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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Nom 1 : Emprunt putatif au vocabulaire des colonies africaines, du portugais conde (gouverneur), du latin comes, comitis. Selon cette hypothèse, il s’agit d’un mot apparenté à comte. Désigne à l’origine (argot du XIXe siècle) une autorisation, puis celui qui la donne ou la reçoit, enfin un policier. Le verlan décon est souvent employé pour son homophonie avec « des cons ».
Nom 2 : A la mémoire du prince de Condé dont le cuisinier François Vatel créait des merveilles culinaires et pâtissières.

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
condé condés
\kɔ̃.ˈde\

condé \kɔ̃.ˈde\ masculin

  1. (XIXe siècle) Permission accordée, formellement ou tacitement, par une autorité de police.
    • On ne saurait jamais avoir assez de précautions ; heureusement que, à Dieppe, j’ai le condé franc. — (Yves Guyot, La Prostitution, 1882)
    • La coutume veut que l’on arrête 5.000 filles environ par mois, […] Pour cela on prend des arrangements qui permettent, sans fatigue, […], de stabiliser les statistiques.[…]. Le condé est un pacte conclu entre l’agent et la fille. Par ce traité la fille a droit, pendant un certain nombre de journées, à pouvoir librement exercer son industrie sans être inquiétée par la police, mais en retour, elle a donné sa parole qu'à tel jour, à telle heure, elle se trouvera à tel endroit pour être arrêtée par les « mœurs »,.. — (Georges Anquetil, La Maîtresse légitime, éditions Georges Anquetil, 1923)
    • Alors, je l'ai dirigé sur la Maison où il a — fallait s'y attendre — accepté de devenir indic. Rien de plus simple. On lui a donné ce qu'on nomme un « condé », mais « à la petite cuiller », c'est-à-dire que, durant le premier mois, on n'a pas tenu compte de ses antécédents. Ils sont tous éprouvés de la sorte. Et le mois écoulé, si les gars se sont montré utiles, on renouvelle le condé pour un trimestre. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  2. (Argot) Policier
    • C'est ainsi, petit à petit, que les condés en question, dont ceux évidemment qui font partie de la fameuse brigade, n'en ayant jamais assez, ne demandent qu'à continuer à répandre le poison pour mieux se procurer tous les plaisirs du monde. — (Milou avec Thierry Colombié, Truand: Mes 50 ans dans le milieu corso-marseillais, Robert Laffont, 2015)
    • Tout à la poursuite du condé il a pas fait gaffe au paysage et, nature, il a dépassé le chemin conduisant à la propriété de plusieurs bornes. — (San-Antonio, Messieurs les hommes, Fleuve Noir, 1955).

SynonymesModifier

→ voir policier (2)

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
condé condés
\kɔ̃.ˈde\

condé \kɔ̃.ˈde\ masculin

  1. (Pâtisserie) Sorte de petit gâteau feuilleté recouvert de glace royale.
    • On collait dans un moule à timbale uni les condés avec du sucre au cassé.
      Les condés une fois placés dans le moule, le côté aux amandes sur le cuivre, on les collait, après refroidissement, sur le grand fond,[…].
      — (Jules Gouffé, Le livre de pâtisserie, Paris : chez Hachette & Cie, 1873, p. 148)
    • Au premier type on peut rapporter la galette des rois, les condés, palmiers, mirlitons aux abricots, conversations aux amandes, etc.; au second, la pâte de saint-honoré, la pâte à éclairs, etc. — (Georges Pellerin, Préparation, fabrication et conservation des denrées alimentaires, H. Dunod et E. Pinat, 1911, p. 85)
  2. (Par extension) Ce glaçage lui-même.
  3. (Cuisine) Sorte d'entremet à base de riz, ou de semoule de blé dur, cuit dans du lait, et qui reçoit un nappage de fruits au sirop.
    • Le riz à la Condé, ou Condé aux abricots, est un entremets constitué d'un riz au lait enrichi d'abricots au sirop et nappé de sauce abricot au kirsch. — (Annie Perrier-Robert, Dictionnaire de la gourmandise, Robert Laffont, 2012)

Apparentés étymologiquesModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

  •   condé figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : police.

TraductionsModifier