Étymologie

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Du latin liberare (« libérer »).

livrer \li.vʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se livrer)

  1. Mettre une chose au pouvoir, en la possession de quelqu’un, selon les conventions faites avec lui.
    • En mars 1978 apparaissait chez les libraires le premier reprint qui, s'il livrait enfin à de nombreux chercheurs le texte intégral, n'en respectait ni la pagination, ni le format. — (Philippe Schrauben, « Introduction », avril 1984, dans La vraie langue celtique et Le Cromleck de Rennes-les-Bains, édition originale : Carcassonne : chez François Pomiès, 1886, réédition : Nice : Éditions Belisane, 1984)
    • Le Secours national livrait aux écoles des gâteaux vitaminés et une pastille rose que les gosses avalaient et qui était censés donner les vitamines nécessaires à la croissance . — (Françoise Wasserman, ‎Juliette Spire, ‎Henri Israël, Fresnes dans la tourmente, 1939-1944, 1995, page 84)
  2. Mettre une personne à la discrétion, au pouvoir de quelqu’un.
    • Livrer un coupable à la justice, entre les mains de la justice.
    • Les tiers, complices par provocation ou assistance, encourent les mêmes peines. En est-il de même, pour les libertins qui se font livrer des mineures ? — (Achille Morin, Journal du droit criminel, ou jurisprudence criminelle de la France, 35e année, Paris, 1863, pages 73-74)
    • En 508, les Francs, conduits par Clovis, vinrent assiéger Arles. L’évêque Césaire (devenu par la suite Saint-Césaire) n’aurait pas demandé mieux que de livrer la ville au roi chrétien. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • (Sens figuré) (Familier) Je vous livre cet homme : je vous réponds qu’il fera ce que vous voudrez, que vous en disposerez comme il vous plaira.
  3. (En particulier) Remettre par trahison une personne, une ville.
    • Livrer son complice.
    • Sûre d’avoir un chef, la conspiration s’étendit bientôt. Biron devait ouvrir la Bourgogne; d’autres complices devaient livrer Marseille; [...] — (Paul-Valentin Dupray de La Mahérie, Le livre rouge : Histoire de l’échafaud en France, Librairie parisienne, Paris, 1863, page 115)
    • Nous n’avions pas livré Metz et Paris, nous autres! — (Clovis Hugues, Sérénade à Louise Michel, dans L’Intransigeant, Paris, 15 janvier 1882)
  4. Engager et mener, en parlant d'une bataille, d'un combat ou d'un assaut.
    • C'est contre sa bigoterie, sa stupidité, la stupidité mesquine des médiocres qui veulent briser les ailes du génie, que Thea Kronborg devra livrer la plus dure des luttes qui la mèneront finalement au succès. — (Albert Baiwir, Le déclin de l'individualisme chez les romanciers américains contemporains, Liège : Faculté de Philosophie et Lettres & Paris : Librairie E. Droz, 1943, page 377)
  5. Donner en proie, exposer à.
    • Livrer une ville au pillage, la livrer à la fureur des soldats.
    • Livrer quelqu’un à la mort.
    • Livrer les voiles au vent.
  6. Confier.
    • Livrer ses secrets à quelqu’un.
    • Il s’était entièrement livré à des gens qui le trahissaient.
    • C’est un homme qui ne se livre pas : c’est un homme très circonspect, très réservé.
  7. (Par extension) Indiquer.
    • Le boîtier ouvert lui avait livré l’état désespérant d'un mécanisme hors d'usage : rouages encrassés, ressort cassé, cette montre était morte, non de maladie mais de vieillesse. — (Jean Pradeau, Tête d'horloge, Paris : chez Henri Lefebvre, 1964, chap. 12)
  8. (Lorraine) (Histoire) Mesurer, en parlant d'un livreur juré.
  9. (Tennis) Lancer une balle de service, servir.
    • C’est au tour d’Arlette de « livrer ». Les balles rapides, légèrement « coupées », rasent le filet et la bande, avec un bond si allongé, un angle si aigu qu’il est impossible de les reprendre. En cinq coups, le jeu est gagné... — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 223)
  10. (Pronominal) (Jeux) Donner imprudemment quelque avantage à son adversaire.
  11. (Pronominal) (Intransitif) S’adonner.
    • Il ne prenait ni café ni liqueurs, et le seul exercice auquel il se livrât, était celui qu’exige le jardinage. — (Honoré de Balzac, Le Député d’Arcis, roman laissé inachevé par Balzac, 1847)
    • Les bourreaux doivent savourer la même omnipotence, se livrer à pareille furie, goûter une égale joie de meurtrir sans remords. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Le nain Ilioucha était parmi eux, hilare, effréné, grotesque, se livrant à un kozatchok endiablé. — (Louis Dumur, Les loups rouges, 1932, page 22)
  12. (Pronominal) Coucher avec un homme, en parlant d’une femme.
    • Il apparaissait qu’elle se livrait aux bergers et buvait de l’eau-de-vie et même de l’esprit-de-vin. — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 1004)

Dérivés

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Traductions

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Traductions à trier
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Prononciation

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Références

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Étymologie

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Du latin liberare.

livrer \liv.rer\

  1. Délivrer.
    • de cel enfern toz los livret, — (Passion du Christ, anonyme, transcription de G. Paris)
      Il les a tous délivrés d’enfer,
  2. Livrer.

Variantes

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Dérivés dans d’autres langues

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Références

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Étymologie

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livrer \Prononciation ?\

  1. Livrer.
  2. Accoucher, donner naissance.