FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XVIe siècle), cullebuter. Composé du moyen français culer, « frapper au cul », et de buter.

Verbe Modifier

culbuter \kyl.by.te\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Faire une culbute ; tomber de soi-même.
    • En ce moment, les chiens se jetèrent de côté, le traîneau fut culbuté et le couple précipité dans la neige. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • De temps en temps, un des glisseurs perdait bien l’équilibre, culbutait et tous ceux qui suivaient prenaient la bûche derrière lui, roulant l’un sur l’autre parmi la neige fine qui vous glaçait les doigts et vous fichait l’onglée. — (Louis Pergaud, Deux Veinards, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • […], il bondit sur le coffre et, au risque de culbuter, il détacha le grappin de son cabillot, puis courut au guiderope et fit de même. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 109 de l’édition de 1921)
    • Quand éclata la masse, Alexis était debout sur la falaise, et, riant, montrait le bois qui se culbutait dans la rivière comme les glaces dans le bouscueil du printemps. — (Félix Antoine Savard, Menaud: maître-draveur, Fides, 1944, page 45)
  2. (Transitif) Faire tomber quelqu’un ou quelque chose, renverser.
    • Brusquement, elle parut prise d’une peur folle, elle se sauva en culbutant une chaise. — (Émile Zola, La Mort d’Olivier Bécaille, 1879)
    • […], car il était aisé à la garnison de garder les bords de l’Aude, au moyen de la grande barbacane (…) qui permettait de faire des sorties avec des forces imposantes et de culbuter les assiégeants dans le fleuve. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
  3. (Transitif) (Vulgaire) Faire l’amour, posséder sexuellement.
    • Pourquoi aurait-il échappé à la règle ? Combien de jouvencelles avait-il culbutées jadis ; combien de maris avait-il mis dans la situation où il se trouvait à l’heure actuelle ? — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • On peut encore, à la rigueur, culbuter une femme, mais où voulez-vous qu’on prenne le temps, la liberté d’esprit nécessaire pour parler d’amour à une charmante d’enfant comme vous ? C’est à peine si on a le temps de faire des enfants… — (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 44)
    • […] et faisait sans conviction la conversation à son coéquipier, qui dégoisait inlassablement sur le compte de cette pimbêche de Dane, une mal baisée qu'il rêvait de culbuter dans son bel uniforme toujours trop impeccable. — (Emmanuel Ménard, Le sommeil du juste, Cylibris Éditions, 1994, chap. 10)
  4. (Transitif) (Militaire) Rejeter en désordre.
    • La cavalerie culbuta l'infanterie ennemie.
  5. (Transitif) (Typographie) Retourner une feuille sur la même forme après l'avoir tiré à blanc.

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier