feu follet

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

→ voir feu et follet

Locution nominale Modifier

Singulier Pluriel
feu follet feux follets
\fø fɔ.lɛ\
 
Un feu follet artificiel

feu follet \fø fɔ.lɛ\ masculin

  1. Lueur que l’on voit voltiger la nuit sur les marais, dans les cimetières, produit par l’inflammation des gaz dégagés par des matières organiques en décomposition.
    • Ses broderies pétillaient si vivement au soleil, et l'aigrette de son schako étroit et long en recevait de si fortes lueurs, que les spectateurs durent le comparer à un feu follet, à une âme invisible chargée par l'empereur d'animer, de conduire ces bataillons […] — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Les feux follets sont la même chose que le feu Saint-Elme; mais au lieu que celui-ci se voit sur la mer, les feux follets paroissent sur la terre, particulièrement en automne dans les endroits marécageux, dans les cimetières, etc. Tous les deux doivent leur origine à la même cause, l'électricité. — (M. Moustalon, Le lycée de la jeunesse ou les études réparées, Paris, chez Lebel & Guitel, 3e édition, 1810, tome 2, page 489)
    • Ah ! si nous avions été là, nous autres, de tous ces Allemands qui sont entrés en France pas un ne serait sorti vivant. Nos draks, nos feux follets les auraient conduits dans des fondrières. — (Alphonse Daudet, Les fées de France, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 150)
    • Un tout petit mur entourait le cimetière, assez bas pour que les feux follets, les nuits de sabbat, puissent le sauter sans s’éteindre. — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, pages 32-33)
    • C'est également l'origine des feux follets. Ceux-ci sont faits de flammes fugitives, très légères, qu'on apercevait jadis dans les cimetières et qui alimentaient la superstition et la terreur de ceux qui les observaient. Ces flammes sont dues à la combustion spontanée du phosphure d'hydrogène qui se dégage des cadavres en décomposition dans le sol. — (Georges Charpak & ‎Richard L. Garwin, Feux follets et champignons nucléaires, Odile Jacob, 1997, page 60)
  2. (Par extension) Chose fugace.
    • Ses cheveux blonds étaient plus pâles qu’un reflet,
      Et je l’ai poursuivie ainsi qu’un feu follet.
      Ecoute.. Tu le sais, ô charme de mes heures !
      Les premières amours ne sont pas les meilleures.
      — (Renée Vivien, À l’heure des mains jointes)
  3. (Figuré) Personne vivace, insaisissable, animée comme une flamme.
    • Ah ! ma bien-aimée, entends le terrible, le fatal, l’insolent mot de l’imbécile La Fayette à son maître, à son roi : Il est trop tard ! Ô ! ma vie, ma belle vie ! quel médecin me la rendra ? Je me suis frappée à mort. Hélas ! n’étais-je pas un feu follet de femme destiné à s’éteindre après avoir brillé ? Mes yeux sont deux torrents de larmes, et… je ne peux pleurer que loin de lui… Je le fuis et il me cherche. Mon désespoir est tout intérieur. Dante a oublié mon supplice dans son Enfer. Viens me voir mourir ? — (Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées, A. Houssiaux, 1855, page 189)
    • C’était le plus charmant, le plus fantaisiste, le plus irréel des compagnons, un feu follet assis sur les coussins de la victoria. — (Léon Daudet, ‘’Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux/Salons et Journaux’’, Grasset, 1917, réédition Le Livre de Poche, page 333)

SynonymesModifier

TraductionsModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier