Voir aussi : Commune

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin communia (« communauté de gens »)[1], pluriel du neutre commune (« ce qui est en commun, le commun [du peuple] »).

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
commune communes
\kɔ.myn\

commune \kɔ.myn\ féminin

  1. (Administration territoriale) Division du territoire.
    • Quelles fonctions plus pénibles et plus dispendieuses que celles de capitaine et de chef de bataillon de la garde nationale, dans une commune de campagne ? — (François-Vincent Raspail, Organisation ruineuse ou féconde de la dépense, dans Le Réformateur, 5 fév. 1835)
    • Article unique. — La commune de Clamart est distraite du canton de Sceaux (arrondissement de Sceaux, département de la Seine) et rattachée au canton de Vanves (même arrondissement et même département). — (Loi du 20 février 1897, J.O. du 23 février 1897, France)
    • Alors qu’en 1918, 15 000 communes seulement étaient électrifiées sur les 36 000 que compte la France ; en 1930, 26 800 communes possédaient l’électricité. — (L’Électrification des Écarts, dans Almanach de l'Agriculteur français - 1932, page 36, éditions La Terre nationale)
    • Enserrée dans son ring urbain, Charleroi est aujourd'hui un véritable centre régional, environné d’une vaste nébuleuse de communes aux développements tentaculaires. — (Le patrimoine monumental de la Belgique, volume 20, page 79, Pierre Mardaga - Liège, 1994)
    • Les communes bruxelloises sont fières comme Artaban de ne pas avoir fusionné. Une fusion, ce serait une atteinte autoritaire à la démocratie communale, qui existe depuis des siècles dans nos contrées. — (Geert Van Istendael, Le labyrinthe belge, Le Castor Astral, 2004, page 149)
    1. Mairie, représentants des habitants d’une localité.
      • Certaines communes, écrivait le préfet, à l’occasion des fêtes patronales, ou de manifestations agricoles, ont, à leur programme de réjouissances, des concours de buveurs de cidre ou autres boissons. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
      • La commune de NIVOLAS-VERMELLE a été saisie de la demande de délocalisation d’une entreprise nivolésienne du fait de l’impossibilité d’agrandir l’usine actuelle située en centre-ville. — (Commune de Nivolas-Vermelle, Modification no 1 de la révision no 2 du Plan d’Occupation des Sols : Notice explicative, décembre 1998)
    2. (France) (Administration territoriale) Division du territoire administrée par un maire et un conseil municipal.
    3. (Par extension) Corps municipal.
      • La commune a pris une décision.
    4. (Par extension) L’ensemble des habitants d’une localité.
      • 27 octobre 1851 : le juge de paix de La Chapelle d’Angillon signale que la commune d’Ivoy-le-Pré est agitée par des « meneurs » d’Henrichemont. — (Claude Ferrieux, Les derniers tisserands, 2007)
    5. (Histoire) Corps des bourgeois d’une ville ou des habitants d’un bourg, d’un village qui avaient reçu par une charte le droit de s’administrer eux-mêmes, dans l’Ancien Régime.
      • J’appelle moyen-âge, dans l’histoire de la littérature française, les XIIe, XIIIe et XIVe siècles. […]. Le commencement de cette époque est marqué en Europe par une crise sociale, de laquelle sortent tout à la fois les communes, l'organisation complète de la féodalité et de la papauté, les idiomes modernes de l’Europe, l’architecture appelée gothique. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
      • Si l’on donne foi au bruit généralement accrédité […] d’une espèce de contrat par lequel elle aurait, comme les communes du moyen-âge, acheté son affranchissement, on aura trouvé le secret de cette munificence. — (Anonyme, Espagne. - Cadiz et Gibraltar, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
      • La plupart d’entre eux, au XIIe siècle surtout, sont encore des serfs : dans la commune de Senlis, fondée par le roi en 1173, l’évêque a encore des mainmortables. — (Henri Sée, Les classes rurales et le régime domanial en France au Moyen-âge, page 283, V. Giard & E. Brière, 1901)
  2. (Histoire) Milice bourgeoise ou milice de la campagne, dans l’Ancien Régime.
    • L’arrêt enjoignit aux communes de lui courir sus.
  3. (France) (Histoire) Organisation révolutionnaire du peuple insurgé.
    • Le même soir, quelques officiers de la commune enfoncèrent sa porte, visitèrent ses papiers, ses effets, harpèrent ce qui pouvait leur convenir et apposèrent les scellés sur les portes. — (Une agonie de soixante-quinze jours: journal inédit de Louis-Marie Debost - août 1793-avril 1794, page 54, Librairie Académique Perrin, 1932)
  4. (Burundi) Division administrative de deuxième niveau au Burundi (comprise dans une province et comprend des collines).
  5. (Québec) Regroupement de communauté intentionnelle, le plus souvent mais pas forcément, sur un terrain utilisé en commun, pour le pâturage, la culture et d'autres usages.
    • Oubliez les communes et le free-for-all des années 1960-1970, où les hippies vivaient à 6, à 10, parfois plus, sur une terre loin de la ville, partageant des valeurs similaires — et plus si affinités. — (L'actualité, Art de vivre, Faire bande à part, Isabelle Grégoire, 6 février 2019)
  6. (Québec) (Histoire) Subdivision du mode institutionnel d'occupation et de distribution des terres, le régime seigneurial, implanté en Nouvelle-France en 1627 et aboli officiellement en 1854, après l'avènement des Townships en 1763, il en subsisterait encore quelques-unes, le long du fleuve Saint-Laurent, pour le pâturage, la culture et d'autres usages.
    • À partir de 1627, la Compagnie des Cent-Associés est responsable de l'administration de la colonie. Pour ce faire, elle met en place un mode d'organisation des terres appliqué en France à la même époque : le régime seigneurial (...) Le seigneur bénéficie de droits onéreux et de droits honorifiques. Il peut établir une cour de justice, ériger un moulin et organiser une commune. — (L'Encyclopédie canadienne, Régime seigneurial, Jacques Mathieu, 25 août 2013)
  7. (Canada) Communage, communage de pâture simple, droit de communage, profit à prendre en commun, dans le droit des biens et de la propriété en common law. — (Termes normalisés par le Comité de normalisation dans le cadre du Programme national de l'administration de la justice dans les deux langues officielles (PAJLO))
  8. (Anglicisme) Député élu à la Chambre des communes, au Parlement, à Ottawa.
  9. (Argot) (Québec) Qui sert, qui peut servir tout le monde de manière indiscriminée, fille de joie, prostituée, femme de mauvaise vie.
  10. (Soutenu) (Québec) Perception imaginative, idée folle, incohérence, pensée utopique.
    • Mon souci : faire avancer le Québec [...] Le Québec est aujourd'hui loin de l'État chétif du temps de Duplessis. Il a plus de pouvoir et de ressources que bien des États souverains. Après l'indépendance, je tiens pour acquis que les Québécois souhaiteraient garder une monnaie commune et la pleine liberté de mouvement et de commerce avec le Canada. [...] Je rêve que nous puissions faire des Québécois le peuple le plus instruit, le plus en santé et le plus prospère d'Amérique. L'histoire des 50 dernières années me dit que ce n'est pas un rêve impossible. Mais, entre-temps, que d'énergies perdues et de talents gaspillés au nom d'une souveraineté imaginaire! — (Le Devoir, Souveraineté imaginaire, Mario Polèse - Professeur à l'INRS Urbanisation, culture et société, 7 juillet 2009)
  11. (Latinisme) (Québec) L'ensemble des règles en application, droit statutaire et pouvoir résiduel fédéral, droit commun, fondement des principes du droit en droit civil québécois.
    • La notion de droit commun en droit civil québécois [...] afin d'établir les différences entre "jus commune", droit commun [...] — (CorpusUL, Dépôt institutionnel, Bibliothèque - Université Laval, La notion de droit commun en droit civil québécois, Juneau, 2009)

SynonymesModifier

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

TraductionsModifier

Forme d’adjectif Modifier

commune \kɔ.myn\

  1. Féminin singulier de commun.
    • Les êtres corporels se trouvent tous ensemble dans la matière, mais les anges ne se rencontrent pas avec les êtres corporels dans une matière commune. — (Thomas d'Aquin, De la production des anges dans l'ordre de la nature, part. 1, question 61, article 4, dans Somme théologique de S. Thomas d'Aquin, volume 2, traduction F. Lachat, 1855, page 595)
    • Faire chambre commune.

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

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Nom commun Modifier

commune \Prononciation ?\ féminin

  1. Communauté, commune.
    • la commune de Tir la fort cité — (Hervis de Metz, édition de E. Stengel, p. 355, 1200-25)

VariantesModifier

Dérivés dans d’autres languesModifier

RéférencesModifier

AnglaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom commun) (XVIIIe siècle) Du français commune[1]. Voir common qui a aussi un sens politique comme dans House of Commons.
(Verbe) (XIIIe siècle) De l’ancien français communer (« mettre en commun »)[1].

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
commune
\ˈkɒm.juːn\
communes
\ˈkɒm.juːnz\

commune \ˈkɒmˌjuːn\

  1. Communauté de gens qui habitent et travaillent ensemble.
    • During the decade of the 1960's, living in a commune was popular with the counter-culture.
    • religious commune
  2. (Moins courant) (Administration territoriale) Commune, division administrative.

DérivésModifier

Verbe Modifier

Temps Forme
Infinitif to commune
\kəˈmjuːn\
Présent simple,
3e pers. sing.
communes
\kəˈmjuːnz\
Prétérit communed
\kəˈmjuːnd\
Participe passé communed
\kəˈmjuːnd\
Participe présent communing
\kəˈmjuːn.ɪŋ\
voir conjugaison anglaise

commune \kəˈmjuːn\ intransitif

  1. Communier, être en communion avec quelque chose ou quelqu’un.

Note : Communier au sens de la religion se dit to take communion ou to give communion (ce que fait un prêtre).

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Douglas Harper, Online Etymology Dictionary, 2001–2020 → consulter cet ouvrage

LatinModifier

ÉtymologieModifier

Neutre substantivé de communis (« commun »).

Nom commun Modifier

Cas Singulier Pluriel
Nominatif commune communia
Vocatif commune communia
Accusatif commune communia
Génitif communis communium
Datif communī communibus
Ablatif communē communibus

commune \Prononciation ?\ neutre

  1. Ce qui est en commun, bien commun.
  2. Communauté.

DérivésModifier

Adverbe Modifier

commune \Prononciation ?\

  1. En général.
    • in commune consultare, discuter en général.

SynonymesModifier

RéférencesModifier

PicardModifier

ÉtymologieModifier

Du latin communia.

Nom commun Modifier

commune \Prononciation ?\ féminin

  1. Commune.

VariantesModifier

DérivésModifier

RéférencesModifier

  • Jean-Baptiste Jouancoux, Études pour servir à un glossaire étymologique du patois picard, 1880, vol. I