ingénuité

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XVIe siècle) Du latin ingenuitas (« état d’homme né libre »), par opposition aux esclaves affranchis qui ont été esclaves avant de devenir libres.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
ingénuité ingénuités
\ɛ̃.ʒe.nɥi.te\

ingénuité \ɛ̃.ʒe.nɥi.te\ féminin

  1. (Histoire) (Droit) État d’une personne née libre.
    • Neantmoins en ce Royaume il faut obtenir lettres du Prince, qui a tousjours accoustumé de restituer aux hommes de main-morte, & de servile condition, l’estat d’ingénuité, [...] — (Jean Bodin, Les Six livres de la République, Livre premier, Jacques du Puis, Paris, 1583, pages 61-62)
    • L’ingénuité qui s’acquiert par le port d’un anneau d'or chez les Romains, n’étoit qu’une image & une ombre d’ingénuité : ce droit d’anneau d’or ne changeoit pas l’état de l’esclave, il ne le faisoit pas libre ; mais il faisoit qu’il ressembloit à un homme libre , vivant comme un homme libre, & mourant comme un esclave. — (François de Launay, Commentaire sur les Institutes coutumières de Me Antoine Loisel, Guillaume Cavelier, Paris, 1688, page 132)
  2. Franchise pleine de simplicité et quelquefois mêlée de naïveté.
    • Vue de près, la femme réelle révoltait notre ingénuité ; il fallait qu'elle apparût reine ou déesse, et surtout n'en pas approcher. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Sylvie, 1854)
    • C’était le temps où Alger avait la blancheur des colombes et des ingénuités, où, dans les prunelles de nos mioches, les horizons de la terre venaient se refaire une virginité. — (Yasmina Khadra, Morituri, éditions Baleine, 1997, page 30)
  3. (Théâtre) (Vieilli) (Au pluriel) Rôles de jeune fille naïve. On dit plutôt, aujourd’hui, ingénues.
    • Sa femme, âgée de dix-sept ans, joue les ingénuités et les jeunes premières dans la comédie et les premières amoureuses dans l’opéra. — (Revue nobiliaire, héraldique et biographique, J.B. Dumoulin, Paris, 1866, page 339)
    • Elle avait un talent inimitable dans les ingénuités, un naturel rare ; ses accents naïfs excitaient le rire, sa voix touchante faisait fondre en larmes dans le drame. — (Marceline Desbordes-Valmore, Albums à Pauline, Alphonse Lemerre, Paris, 1921, page 12)
    • Mme Valmore, moins bien douée du côté de la figure que Mlle Mars, avait une voix pleine de charme et de sensibilité. Elle avait aussi joué l’emploi des ingénuités ; mais élevée à l’air libre, n’ayant passé à l’école que le temps d’épeler ses lettres, sa nature naïve n’avait point subi les entraves de l’éducation d’un pensionnat ( j’allais dire l’hypocrisie ). — (La Revue de France, volume 6, Renaissance du livre, Paris, 1927, page 697)

TraductionsModifier

RéférencesModifier