dégouliner

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

De l’ancien français dégouler (« s’épancher »).

Verbe Modifier

dégouliner \de.ɡu.li.ne\ intransitif ou exceptionnellement transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Familier) Couler goutte à goutte.
    • Une petite pluie mince et tenace dégoulinait sans arrêt depuis la veille et les passants, recroquevillés sous leurs riflards, […], lui fournissaient l'impression vague de spectres titubants. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 9)
    • Geo prit l’escalier de fer, en monta cinq marches et les dégoulina sur le ventre. — (A.-L. Dominique, Le gorille dans le Pot au Noir, Gallimard, 1955, chapitre XIII)
    • Du plafond avaient dégouliné sur les murs de ciment brut des filets de plâtre et ma fièvre y dessinait des formes vivantes […]. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • La respiration demeure calme, le cœur est encore bon, mais le sang lui dégouline du crâne sur le nez, dans les yeux, poisse la chemise. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Figuré)
    • Puis, midi passé en averse, les ombres dégoulinent des arbustes, en rigoles, bientôt en flaques, et la terre les boit, le soir montant. — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 38)
    • Où j’aurais espéré lire : « À Molière pour la vie… », « C’est la faute à Voltaire… », « Mon cœur à Herriot, mon âme à Baudrillart », je ne voyais dégouliner sur les murs que des lettres sans suite et des signes débiles, prélude aux simples bâtons où allaient s’abîmer cinq siècles d’héritage. — (Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou l'École du soir, 1970, réédition Folio, 1972, pages 18-19)
  3. (Figuré) Se dit en mauvaise part d'une personne, d'un écrit, d'une œuvre qui sont saturés par quelque chose et qui en débordent de façon excessive et désagréable, excessive, dégoutante.
    • Un film qui dégouline de bons sentiments.
    • Avant de prendre le taxi, elle avait acheté Vogue. Elle feuilleta la revue. Des femmes longues et somptueuses flottaient dans des étoffes inconcevables. [...] Si seulement je pouvais être mannequin, pensa Julie. Les pages de Vogue dégoulinaient de pognon. — (Jean-Patrick Manchette, Ô dingos, ô châteaux !, 1972, Chapitre 10, Réédition Quarto Gallimard, page 261)

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier