Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom 1) De l'ancien bas vieux-francique skara (« section, détachement »), en composé dans eschargaite, escargaite (« patrouille de guetteurs » → voir échauguette) ; apparenté à schare en néerlandais, Schar, scheren en allemand, skåra en suédois. Au XVIe siècle, le mot est désuet et Fauchet doit expliquer à son lecteur :
« Thierry se trouva avec une scare de dix mille hommes. On appellait ainsi un nombre de gens de guerre, et ceux qui pensent que scadron en vient s’abusent, car scadron est mot italien, qui signifie « grand carré », nouvellement usurpé comme assez d’autres par nos guerriers[1]. »
(Nom 2) Du latin scala.

Nom commun 1 Modifier

eschiele \Prononciation ?\ féminin

  1. (Militaire) Bataillon, escadron, corps de troupe.
    • Icez eschieles bien les vont ajustant
      S’il troevent l’host, balaille i iert mult grant !
      — (Chanson de Roland., 3024, Muller)
    • De Franceis sunt les premieres eschieles. — (Ib.. 3026)
    • Hervis chevauche, li gentis el li ber,
      A dis eschieles que il ot devisé.
      — (Garin le Loherain, 1" chans., XII, P. Paris)
    • Pristrent les armes, si s’armerent,
      Sans faire eskiele et sans conroi,
      Al castel vindrent a desroi.
      — (Brut, ap. Capperonnier, Gloss. de l’Hist. de S. Louis)
    • Tote sa gent a raloie
      Et par escieres devisei.
      — (Brut, ms, Munich, 1532, VoUm.))
    • Machabes ordena six mille que il avoit od sai, par escheles, se s’en alla a Timothee por combatre. — (Machab., liv. Il, Maz. 70, 191)
    • Quant Salehedin vit que sa première esciele se desconfissoit, si en fu moult courecies. — (Chroniques de Rains, c. iv, L. Paris.)
    • Assembla trois eschilles de Normans, et mist siège a la cité de Capne. — (Aimé, Yst. de li Norm., m, 4, Charapollion)
    • Ce roi (Dagobert) adverti que les Vinides estoient entrez eu Turinge, partant de Mets, mena tout au travers des Ardennes une grande armée jusques à Mayence, délibéré de passer le Rhin avec luie scare des plus vaillans hommes d’Austrazie et Bourgongne. — (Fauchet, Antig. gaul., v, 9, éd. 1611)
    • Il fut conclud que les roys Louis et Carloman assembleroient une scare de gens de guerre au lieu d’Atiguy pour avec les gens de Louis de Germanie, conduicls par Henri et Adelart, courre sus a Hugues fils de Lothaire. — (Id., ib., 2" vol., v, 14)
    • La plus ancienne ordonnance et ordre d’armée estuit divisée en plusieurs compagnies de gens de cheval, appellees scarres soubs lesdites première et seconde famille; mais sous la troisiesme l’on appelloit ces divisions eschelles. — (Id., Orig. des cheval., arm., el her., 11, i, éd. 1611)

VariantesModifier

ComposésModifier

Nom commun 2Modifier

eschiele \Prononciation ?\ féminin

  1. Escalade, ascension.
    • Le sire de Tallebot, Angloiz, print d’eschielle la ville de Laval — (J. Chartier, Chron. de Charl. VII)
    • Le dict signeur de Pesmes avoit pris d’eschelle une des maisons dudict de Chabannes, l'avoit pillée. — (Ol. de la Marche, Mém., I. 5, Michaud)
  2. Escalier.
    • Lesquelx supplians arrivez au bout de l'eschalle du dit hostel, par laquelle l’en monte en la salle d’icellui. — (1406, Arch. JJ 160, pièce 303)
    • Eschalle pour descendre en la cuisine des pauvres. — (1463, Compt. de l’aumosn. de S. Berthomé, f" 113, Bibl. la Rochelle)
  3. Échelle.
    • Et eschielles aus murs drecier — (Roman d’Eneas, ms. 60 français de la BnF, f. 184r. a.)
  4. Pilori.
    • Cil qui jurent vilainement de Diu et de Nostre Dame doivent estre mis en l’esquele une hore du jour, en le présence du commun, porce qu’il ait honte. — (Coutume du Beauvaisis)
    • Pillory et eschelle est signe de haut justicier. — (Coûtume d’Auxerre)

VariantesModifier

Dérivés dans d’autres languesModifier

RéférencesModifier

  1. Orthographe modernisé, Source : Claude Fauchet, Recueil des Antiquités gauloises et françaises, éd. 1611.