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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin sicera (« boisson enivrante »)[1], du grec σῑ́κερᾰ, traduction de la septante de l’hébreu שכר, shakhár (« s’enivrer »). Comparer à l’arabe سكر, sakar (« vin, boisson fermentée »)[2]. Le mot est devenu *cisera[1] et a pris le sens spécialisé de « vin de pommes » en Normandie, de là dans le reste de la France.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
cidre cidres
\sidʁ\
 
Pinte de cidre anglais

cidre \sidʁ\ masculin

  1. Boisson faite par fermentation alcoolique de jus de pommes pressurées.
    • Alors il chercha l’oubli tour à tour dans le cidre normand, le poiré manceau, l’hydromel gaulois, le cognac français, le genièvre hollandais, le gin anglais, le wiskey écossais, le kirsch germain. — (Charles Deulin, Cambrinus)
    • L’hydromel était antérieur au cidre, dont on ne fit emploi qu’assez tard en Gaule alors que la bière y était répandue depuis longtemps ; […]. — (François-Xavier Masson, Annales ardennaises, ou Histoire des lieux qui forment le département des Ardennes et des contrées voisines, Mézières : imprimerie Lelaurin, 1861, p.54)
    • On fait du cidre dans quelques cantons des arrondissements de Rethel et de Vouziers ; la production annuelle, pour tout le département, est à peu près de 50.000 hectolitres, […]. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 136)
    • Le cidre aigrelet de la ferme arrosait ces mets peu recherchés, et j’ajoutais à cette liqueur débilitante quelques verres du vin qui se vendait dans l’île sous le nom pompeux de Bordeaux. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L'Archipel de Chausey, souvenirs d'un Naturaliste, La « Revue des Deux Mondes », tome 30, 1842)
    • Il leur suffisait de tremper le bout des doigts dans une pipe de cidre ou une cuvée de vin pour changer cidre et vin en bouse liquide ; […]. — (Octave Mirbeau, Rabalan)
    • Au XVIe siècle encore, chez nos voisins la bière était la boisson du peuple et des domestiques « comme moins chère et plus commune » (Traité du Sidre, par Paulmier, 1573), et le cidre la boisson de luxe réservée aux maîtres. Nous avons vu qu'il en était tout différemment dans le Bas-Maine, à cette époque où le vin était appelé « Monsieur », et le cidre « Gilles du Pommain, breuvage de maczons ». — (A. Angot, Le cidre, son introduction dans le pays de Laval, 1889.)
    • Hélas ! en même temps que la richesse, l’habitude de la distillation du cidre à domicile s’est répandue ! — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)

DérivésModifier

Variantes dialectalesModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

  • a et b « cidre », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971-1994 → consulter cet ouvrage
  • Frédéric de Rougemont, Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation, Volume 2, Genève, 1855, p. 207