FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin libatio, de libare (« verser, répandre ») ; du grec λιβάς, libas (« goutte »).

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
libation libations
\li.ba.sjɔ̃\
 
Le chef de Bouaké et ses notables effectuant une libation à la cérémonie de la flamme de la paix.

libation \li.ba.sjɔ̃\ féminin

  1. (Antiquité) Action de répandre du vin ou un autre liquide en l’honneur d’une divinité.
    • Qui n’a même reconnu un vestige des anciens cultes païens dans ces libations faites à des fontaines sacrées que leurs propriétés curatives ont rendues célèbres ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • En 1927, au cours d’un voyage en Grèce, me trouvant à Olympie, je ne pus résister au désir d’offrir une libation d’un certain ordre aux ruines du temple de Zeus. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 57.)
    • Au fond du vallon, sur la pierre que le poète appela « Pierre de la Rencontre », eut lieu la cérémonie de l’absinthe. Il avait en effet apporté dans une musette une fiole de ce poison (dixerat pater), une bouteille d’eau, et tout le nécessaire.
      Avant de boire, il versa sur la pierre quelques gouttes du breuvage, en nous informant que c’était une libation de reconnaissance aux Dieux sylvestres ».
      — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, pages 167-168.)
  2. (Antiquité) (Par métonymie) Liquide destiné à cet acte.
  3. (Figuré) (Familier) Beuverie abondante, avec réjouissances.
    • Aussi, le dimanche soir, quand leurs sentimens pour moi avaient été réchauffés par quelques libations, il n’aurait pas fallu venir me chercher querelle ; l’île entière se serait levée comme un seul homme pour défendre M. le docteur. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842)
    • Il est certain que le débauché dissipera son talent, que le buveur le dépensera dans ses libations, sans que l’homme vertueux puisse se donner du talent par une honnête hygiène ; […]. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Pour ne pas se griser, malgré les nombreuses libations inhérentes à des fêtes de ce genre, on garnissait de lierre, bouteilles, lampes et meubles ! — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1895, éd.1923)
    • […], et il était connu à cinq lieues à la ronde pour sa bonté naturelle et aussi (chacun a ses petits défauts) pour son insolence rare et d’ailleurs sans malice, quand les libations trop prolongées l’avaient mis hors de ce qu’il est convenu d’appeler l’état normal. — (Louis Pergaud, Le retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier