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Voir aussi : FLOT, flôt, flöt

Sommaire

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom 1) (XIIe siècle) De l’ancien bas vieux-francique *flôt (« flux, cours d’eau »), de fluod, « fleuve » ; apparenté à flotte (« radeau ») en suédois, vlot (« radeau ») en néerlandais, fleet (« flotte ») et flood (« inondation ») en anglais, Flotte (« flotte ») en allemand.
Littré[1] tire le mot du latin fluctus, mais l’étymon est germanique[2] et apparenté au latin pluit (« pleuvoir ») ; le \f\ germanique pour \p\ se retrouve dans fief, apparenté au latin pecus.
(Nom 2) (XVIIe siècle) Apparait avec le sens de « houppe de laine employée comme ornement des têtières des chevaux », variante de floc (« touffe de laine »), dialectalement prononcé \flo\.

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
flot flots
\flo\

flot \flo\ masculin Note d’usage : Il est principalement d’usage au pluriel et il s’emploie quelquefois absolument pour désigner la mer, un fleuve, etc.

  1. Masse liquide en mouvement.
    • Des flots de sang.
    • Le sang coulait à flots de sa blessure, il coulait avec abondance.
    • Je me rappelai le vol dans le fameux « pot au noir », le long de la côte de l’Amérique du Sud, où je fus obligé de raser les flots jusqu’à tremper les roues du Nungesser-Coli dans la crête d’une haute vague. — (Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • D’un coup de rasoir, je lui coupai la tête, et le tronc, d’où un flot de sang s’échappait, gigota quelques secondes sur le parquet. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • Il regardait au bas de la falaise la Morava tenter avec peine de faire pénétrer ses eaux vertes dans les flots boueux du Danube. — (Vercors, La Marche à l’étoile, éditions de Minuit, 1943, éd. 1946, p. 20)
    • Mais il a aussi la propriété de diminuer le mouvement des vagues à la surface, ce qui explique l’apaisement des flots dans cette zone qui est une aire de repos pour les bateaux en difficulté. — (Le Petit Futé France 2007, p. 139)
    • Être à flot, se dit d’un navire qui ne touche point le fond, qui est porté par l’eau.
    • Il n’y a pas assez d’eau pour que cette barque puisse être à flot.
    • Remettre à flot.
    • Être à flot, être sorti d’une situation difficile, surtout d’embarras financiers.
    • Mettre ou remettre quelqu’un à flot, lui fournir de quoi se tirer d’affaire.
    • Celui qui met un frein à la fureur des flots,
      Sait aussi des méchants arrêter les complots.
      — (Jean Racine, Athalie, acte I, scène 1)
  2. (Figuré) Masse ; grande quantité.
    • […], le dernier lutteur s'avance au pas de tir; il prononce le mot sacramental, vise rapidement, jette son coup... le pigeon est tombé ! hurrah ! des cris retentissent , des larmes coulent, mais les flots du champagne bien davantage. Le triomphateur est entouré, embrassé, soulevé : beaux louis battant-neuf, belle argenterie mate, et les shakhand des hommes, et le sourire des femmes, tout est à lui. — (« Variétés : La Côte d'Azur », dans le Journal de Monaco, n° 1560 du mardi 26 juin 1888, p. 3)
    • C'est un recueil de ses chroniques théâtrales avec une préface de Courteline. J'y rencontre des pages de maître, noyées exprès dans un flot d'outrance volontaire et préméditée. — (Anatole Claveau, Les snobs, dans Sermons laïques, Paris : Paul Ollendorff, 1898, 3e éd., p.38)
    • D’un bond, Giselle fut debout ; la vie lui revint à flots, elle saisit les deux mains de Léonora. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Mais enfin c’était un flot de luthéranisme qui envahissait l’Angleterre consentante. — (Berthe Gavalda, Les Églises en Grande-Bretagne, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 1959, p. 7)
    • Les Pays-Bas sont sous le choc et les diplomaties européennes embarrassées par le flot d’indignation qui se déverse sur le Qatar, partenaire économique et militaire privilégié. — (Victime de viol, une touriste condamnée, Vosges Matin, 14 juin 2016)
    • Des flots d’encre ont coulé dans ce débat, on a beaucoup écrit pour et contre.
    • Des flots de bile, amères invectives dictées par la colère, l’indignation.
  3. (Figuré) Mouvements important, grande foule en mouvement, multitude.
    • L’aide tient tête à un flot envahissant de jeunes gens résolus, en chapeaux melons et cravates conquérantes, qui brandissent des carnets de notes ou soulèvent des appareils photographiques. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 32 de l’éd. de 1921)
    • Contenir les flots de la multitude irritée.
    • La foule l’entraînait ; un premier flot l’emporta vers l’entrée, un second l’en éloigna.
    • Suivre le flot.
  4. Marée montante, par opposition à jusant, la marée descendante.
    • Le flot et le jusant courant au large, sans interruption, pendant 2 ou 3 heures après la haute ou basse mer sur la côte, circonstance dont il faut soigneusement tenir compte en franchissant les bancs. — (C. B. Matenas, Renseignements nautiques sur les côtes de France, d’Angleterre, d’Écosse, 1851, p. 213)
    • Le flot entre avec beaucoup d’impétuosité dans la Seine.
    • Le flot remonte très loin dans ce fleuve.

Apparentés étymologiquesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
flot flots
\flo\

flot \flo\ masculin

  1. (Équitation) Prix composé d’une cocarde en tissu munie de rubans récompensant les premiers d’un concours équestre.
    • Tout de suite guéri de la misère quand un de ses poulains (...) ou bien qu'une des juments avait remporté un « flot » dans une compétition rurale. — (Jean de La Varende, Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour, 1948)
  2. (Lorraine) Nœud utilisé pour nouer un ruban, pour lacer une chaussure, etc.
    • Nouer un flot dans ses cheveux, défaire le flot de ses lacets de chaussures ou du bolduc noué autour d'un cadeau : rien à voir ici avec un flot tel que la langue française l'entend. — (Hervé Atamaniuk, ‎Marianne Hass & ‎Marielle Rispail, Le Platt lorrain, Guide de conversation, collection Pour les Nuls, Paris : First-Gründ, 2012)

PrononciationModifier

HomophonesModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Voir flot.

Nom commun 1 Modifier

flot \Prononciation ?\ masculin

  1. Flot.
    • Et cil qui deust faire, par semblant, paor es floz de la mer, e les mons faire percier. — (Machab. II, 8, XIIe s.)
    • Al premier flot irad ariere, s'il a vent. — (Thomas le martyr, 124, XIIe s.)
    • Atant esvos torné le vent ; Li vespres ert [était] bien avesprés, Et li flos tost au port montés. — (Fl. et Bl. 1352, XIIIe s.)
    • Tel flot y out de gens qu'on non pout apruichier — (Girart de Ross. V. 1479, XIVe s.)
    • Malgré les flots de la discordable fortune — (Christine de Pisan, Histoire de Charles V, I, 5, XVe s.)

DérivésModifier

Dérivés dans d’autres languesModifier

Nom commun 2Modifier

flot \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de fro.

RéférencesModifier

SlovèneModifier

Forme de nom commun Modifier

flot \Prononciation ?\ féminin

  1. Génitif duel de flota.
  2. Génitif pluriel de flota.