Français modifier

Étymologie modifier

(Siècle à préciser) Dérivé de gueule, avec le suffixe -ard.

Adjectif modifier

Singulier Pluriel
Masculin gueulard
\ɡœ.laʁ\

gueulards
\ɡœ.laʁ\
Féminin gueularde
\ɡœ.laʁd\
gueulardes
\ɡœ.laʁd\

gueulard \ɡœ.laʁ\ masculin

  1. (Manège) Cheval qui tient la bouche ouverte pour ne pas recevoir le mors.
    • Cheval gueulard.
  2. (Populaire) Qui donne souvent et facilement de la voix.
    • En rentrant, il allait raconter ça à Courtebaisse, son compagnon de chaîne, un gros rougeaud gueulard, avec qui il s’attrapait pendant leurs sept heures de vie commune. — (Marcel Martinet, La maison à l’abri, 1919)
    • Tandis que je continuais à crier, il dit à Ja..... : « Bon Dieu, qu’il est gueulard ! Foutez-lui un bâillon ! » Roulant ma chemise en boule, Ja..... me l’enfonça dans la bouche et le supplice recommença. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • En ouvrant la fenêtre, il se réappropria en une inspiration la France tout entière : celle de son enfance, accueillante et gueularde, crasseuse et distinguée, fille aînée de l’Église le dimanche, et bouffeuse de curés le lundi. Laïque au lit et religieuse dans ses pâtisseries. — (Olivier Michel, À Dieu la France, NIL éditions, 2010, chapitre 3)
  3. Criard.
    • Elle prit son sac sur le pageot couvert de cretonne gueularde et fila en claquant la porte. — (Alain Demouzon, Mes crimes imparfaits, 1978)
    • Et plus haut, joyeusement gueulards, les chromos de M. Hugo d’Alési groupent quelques mules aux pieds légers dans des montagnes évidemment thermales, installent sur les routes auverpines de grands bœufs blancs tachés de ce que vous savez, et, sous d'obligeants clairs de lune, agenouillent des Bretons échappés du Pardon de Ploërmel aux seuils d'églises dont le roman-gothique tire sur la Renaissance… — (Jean de Tinan, Willy, Maîtresse d’esthètes, 1995)

Nom commun 1 modifier

Singulier Pluriel
gueulard gueulards
\ɡœ.laʁ\

gueulard \ɡœ.laʁ\ masculin (pour une femme, on dit : gueularde)

  1. (Populaire) Personne qui pousse la gourmandise à l’excès.
  2. (Populaire) Personne qui gueule.
    • D’ailleurs, les dissidences s’effacent devant la gravité des événements, et ceux mêmes qu’on a traités de gueulards sont recherchés, à cette heure, par les doctrinaires en quête d’hommes d’action.
      C’est bon, les gueulards, devant les régiments muets et hésitants. Ce sont les indisciplinés qui font plier la discipline.
      — (Jules Vallès, L’Insurgé, G. Charpentier, 1908)
  3. (Marine) Porte-voix dont le tube était extensible à volonté, et qui servait à communiquer d'un bateau à un autre.
    • À une trentaine de mètres du galion, le capitaine du port se tenait près des feux de proue. — Identifiez-vous ! cria-t-il dans un gueulard — Le Bénéfice doré, de Tal Verrar ! répondit quelqu’un au milieu du pont. — — (Scott Lynch, Des horizons rouge sang, tome 2, Éditions Bragelonne, Paris 2014)
  4. Alarme en cas d’effraction.

Dérivés modifier

Traductions modifier

Nom commun 2 modifier

Singulier Pluriel
gueulard gueulards
\ɡœ.laʁ\

gueulard \ɡœ.laʁ\ masculin

 
un gueulard. (sens 1)
  1. (Métallurgie) Ouverture d’un haut fourneau par laquelle on entonne le charbon et le minerai.
    • On laissa descendre le fourneau jusqu'à 7 ou 8 mètres du niveau du gueulard, puis on le remplit, d'abord d'une charge blanche à 4500 kil. de coke mêlé de laitier réfractaire en pierrailles, puis de charges à même dose de coke, 2700 de mine et 600 kil. de laitier. — (F. Bicheroux, « La mise à feu des hauts-fourneaux », dans la Revue Universelle des Mines, de la Métallurgie, des Travaux Publics, des Sciences et des Arts Appliqués à l'Industrie, tome 33, Liège : à la revue & Paris : chez C.Borrani, 1896, p. 205)
  2. (Urbanisme) Bouche d’un égout.
  3. (Boulangerie) Four à bois, pièce en métal par laquelle passe la flamme de chauffe.
    • Les flammes du gueulard et le gros soleil plombant sur le jardin ont laissé dans sa poitrine un feu qui dévore le peu d’air que sa gorge laisse pénétrer à chaque appel désespéré de ses bronches irritées. — (Bernard Clavel, Les Fruits de l’hiver, chapitre 80, Robert Laffont, 1968)
  4. (Art) Buire en forme de casque renversé.
    • Un gueulard en porcelaine.
  5. (Armement) Arme à feu à canon évasé.
    • « A quoi sert ce tuyau que vous avez là ?…
      — Ce tuyau n’est pas un tuyau.
      — Est-ce donc un gueulard ? »
      Et le berger entendait par là une sorte de vieux pistolet à canon évasé.
      « Non, dit le juif, c’est une lunette. »
      — (Jules Verne, Le Château des Carpathes, J. Hetzel et Compagnie, 1892, pages 1-16)

Prononciation modifier

Voir aussi modifier

  • gueulard sur l’encyclopédie Wikipédia  

Références modifier