FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

De l'ancien français grater, par un intermédiaire attesté en latin médiéval, cratare, emprunté à l'ancien bas vieux-francique *krattōn « frotter en raclant », qui s'apparente au moyen bas-allemand kratten, à l'allemand kratzen, à l'anglais régional scrat ; → voir kratzen. Du français sont tirés gratar en occitan et espagnol et grattare en italien.

Verbe Modifier

gratter \ɡʁa.te\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se gratter)

  1. Racler pour nettoyer, pour effacer ou pour polir.
    • Gratter une muraille.
    • Gratter des souliers avec un couteau pour en enlever la boue.
    • Gratter un parchemin un papier pour enlever l’écriture.
    • Ce mot a été gratté.
    • Grattez plus fort.
  2. (Par extension) Remuer avec ses ongles.
    • Un mandoliniste grattait son instrument comme dans un café de province où les habitués sont demeurés de mœurs paisibles. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Ses petits-enfants soufflottaient sur le divan ; elle grattait doucement la plante de leurs pieds roses pour améliorer les ris de leurs rêves enfantins. — (Vasiliĭ Aksenov, Recherche d'un genre: première version, traduit du russe (URSS) par Lily Denis, éd. Gallimard, 1979, page 116)
    • — J'en pense qu'une fille qui habite Le Faouët peut très bien faire ses courses à Gourin, si elle travaille quelque part entre les deux communes, voire même à Gourin, répliqua le retraité de sa grosse voix, en grattant sa barbe poivre et sel. — (Bernard Larhant, La Madone du Faouët: Un roman policier en pays breton, Éditions Alain Bargain, 2017, chap. 2)
  3. (Populaire) Doubler, dépasser quelqu’un ou quelque chose.
    • Il m’a gratté au démarrage avec sa nouvelle voiture.
  4. (Populaire) Récupérer ; obtenir.
    • Des gens ne viennent à certains conférences que pour gratter des cadeaux.
  5. (Argot) (Vendée, Bretagne, Normandie, Île-de-France) (Éducation) Tricher à l’aide de gratte lors d’un examen.
  6. (Intransitif) (Argot) Travailler.
    • Comme il avait une poule dans la même boite où que j’grattais, il m’obligeait à partir avec elle le soir en y tenant le bras […]. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Il penche la tête, ça lui donne un air faux jeton, mais c'est la bonne pâte, il assure la tortore, c'est le seul qui gratte. Il dit qu'il est caissier. Si on le cuisine un peu, on apprend qu'il fabrique des caisses en bois dans une usine. — (Jackie Berroyer, « Les Rouvier », dans J'ai beaucoup souffert de ne pas avoir eu de mobylette, Éditions du Cherche Midi, 2013)
  7. (Intransitif) (Figuré) Creuser ou approfondir sa recherche ou son enquête.
    • Y a des gens, au début, ' sont sympas. Mais après, quand on gratte, on voit qu'ils sont pas sympas. — (Stupeflip, Non o gen pasimpa)
    • Je repensais à ses paroles dans le bar, comme quoi il allait falloir gratter profond. Leveaux pris en flag chez le maire pendant son kidnapping... Et quand on gratte profond, Fowler, ça saigne. — (François & Emmanuel Hollman, 2032 - Livre 1: la Société : roman policier, Éditions Publibook, 2014, page 226)
  8. (Pronominal) (En particulier) Passer les ongles ou quelque chose de semblable, un peu fortement et à plusieurs reprises, sur quelque endroit du corps.
    • Il se gratte le front qu’un prurit tenace ne cesse de taquiner, et où fleurissent des taches rougeâtres. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 257)
    • Un cheval qui se gratte contre la muraille.
    • Deux ânes qui se grattent l’un contre l’autre.

DérivésModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier