Voir aussi : Dragon, dragón, drag on

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIe siècle)[1] Du latin draco, lui-même du grec ancien δράκων, drákôn, dérivé de δρακεῖν, drakeîn, δέρκομαι, dérkomai (« voir clair »).
Pour l’utilisation du mot au sens de « soldat », voir le latin draconarius (« porte-étendard [en forme de dragon] ») ; pour expliquer le mot, Littré[2] cite Voltaire qui dit : « L'opinion la plus vraisemblable sur l'origine du mot dragon est qu'ils portèrent un dragon dans leurs étendards, sous le maréchal de Brissac, qui institua ce corps dans les guerres du Piémont ».

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin dragon
\dʁa.ɡɔ̃\
dragons
\dʁa.ɡɔ̃\
Féminin dragonne
\dʁa.ɡɔn\
dragonnes
\dʁa.ɡɔn\

dragon \dʁa.ɡɔ̃\

  1. (Militaire) (Désuet) Qui est propre aux soldats nommés dragons.
    • Il était, de la tête aux pieds, un officier du temps, avec tous les défauts et, les qualités de ce temps, pétri par la guerre et pour la guerre, et ne croyant qu’à elle, et n’aimant qu’elle ; un de ces dragons qui font sonner leurs gros talons, — comme dit la vieille chanson dragonne. — (Jules Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques, A. Lemerre, Paris, 1883, page 337)
  2. (Sens figuré) (Désuet) Qui est cavalier, sans gêne.

DérivésModifier

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
dragon dragons
\dʁa.ɡɔ̃\
 
Un chevalier combattant un dragon.

dragon \dʁa.ɡɔ̃\ masculin (pour un dragon femelle (animal fabuleux), on dit dragonne ou, pour les dragons de l’Antiquité, dracène)

  1. (Mythologie) (Fantastique) Animal fabuleux qu’on représente en Occident avec des pattes armées de griffes, des ailes et une queue de saurien, ou en Asie comme un animal serpentiforme associé à l’eau.
    • C’est d’ailleurs moins le Moyen Âge lui-même qui plaît qu’une certaine ambiance conçue comme typiquement médiévale, combinant le poids des muscles, le choc des épées, la brûlure des dragons et l’envoûtement des sortilèges. — (Joseph Morsel et al., L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, 2007)
    • Eh ! bien, […] permettez-moi donc de veiller sur vous, comme un dragon veille sur un trésor. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Dans ce charmant district de la joyeuse Angleterre qu’arrose le Don, s’étendait, aux jours reculés, une vaste forêt […] Là, autrefois, revenait le dragon fabuleux de Wantley. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Un récif au large, dragon gigantesque, la gueule terrifiante, l’épine dorsale et la longue queue hérissées de pointes, semble en interdire l’accès. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928) (Sens figuré)
    • On dit qu’il a vendu à un « arcandier » qui fait la brocante, la statue en bois de saint Georges terrassant le dragon — (Jean-Louis Boncœur, Le Diable aux champs, Fayard, 1981)
    • Ils se les caillaient sur un trottoir entre deux réverbères depuis plus d'une heure, en face d'un restau dont la vitrine s'ornait d'une tête de dragon multicolore et d'un aquarium aux poissons également aussi généreux en couleurs pétantes qu'un « ensemble » de Karine. — (Pierre Lucas, Police des mœurs, n° 185 : Mi-figue mi-résille, éditions Vauvenargues, 2014, chapitre 34)
  2. (Familier) Femme vive, turbulente, acariâtre.
    • Diderot n’en est-il pas responsable pour lui avoir tôt préféré Mme de Puisieux et tant d’autres, ou la compagnie de camarades en philosophie que le dragon conjugal lui interdit de recevoir à la maison ? — (Travaux de littérature : Le culpabilité dans la littérature française, volume 8 à 9, page 221, L’ADIREL, 1995)
  3. Enfant mutin et déterminé.
  4. (Par analogie) (Herpétologie) Lézard australien, qui a une aile membraneuse de chaque côté du corps et qui voltige avec légèreté d’un arbre à un autre.
     
    Dragon volant.
    • Le « dragon » est un petit lézard des Indes orientales, qui se soutient aussi en l'air pendant quelques instants, au moyen d'une membrane soutenue comme un éventail, sur quelques rayons osseux articulés à l'épine du dos. — (Cuvier, Anatomie comparée, t. 1, 1805)
  5. (Par analogie) (Herpétologie) Plusieurs types de reptiles carnivores des pays chauds, apparentés soit à l’iguane, soit au varan.
     
    Dragon de Komodo.
    • Carnivore, le dragon d’eau est un très bon nageur qui peut rester trente minutes sous l’eau. — (Dragon d’eau australien sur l’encyclopédie Wikipédia  ).
    • Le dragon de Komodo (Varanus komodoensis) est une espèce de varan qui se rencontre dans les îles de Komodo. — (Dragon de Komodo sur l’encyclopédie Wikipédia  ).
  6. (Militaire) Soldat se déplaçant à cheval mais combattant, en principe, à pied (infanterie montée).
     
    Dragon missionnaire.
    • Il est certaines régions des Cévennes où l’abandon est total, […] où les vieilles communautés protestantes de la montagne sont en voie de disparition. C’est pourtant ici la zone héroïque où Jean Cavalier tint tête si longtemps aux dragons de Villars. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • La division Treilhard, forte de deux mille chevaux, s’étant à peu près formée, le 4e régiment de dragons étant en tête de la colonne, attaqua la cavalerie ennemie près de Mormant, et la culbuta. — (Rapport du Comte de Valmy sur l’affaire de Mormant)
    • Là étaient les débris vivants des meurtrières rencontres des premiers jours : dragons, zouaves, chasseurs de Vincennes, turcos, soldats de la ligne, hussards, lanciers, tous hâves, silencieux, mornes, traînant ce qui leur restait de souffle. — (Amédée Achard, Récits d’un soldat - Une Armée Prisonnière ; Une Campagne Devant Paris, 1871)
    • Nous avions combattu et couru toute la journée. Faits prisonniers par les dragons prussiens, nous avions été emmenés jusqu'à Vrigne-aux-Bois au grand trot de nos montures. — (Victor Thiéry, Après la défaite : Souvenirs et impressions d'un prisonnier de guerre en Allemagne, Paris : chez Frinzine, Klein & Cie, 1884, page 17)
    • Ce fut en avril à cinq heures
      Au petit jour que dans ton cœur
      Un dragon plongea son couteau.
      — (Louis Aragon, La Guerre et ce qui s’en suivit)
    • Nous envoyons les dragons en éclaireurs, mais rien à droite, rien à gauche, et, devant nous, à cinq cents mètres, la colline et la forêt. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
       
      Dragons français (1914) escortant des prisonniers allemands après la bataille de la Marne.
    • Tous étaient debout […] car ils étaient décidés à repousser les troupes assaillantes, eux qui, deux ans plus tôt, avaient été sabrés par les dragons à Bélair, aux portes de Charleville. — (Henri Manceau, Des luttes ardennaises, 1969)
  7. (Antiquité) Enseigne de la cohorte dans l’armée romaine.
  8. (Héraldique) Animal possédant un corps de serpent, des pattes d’aigle et une tête de crocodile avec une langue pointue.
     
    D’argent au dragon de gueules, à la bordure de sinople, qui est de la commune de Plomelin du Finistère.
    • Il y a aussi des serpents qui ont des pieds & des ailes de chauve-souris, qu’on appelle Dragons : ainsi Bourghese, dont étoit Paul cinquième, porte d’azur au dragon d’or, au chef de même, chargé d’un aigle de sable. — (Marc-Gilbert de Varennes, Le roy d’armes, ou L’art de bien former, charger, briser, timbrer, parer, expliquer et blasonner les d’armoiries, Paris : chez Pierre Billaine, 1635 part. 2, page 173)
  9. (Alchimie) Salpêtre.
    • Metez en digestion du Salpetre bien purifié dans l’esprit de Salpetre, pour en dissoudre autant qu’il pourra, faites-en l’extraction, […], & distillez comme auparavant, recommençant la même chose, jusqu’à ce que l’esprit sorte aussi acre qu’il est entré, pour lors le dragon est suffisamment empreigné. — (La pharmacopée raisonnée de Schroder, commentée par Michel Ettmuller, livre 2 : La Minéralogie, Lyon : chez Thomas Amaulry, 1698, page 666)
  10. (Marine) Voile d’étai d’un lougre.
  11. (Numismatique) Banc à tirer où le métal acquiert une épaisseur constante.
  12. (Navigation) Type de voilier, à gréement de sloop et à quille.
  13. (Ornithologie) Race de pigeons de fantaisie originaires d’Angleterre, à caroncules et au bec fort.
     
    Tête de dragon.
  14. Tache maladive dans l’œil.
  15. (Idiolecte) Inquiétude, dans la correspondance de Mme de Sévigné
    • Je veux voir le paysan de Sully qui m'apporta hier votre lettre ; je lui donnerai de quoi boire : je le trouve bien heureux de vous avoir vue. Hélas ! comme un moment me paraîtrait, et que j'ai de regret à tous ceux que j'ai perdus ! Je me fais des dragons aussi bien que les autres.— (Mme de Sévigné, Lettres de l’année 1671, édition de Robert Duchêne, folio classique, 2012, page 60)

DérivésModifier

SynonymesModifier

pigeon

HyperonymesModifier

Animal fabuleux :

Pigeon

HyponymesModifier

Animal fabuleux :

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

HomophonesModifier

AnagrammesModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

(Vers 1100) dragun, du latin draco.

Nom commun Modifier

 
Saint George et le dragon.

dragon \Prononciation ?\ masculin

  1. (Militaire) Étendard ou enseigne.
    • Le dragon porte, à qui la gent s'alie. — (Chanson de Roland, XIe siècle)
      Il porte l’étendard auquel les gens se rallient.
    • A une part est au roi avisé
      Por le dragon que il voit venteler,
      Et l'oriflamme esgarda par delez.
      — (Le Roman de Garin cité dans « DRACO », dans Charles du Fresne du CangeGlossarium mediæ et infimæ latinitatis, L. Favre, Niort, 1883-1887 → consulter cet ouvrage, XIIe siècle)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)
    • Faire voler le dragon.
      Se mettre en campagne.
    • Se par aulcun d'iceulx eust esté fait vouler le dragon. — (XIVe siècle)
      Si quelqu'un d'entre eux se fut mis en campagne.
  2. (Mythologie) Dragon.
    • Serpenz et guivres, dragon et aversier. — (Chanson de Roland, XIe siècle)
      Serpents et couleuvres, dragons et démons.
    • Ge sui freres des dragons et compains des ostrusces — (Job, p. 441, XIIe siècle)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)
    • Dragons volans et estenceles
      Font-il par l'air sembler esteles,
      Qui des ciex en cheant descendent,
      Si cum les foles gens entendent.
      — (Roman de la Rose, XIIIe siècle)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter), la Rose, 19115.

DérivésModifier

RéférencesModifier

Ancien occitanModifier

ÉtymologieModifier

Du latin draco, doublet de drac.

Nom commun Modifier

dragon masculin

  1. Dragon.
  2. (Astronomie) Constellation du Dragon.

RéférencesModifier

  • François Raynouard, Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée avec les autres langues de l’Europe latine, 1838–1844 → consulter cet ouvrage

AnglaisModifier

ÉtymologieModifier

Du français dragon.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
dragon
\ˈdɹæɡ.ən\
dragons
\ˈdɹæɡ.ənz\

dragon \ˈdɹæɡ.ən\

  1. (Mythologie) (Héraldique) Dragon (animal fabuleux).
  2. Dragon (femme acariâtre).
  3. Dragon (lézard).
  4. (Informatique) Type de processus similaire au daemon qui est utilisé par le système pour effectuer divers tâches secondaires.

SynonymesModifier

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

PrononciationModifier

NéerlandaisModifier

ÉtymologieModifier

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Nom commun Modifier

dragon \Prononciation ?\

  1. (Botanique) Estragon.

Taux de reconnaissanceModifier

En 2013, ce mot était reconnu par[1] :
  • 92,2 % des Flamands,
  • 85,7 % des Néerlandais.

PrononciationModifier

RéférencesModifier

  1. Marc Brysbaert, Emmanuel Keuleers, Paweł Mandera et Michael Stevens, Woordenkennis van Nederlanders en Vlamingen anno 2013: Resultaten van het Groot Nationaal Onderzoek Taal, Université de Gand, 15 décembre 2013, 1266 p. → [lire en ligne]

OccitanModifier

ÉtymologieModifier

Du latin draco.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
dragon
[dɾaˈɣu]
dragons
[dɾaˈɣus]

dragon [dɾaˈɣu] (graphie normalisée) masculin

  1. Dragon.
    • Mariòta e les quaranta dragons — (Andrieu Lagarda, Les Secrèts de las Bèstias, page 167, 2014. ISBN 978-2-916718-53-8. Titre du conte.)

RéférencesModifier

PicardModifier

ÉtymologieModifier

Du français dragon.

Nom commun Modifier

dragon \Prononciation ?\ masculin

  1. Cerf-volant.

RéférencesModifier

  • Jean-Baptiste Jouancoux, Études pour servir à un glossaire étymologique du patois picard, 1880, vol. I

PolonaisModifier

ÉtymologieModifier

Du français dragon.

Nom commun Modifier

Cas Singulier Pluriel
Nominatif dragon dragoni
Vocatif dragonie dragoni
Accusatif dragona dragonów
Génitif dragona dragonów
Locatif dragonie dragonach
Datif dragonowi dragonom
Instrumental dragonem dragonami

dragon \draɡɔ̃n\ masculin animé

  1. (Militaire) Dragon.

DérivésModifier

Voir aussiModifier

  • dragon sur l’encyclopédie Wikipédia (en polonais)  

RéférencesModifier