grippe-sou

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1680) Composé de gripper et de sou → voir grippe-argent.

Nom commun Modifier

(orthographe traditionnelle)
Invariable
Masculin
et féminin
grippe-sou
\ɡʁip.su\
(orthographe rectifiée de 1990)
Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
grippe-sou grippe-sous
\ɡʁip.su\

grippe-sou \ɡʁip.su\ masculin et féminin identiques

  1. (Familier) Celui, celle qui aime les petits gains sordides.
    • Envoyez donc chercher le procureur : il n’a rien à faire, car il se décharge de toute sa besogne sur son substitut Zolotoukha, le premier grippe-sou du monde. — (Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
    • Il va être suivi de plusieurs autres et abordage est bien le mot, car si ce grippe-sou, grippe-meubles, grippe-linge, grippe-bustes, qui voudrait être grippe-tout ne me rend pas ce buste qui me passe si près du cœur, je me servirai de la hache, comme à l’abordage, et je couperai comme un câble, nos relations de famille. — (Jules-Amédée Barbey d’Aurevilly, Lettre à madame de Bouglon, 25 septembre 1872, dans Correspondance générale, tome VII (1866–1875), Annales littéraires de l’Université de Besançon, Paris, 1987, ISBN 2-251-60-352 ISBN invalide)
    • Lisez les Taine, G. Sand ou Thiers d’aujourd'hui : ils s’appellent Fillon ou Macron ; ce sont les mêmes grippe-sou, les mêmes rogne-salaires, les mêmes sue-la-haine. La seule habileté inédite de la bourgeoisie moderne fut de n'avoir même plus eu besoin d'éliminer physiquement l'ouvrier ; […]. — (« Entropie ? », le 18 mars 2017, sur l'onglet Bloc-Notes 2017 du site Palimpsestes.fr (http:/palimpsestes.fr))
  2. (Vieilli) Celui qui était chargé par les rentiers de recevoir leurs rentes, moyennant une légère remise.
    • Grippe-sou, plur. des grippe-sou : des gens d’affaires qui, moyennant le sou pour livre, c’est-à-dire, une très légère remise, reçoivent les rentes. C’est dans le même sens que l’on écrira des pince-maille. Maille, dit l’Académie, était une monnaie au-dessous du denier : Trois sous, deux deniers et maille. Il n’a ni sou ni maille. — Des pince-maille sont des personnes qui pincent, qui ne négligent pas une maille. Ainsi les pince-maille sont de deux ou trois degrés plus ladres, plus avides que les grippe-sou. Par les mêmes raisons que pour gagne-denier, il faut écrire au pluriel des grippe-sous, des pince-mailles. A.L. — (Charles-Pierre Girault-Duvivier et Pierre-Auguste Lemaire, Grammaire des grammaires, tome premier, A. Cotelle, Libraire-Éditeur, Paris, 1863, dix-huitième édition entièrement revue et corrigée)

NotesModifier

Là où l’orthographe traditionnelle admettait grippe-sou et grippe-sous comme deux variantes séparément invariables, la réforme de 1990 en fait un nom à l’accord régulier en nombre. Certaines sources admettaient déjà cette forme avant la réforme (Lemaire, par exemple).

Variantes orthographiquesModifier

SynonymesModifier

Adjectif Modifier

(orthographe traditionnelle)
Invariable
Masculin
et féminin
grippe-sou
\ɡʁip.su\
(orthographe rectifiée de 1990)
Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
grippe-sou grippe-sous
\ɡʁip.su\

grippe-sou \ɡʁip.su\ masculin et féminin identiques

  1. (Familier) Cupide.
    • La grisette joyeuse et se contentant de peu est morte et enterrée, tuée par l’exploitation grippe-sou des grands magasins et des grands ateliers et par la prostitution légale et illégale. — (Paul Lafargue, Sapho, paru dans Le Socialiste, 2 janvier 1886)

NotesModifier

Certaines sources admettaient déjà la forme régulière en nombre de l’adjectif avant la réforme.

SynonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier