Voir aussi : -génie, genie

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom 1) (1532)[1] Du latin genius (« démon tutélaire qui préside à la conception, génie »)[2]. Le mot apparait pour la première fois, en français, sous la plume de François Rabelais[1]. Le sens de « art de fortifier, corps militaire en charge des fortifications » est dû à l’influence de ingénieur[1] qui lui est apparenté.
(Nom 2) Croisement du précédent avec l’arabe جن, jinn (« esprit, démon »).

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
génie génies
\ʒe.ni\

génie \ʒe.ni\ masculin et féminin identiques

  1. (Mythologie) Esprit ou démon qui, selon les Romains, présidait à certains lieux, à des villes, etc. — Note : Il se dit aussi des gnomes, des sylphes, des ondins et autres personnages fantastiques, qu’on trouve dans les traditions populaires et dans les contes de fées.
    • Quand les temps sont durs et que la souffrance risque de dépasser ses forces de résistance, le paysan ira rendre visite au génie protecteur du village, petit monstre hilare ou grimaçant et barbouillera prudemment ses lèvres gourmandes des restes d’un pot d’opium ? — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, page 20)
  2. Entité magique bonne ou mauvaise ayant une influence sur la destinée.
    • C’est votre bon génie qui vous a inspiré ce dessein.
    • Une génie donc, l’ayant aperçue de nuit, et, pour ne vous rien cacher, en liquette, — dont l’on voyait issir ses pieds roses, — en demeura incendiée d’admiration, et fit part de sa découverte à un génie mâle. — (Paul-Jean Toulet, Béhanzigue, Amiens, 1921, page 64)
  3. (Par extension) Personne qui par ses conseils ou ses exemples influe sur la vie d’une autre.
    • Cet homme fut son mauvais génie.
    • Sa sœur fut son bon génie.
  4. (Familier) Talent inné et exceptionnel d’une personne.
    • Avoir du génie pour les affaires, pour la poésie. Avoir le génie de la peinture, de la musique, etc.
  5. (Par extension) Personne douée d’un talent exceptionnel dans un domaine.
    • Ce joueur d’échec est un génie !
    • John McEnroe est un génie du tennis.
    • Le plus rare génie est toujours en rapport avec les lumières de ses contemporains, et l’on doit calculer, à peu près, de combien la pensée d’un homme peut dépasser les connaissances de son temps. Homère a recueilli les traditions qui existaient lorsqu’il a vécu, et l’histoire de tous les événements principaux était alors très poétique en elle-même. — (Germaine de Staël, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, 1800)
    • Voilà le point central : ce que le clergé littéraire ou intellectuel ne supporte pas, dans sa médiocrité « manquant de force et d’haleine », c’est que la perfection aille directement au public, qu’il y ait donc une alliance naturelle entre le génie et le peuple. — (Philippe Sollers, Éloge de l’infini, Gallimard, page 436)
  6. (Par extension) Qualité des esprits supérieurs qui les rend capables de créer, d’inventer, d’entreprendre des choses extraordinaires, etc.
    • À soixante-douze ans, il avait spéculé sur les cotons, en croyant au génie de Napoléon, sans savoir que le génie est aussi souvent au-dessus qu’au dessous des événements. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les hommes qui ont reçu une éducation primaire ont, en général, la superstition du livre, et ils attribuent facilement du génie aux gens qui occupent beaucoup l'attention du monde lettré ; […]. — (Georges Sorel, Lettre à Daniel Halévy, 15 juillet 1907, dans Réflexions sur la violence, 1908)
    • Le génie de la Résistance, c’est d’avoir su conjoindre, face à une même urgence historique, toutes les forces spirituelles de ce pays. — (Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « Ce qui reste du gaullisme, c’est un sens aigu du social », dans Marianne, 12 juin 2010)
  7. Caractère propre et distinctif.
    • Si tu t’exerces à vivre seulement ce que tu vis, c’est-à-dire le présent, tu pourras vivre tout le temps qui te reste jusqu’à la mort en le passant dans le calme, dans la bienveillance et l’amabilité envers ton génie. — (Paul Guimard, L’Âge de Pierre, Grasset, page 131)
    • Rien n’est plus intéressant que de comparer des
      traductions en vers ; elles révèlent à la fois le
      génie de la langue traduite et celui des langues
      dont se sont servis les traducteurs.
      — (Salomon Reinach, Cornélie, ou Le latin sans pleurs, 1912)
  8. Allégorie, personnification des arts, de la science, de l’industrie, d’une idée abstraite.
    • Le génie de la Liberté.
    • Le génie de la Bastille.
  9. (Militaire) Art de fortifier, d’attaquer, de défendre une place, un camp, un poste.
    • Le génie militaire.
  10. (Par extension) Corps des officiers des soldats qui font l’application de cet art.
    • Le génie est représenté dans l’armée marocaine par un petit corps d’ingénieurs (mohendisîn), dont la fonction principale et à peu près unique est de précéder les corps expéditionnaires et de choisir l’emplacement des campements. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 87)
    • Le génie veut des fortifications partout, non seulement dans l'Est, où le nécessaire est fait, mais jusque sur les côtes. Pourquoi? — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
  11. Domaine de connaissance lié à une technique.
    • Génie mécanique.

DérivésModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

SynonymesModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
génie génies
\ʒe.ni\

génie \ʒe.ni\ masculin

  1. Djinn, esprit bon ou mauvais de la littérature arabe.
    • Au bout de trois jours, sentant ses forces diminuer, il (Aladin) implora Dieu en joignant les mains et ainsi frotta l’anneau que le magicien avait passé à son doigt. Aussitôt un génie à la figure effroyable lui apparut et dit :
      — Que veux-tu, je suis prêt à t’obéir comme ton esclave et l’esclave de tous ceux qui ont l’anneau au doigt !
      — (Albert Robida, Aladin)
  2. Esprit bon ou mauvais de la culture vietnamienne.
    • Dans l’esprit des H’mông, chaque forêt est gérée par un génie. Le culte consacré au génie de la forêt est lié étroitement à la protection des forêts. De plus, ce culte a pour but de solliciter une météo clémente propice à d’abondantes récoltes.
      Les H’mông pratiquent le culte dédié au génie de la forêt au premier jour du Nouvel an lunaire car ils pensent que c’est le jour le plus approprié de l’année.
      — (Le Courrier du Vietnam, Le culte dédié au génie de la forêt, trait culturel original des H’mông, lecourrier.vn, 16 février 2021)

AnagrammesModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

  • génie sur le Dico des Ados  
  • Génie sur l’encyclopédie Wikipédia  
  • génie dans le recueil de citations Wikiquote  

RéférencesModifier