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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Verbe) Du bas latin carricare (« même sens »).
(Nom commun) De charrée (« cendre servant à faire la lessive »).

Verbe Modifier

charrier \ʃa.ʁje\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Voiturer dans une charrette, dans un chariot, etc.
    • […], et ce furent les rennes domestiques qui charrièrent tout ce combustible au magasin. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • Les momai fournissent un effort énorme pour charrier ces lourdes charges jusqu’au dégrad du village, où on les embarque sur des canots. — (Jean Hurault, Les Indiens Wayana de la Guyane française : structure sociale et coutume familiale, p. 97, ORSTOM, 1985)
  2. (Par extension) Transporter avec soi.
    • Il a tout charrié dans ses bras.
    • Mais Barreto s’attaque aussi à un nouveau phénomène urbain, à l’engouement des masses pour un sport envahissant, le football, dont il pressent le pouvoir d’aliénation, avec ce qu’il charrie de traficotage et de violence. — (Serge Gruzinski, Rio, une ville et son visionnaire, dans Libération n° 11305, du 28 septembre 2017, p. 29)
  3. (Par analogie) Emporter, entraîner, en parlant d’un cours d’eau.
    • La rivière charrie du sable, du limon. La Seine charrie d’énormes glaçons. (Absolument) La Seine charrie beaucoup.
  4. (Fauconnerie) Emporter le gibier, se laisser emporter après.
  5. (Familier) Raconter des insanités, des histoires peu probables, exagérer.
    • — Il n’en gagne pas ? Sans blague… alors tu veux charrier ou tu m’prendrais…
      — J’te prends pas, j’te laisse, répliquait Fernande.
      — (Francis Carco, Jésus-la-Caille, Troisième partie, ch. I, Le Mercure de France, Paris, 1914)
    • J’ouvris le portefeuille et sur ses indications je sortis, d’un morceau de papier jauni, une mèche de cheveux bouclés et solides, les cheveux d’une Fathma.
      - Tu vois que c’est pas pour charrier.
      — (Pierre Mac Orlan, Les Poissons morts, Payot & Cie, Paris, 1917)
  6. (Familier) Se moquer gentiment de quelqu’un, le tourner en dérision.
    • Mon père aime me charrier sur ma vie sentimentale. Il l’appelle « le désert de Gobi ». — (Mikky Sophie, Love Ticket, chapitre 9, La Condamine, 2009)
    • A présent, les médiateurs observent que les jeunes se charrient sur leurs parents, leur mère, leur sœur, avec des énoncés comme « ta mère la pute » par exemple. En ce sens, les pratiques des jeunes sont devenues conformes avec la réalité noire américaine décrite par Labov. — (Insultes, injures et vannes : en France et au Maghreb, éditrice Aline Tauzin, Centre de recherche et d'études en arabe maghrébin, Editions Karthala, 2008, p. 171)

SynonymesModifier

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
charrier charriers
\ʃa.ʁje\

charrier \ʃa.ʁje\ masculin

  1. (Vieilli) (Désuet) Grosse toile qui retenait la cendre au-dessus du cuvier, lors de la lessive.

SynonymesModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

  • Charrier sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier