ». En ce sens, on retrouve l’expression ancienne employée sous le premier empire durant les guerres napoléoniennes.
Sur les champs de bataille de l’époque, les médecins militaires (majors) ne disposaient pas du matériel nécessaire pour anesthésier le soldat avant de l’amputer. Pour résoudre ce problème, on avait trouvé une bien maigre solution. Il s’agissait de donner une pipe en terre cuite au patient qu’il place entre ses dents, pour éviter que ce dernier ne crie. Dans le cas où le médecin échouait lors de l’opération et que le soldat succombait, il lâchait alors la pipe qu’il tenait entre ses mâchoires, et celle-ci tombait en se brisant[2].
Selon Albert Dauzat pipe a peut être ici le sens de tuyau, et casser sa pipe signifierait donc casser son tuyau, le tuyau en question serait la trachée artère[3].

Locution verbale Modifier

casser sa pipe \ka.se sa pip\ (se conjugue → voir la conjugaison de casser)

  1. (Figuré) (Par euphémisme)(Par plaisanterie) Mourir.
    • « Beaucoup de commerçants, dit-il, sont morts sans héritiers ; ou bien les héritiers ont aussi cassé leur pipe. Il y a pas mal de familles que le choléra a raclées jusqu’à l’os. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 267)
    • Allez, vaut mieux casser sa boussole que casser sa pipe ! — (Nicolas Robert, Soldatenthal, Editions Publibook, 2006, page 114)

SynonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. Cosimo CAMPA, Expressions populaires françaises, Levallois-Perret, Studyrama éd., 2e édition, 2010, p. 87.
  2. expressio.fr
  3. Alain ReyDictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1992