Voir aussi : endéver

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Date à préciser) Composé de en- et de l’ancien français desver (« devenir fou »)[1] → voir enrager pour le sens. Apparenté à rêver.

Verbe Modifier

endêver \ɑ̃.dɛ.ve\ ou \ɑ̃.de.ve\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Vieilli) Être très dépité de quelque chose ; enrager.
    • Figurez-vous que le bonhomme a voulu voir ses deux pièces de vin. Il m’a si bien fait endêver (mot du pays) pendant toute la journée, qu’il a fallu lui montrer deux poinçons pleins. — (Honoré de Balzac, L’Illustre Gaudissart, 1832)
    • Pour la faire endêver, je me mets à rire, — (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1843)
    • S’il est vrai que je faisais quelquefois endêver ma nourrice, je crois qu’elle aimait jusqu’à mes malices. — (Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans, Grasset, 1934, réédition Le Livre de Poche, page 25)
    • En France, je l’ai démontré, Édouard Herriot endêvait plus que tout autre de cette mystification. — (Louise Weiss, Combats pour l’Europe, 1919-1934, Payot, 1968 - Albin Michel, 1979, page 223)
    • […] comme étrangères, et, pourtant, si proches de moi… comme une volonté inconsciente d’y rester, de m’y agripper, en butte à un irrésistible besoin d’en partir, de m’en arracher… besoin qui m’endêverait presque. — (Denys Viat, Un monde en marge, L’Âge d’Homme, 1989, page 106)
    • Les chefs virent que les Britanniques endêvaient d’acquérir leur presqu’île, parce qu’elle touchait les plaines fertiles de Canterbury : ils pouvaient donc les pressurer. — (Muriel Proust de la Gironière, La France en Nouvelle-Zélande, 1840-1846 : un vaudeville colonial, Éditions du Gerfaut, 2002, page 287)
    • Il endêve d’être Tom Pouce. — (Jean-Marc Rosier, Noirs Néons, 2008)
    • […], ils s’encoignèrent, et, serins serrés sereins au couvoir calme de minuit, n’en décollèrent plus, malgré les invites et les quolibets lancés par la marmaille et les regards encolérés de Yolande, qui, soudain, maligne, entraîna la troupe dans une ronde chantante afin qu’il endêvât : « […] ». — (Patryck Froissart, La Mise à nu : Fantaisies en sol mineur, Mon petit éditeur, 2011, page 330)
    • Vous avez joué un joli tour de mon style à vos maîtres, ils se grattent encore qu’ils en sont tous pelés et endêvent et pleurent de rage ! — (Worr Berstein, Les Dits de Till : Mémorable geste d’Eulenspiegel ou Miroir d’un gueux, Robert Weis, 2013, page 199)

Variantes orthographiquesModifier

SynonymesModifier

Quasi-synonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier