FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1495) Composé du verbe crier et du suffixe -ard.

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin criard
\kʁi.jaʁ\

criards
\kʁi.jaʁ\
Féminin criarde
\kʁi.jaʁd\
criardes
\kʁi.jaʁd\

criard \kʁi.jaʁ\

  1. (Familier) Qui crie souvent.
    • Il se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages. — (Guy de Maupassant, La Ficelle, dans Les Contes normands)
    • Comme je descendais des Fleuves impassibles,
      Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
      Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
      Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
      — (Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre)
    1. (En particulier) Qualifie des oiseaux qui crient souvent et d’une manière désagréable.
      • Qui n’aime, aux jours de la canicule dans les bois, lorsque les geais criards se disputent la ramée et l’ombre, un lit de mousse et la feuille à l’envers du chêne ? — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
    2. Qui se plaint, qui crie souvent pour des sujets de peu d’importance, ou même sans sujet.
      • Cette femme est bien criarde, est d’une humeur criarde.
  2. (Familier) Qualifie une voix aigre, dont le son blesse l’oreille, un instrument de musique qui rend un son désagréable.
    • Oui, tenez, celui qui gesticule en parlant, et dont la voix est un peu criarde, c’est M. d’Alembert, le secrétaire perpétuel de l’Académie française. — (Julie de Querangal, Morvelle, Revue des Deux Mondes, t. 2, 4, 1833)
    • La mère, au ventre grossi par les couches, aux seins bouffis de bête usée, avait dans sa face en débris deux yeux bleus comme deux fleurs sales. Elle chantait avec une voix pointue de femme criarde. — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 63)
    • […] le gavioli des chevaux de bois de la fête nous envoie par la porte grande ouverte ses sonorités criardes, parodie désagréable des orgues […] — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1923)
  3. (Figuré) (Familier) Qualifie des dettes auprès de créanciers qui en sollicitent le paiement avec importunité.
    • Quoique […] j’eusse économisé quelques sous sur mes omnibus et mes déjeuners, il me fallut, plusieurs fois, avoir recours à l’obligeance d’un ami afin de payer des termes en retard et les dettes criardes. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
  4. (Figuré) Qualifie des couleurs qui tranchent trop fortement, qui blessent le regard.
    • Pensez ensuite à la boutique du libraire anglais, avec son étalage criard, aux couvertures gaufrées et dorées […] — (H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904)
    • Sous une toilette criarde, ton corps mouvant laisse derrière lui flotter un sillage embaumé. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 16)
    • Elle a remplacé par un col blanc le ruban criard mis à même la peau. — (Léon Frapié, L’orpheline, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 51)
  5. (Figuré) Voyant et de mauvais goût.
    • Elle était née riche, dans l’éclat criard d’une fortune trop neuve. — (Anatole France, « Le Lys rouge », 1894, réédition Le Livre de Poche, page 24)

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
criard criards
\kʁi.jaʁ\

criard \kʁi.jaʁ\ masculin (pour une femme on dit : criarde)

  1. (Par substantivation de l'adjectif) Celui qui est criard, celle qui est criarde.

SynonymesModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier