FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Verbe 1) (Date à préciser) Dénominal de ergot, petit doigt surmonté d’un ongle pointu qui sert au combat chez les oiseaux mâles.
(Verbe 2) (1534) Du latin ergo (« donc ») dont les docteurs scolastiques faisaient grand usage, souvent à vide. On le retrouve dans le fameux cogito (Cogito ergo sum) de Descartes, dans un tout autre contexte.

Verbe 1 Modifier

ergoter \ɛʁ.ɡɔ.te\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Zoologie) Se dresser sur ses ergots ; utiliser ses ergots, en parlant d'un coq.
    • On apporte le Juste et l'Injuste dans une cage comme deux coqs de combat ces combats étaient à la mode alors. […]. Ces deux coqs se provoquent et sortent de la cage ; ils ergotent et se livrent un assaut , « Le Juste : Tu es bien insolent. — L'Injuste : Et toi bien ganache ! » — (Émile Deschanel, « La Comédie dans les républiques, art. 2 : Aristophane , critique socialiste », dans La Liberté de penser : revue démocratique, tome 3, Paris : chez Joubert, 1849, p. 548)
    • (Figuré)Le coq gaulois vexé, les ailes dans le dos, ergotait avec rage dans le poulailler européen. Si les Arabes avaient eu l'avantage d'une attaque surprise, la France aurait-elle volé au secours d'Israël ? Oui, monsieur ! — (Jean Davray, La brûlure, Luneau Ascot éditeurs, 1983)
  2. (Jardinage) Débarrasser un arbre fruitier de ses ergots.
  3. (Pronominal) (Agriculture, Botanique) Se faire contaminer par l'ergot.
    • Dans certaines provinces de France, où le seigle est très sujet à s’ergoter, on a vu cette maladie persister pendant longues années. — (Auguste Ambroise Tardieu, Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, article Épiphyties, 2e édition, tome 2 (E.-Meu.), Paris : chez J.-B. Baillière, 1862, p. 194)

TraductionsModifier

Verbe 2Modifier

ergoter \ɛʁ.ɡɔ.te\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Péjoratif) S’attarder sur des détails sans intérêt ; argumenter avec des précisions superflues ou de façon mesquine.
    • Quelles gens! disait-il, bon Dieu ! quelles gens ! Avec les uns il faut finir par se battre ; les autres ergotent comme des pédants, chicanent comme des procureurs, et puis s’endorment. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, T.2,4, 1833)
    • Voyez-vous […] nous avons à Paris plusieurs catégories de malandrins. Pour nous en garantir, il nous faut recourir à des hommes présentant des qualités particulières. Ces hommes sont des mouchards, comme vous les appelez. Soit, je n’ergote pas sur un vocable. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Partout on discutait, on discutaillait, on ergotait et on “ergotisait”, c'étaient contre tout et contre tous de perpétuels “harcèlements”. La critique hypercritique s’en donnait à cœur joie. — (Ferdinand Brunot, Histoire de la langue française des origines à 1900, Éditions Armand Colin, 1937, p. 807)
    • Mais que dit, ou plutôt que fait l’Union européenne ? Elle ergote, ratiocine, tergiverse, louvoie, au point d’accréditer l’idée fâcheuse que, dans cette communauté de 27, il en coûte plus de transgresser les règles de bonne gestion que d’enfreindre celles d’une bonne démocratie. On punit la Grèce mais on ferme les yeux sur la Hongrie. — (Vincent Giret, Salami, dans Libération, n° 9532, p.3, 4 janvier 2012)

VariantesModifier

SynonymesModifier

→ voir pinailler

TraductionsModifier

→ voir pinailler

PrononciationModifier

RéférencesModifier