FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Auguste Scheler [1] le rattache à courée, corée (de cor, « cœur »), mot très usité dans l’ancien français et dans quelques provinces pour signifier les viscères de la poitrine (cœur et poumon, coraille en ancien français), du fait que ces viscères du cerf se donnaient aux chiens en curée.
D’autres étymologistes le rapprochent de « cuir » car la curée se donnait dans un cuir, soulignant que la forme « cuirée » existe et le fait qu’on ne trouve pas « corée » avec le sens de « curée », excluant l’étymologie issue de cor.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
curée curées
\ky.ʁe\
 
Des chiens mangeant une bête pendant la curée. (2)

curée \ky.ʁe\ féminin

  1. (Chasse) Portion de la bête que l’on donne aux chiens après sa prise.
    • Donner la curée aux chiens.
    • Curée de lièvre.
    • Canelude, est une espèce de curée, que préparent les Fauconniers pour le vol du héron, & qui est composée de sucre, de canelle , de moelle de héron ; ils la donnent à leurs oiseaux , pour les rendre héronniers, & les échauffer à ce vol. — (Dictionnaire universel d'agriculture et de jardinage, de fauconnerie, chasse, pêche, cuisine et ménage, tome 2, Paris : chez David le jeune, 1751, p. 88)
    • (Figuré) Des nuées de condors, de vautours et d’urubus vinrent tournoyer au-dessus des cadavres, sur lesquels ils s’abattirent en poussant des cris aigus et firent une horrible curée de chair humaine, …. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
  2. Fait de donner ces abats, moment où on la donne.
    • Sonner la curée.
    • Il assista à la curée.
  3. (Figuré) Opération par laquelle on détruit une personne moralement et cruellement, en groupe.
    • Il donnait des leçons en apprenant « der, die, das » aux grands débutants : « Ses cours étaient chahutés au dernier degré » et Marion confesse, avec une sincérité qui l'honore, qu'il participait à la curée. — (Alain Finkielkraut, À la première personne, Gallimard, 2019, page 96)
  4. (Par extension) Pitance.
    • Eh ! qu’importe quel animal ? Dit l’un de ces mâtins, voilà toujours curée. — (Jean de la Fontaine, Fabl. VIII, 25.)
  5. (Figuré) Pillage des biens et des avoirs d’un vaincu.
    • Pour recueillir les restes de Moscou, dont l’incendie n’a que trop légitimé le pillage, et pour arracher les soldats à cette grande curée. — (Sophie de Ségur, Historique de Napoléon, VIII, 7)
    • L’ambition n’était cependant pas de notre âge, et l’avide curée qui se faisait alors des positions et des honneurs nous éloignait des sphères d’activité possibles. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Sylvie, 1854)
    • Méfiez-vous de cet essaim de charlatans et de faiseurs d’affaires qui viennent et reviennent sans cesse bourdonner autour de la caisse municipale, comme alléchés par l’odeur de la curée. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942, p. 13)
  6. Butin généreux obtenu en profitant de la faiblesse d’autrui.
    • Le fait est que notre homme entrait au barreau avec plus d’affaires en main, que bien des personnes n’en peuvent montrer après deux ou trois ans de pratique. C’était cependant une faible curée pour son ambition, et loin d’être effrayé des grands intérêts confiés à son inexpérience, il ne faisait que doubler et tripler, par le désir, les honoraires qu’il allait gagner. — (Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Charles Guérin, G.H. Cherrier, éditeur, Montréal, 1853, I, 6, p. 77)

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

Forme de verbe Modifier

Voir la conjugaison du verbe curer
Participe Présent
Passé
(féminin singulier)
curée

curée \ky.ʁe\

  1. Participe passé féminin singulier de curer.

PrononciationModifier

HomophonesModifier

AnagrammesModifier

Voir aussiModifier

  • curée sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier