feu de peloton

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XVIIIe siècle) Composé de feu, de et peloton.

Locution nominale Modifier

Singulier Pluriel
feu de peloton feux de peloton
\fø də pə.lɔ.tɔ̃\

feu de peloton \fø də pə.lɔ.tɔ̃\ masculin

  1. (Militaire) Tir collectif, à l’ordre d’un chef de tir, d’une partie de l’unité engagée dans les combats.
    • Le feu de peloton, que l’ordonnance du 6 Mai 1755 établit en France, est en usage depuis long-tems parmi les Hollandois : il y a quelqu’apparence que l’invention leur en est dûe, [...]. Quoi qu’il en soit, observons qu’on a cependant tiré autrefois en France par différentes divisions ou différentes petites parties du bataillon, qu’on appelloit pelotons ; mais seulement dans des cas particuliers [...]. — (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1ère édition, tome VI, 1751, page 625)
    • Le feu de peloton s’exécutera alternativement par le premier et le second peloton de chaque division, comme si la division étoit isolée ; [...] — (Règlement concernant l'exercice et les manœuvres de l’infanterie, du premier Août 1791, C. L. Boubers, Lille, 1793, page 163)
    • Si les feux de peloton cessaient subitement, c’était signe que les royalistes avaient le dessous ; si les feux saccadés continuaient et s'enfonçaient à l'horizon, c’était signe qu’ils avaient le dessus. — (Victor Hugo, Quatrevingt-treize, tome II, Michel Lévy frères, Paris, 1874, page 96)
    • Mais, brusquement, dans ce malaise, les applaudissements de la claque crépitèrent avec la régularité d’un feu de peloton. — (Émile Zola, Nana, G. Charpentier, Paris, 1880, page 16)
  2. Tir du peloton d’exécution qui fusille un condamné.
    • Par les cachots, par les pontons
      Où la vermine nous dévore,
      Par les vingt feux de pelotons
      Dont Satory résonne encore,
      Par la foule en proie au bourreau,
      Par les sinistres fusillades
      Abattant Crémieux au Pharo
      Et Delescluze aux barricades,
      [...]
      Debout, debout, debout ! — (Clovis Hugues, Ce que nous chantions en prison (mai 1873), dans Poèmes de prison, Mistral, Cavaillon, 1875)

TraductionsModifier

RéférencesModifier