FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1759) De l’allemand lustig (« drôle, amusant, content, gai, joyeux »). À l'origine le mot désignait spécialement le « bouffon attaché aux régiments suisses ».

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
loustic loustics
\lus.tik\

loustic \lus.tik\ masculin

  1. (Désuet) Amuseur attitré d'une compagnie militaire.
    • En expédition le troupier n’est pas à la noce, mais le loustic est le boute-en-train de la compagnie. — (Anonyme, Le roman d’une cuisinière raconté par son sapeur, Guérin, 1866, page 55)
    • Ce Laigrepin était un loustic à froid, terreur des bleus et des naïfs, vivant dans l’éternelle recherche d’une mystification nouvelle, d’une scie inédite à monter, et auquel Vergisson lui-même avait maintes fois servi de tête de turc. — (Georges Courteline, Les Gaîtés de l'escadron. Les Tire-au-cul, Albin Michel, 1904, page 17)
  2. (Par analogie) Amuseur en titre dans un groupe.
    • Gaudissart alla chez le malin de Vouvray, le boute-en-train du bourg, le loustic obligé par son rôle et par sa nature à maintenir son endroit en liesse. — (Honoré de Balzac, L’Illustre Gaudissart, 1832)
  3. (Familier) Celui qui cherche à faire rire par des plaisanteries faciles.
    • Joe bondissant, éclatant en propos burlesques ; il devint promptement le loustic du poste des maîtres, où un cadre lui avait été réservé. — (Jules Verne, Cinq semaines en ballon, J. Hetzel et Cie, Paris, 1863)
    • Un loustic parisien faisait des propositions lascives à la nymphe de marbre qui s’érigeait blanche et nue sur un socle. — (Henry Chantala, Les Folies de la foule, Gimet-Pisseau, 1907, page 47)
    • — Bénoche ! Bénoche ! grommelait l’agent voyer, vous êtes un enfant !
      — Je suis un loustic, répondait Bénoche, en claquant des lèvres, voilà ce que je suis.
      — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 150)
    • Un loustic aux cheveux courts et au regard bleu souffla dans un cornet en piston le début de Soldat lève-toi, mais il se fit vite rappeler à l’ordre et dissimula sa confusion sous un ricanement bref. — (Jacques Bens, Lente sortie de l'ombre, Stock, 1998, page 216)
  4. (Péjoratif) (Familier) Individu en qui l’on n’a pas confiance.
    • Ces loustics prennent l’argent, vont le boire ou le dissiper au jeu et, comme renseignements, ceinture. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • En 1892, Louis Fréchette signait ses Originaux et détraqués, une galerie de personnage populaires. Sans aspirer à la même célébrité, votre anecdotier ne saurait résister à la tentation d'évoquer le souvenir de quelques loustics, hurluberlus et innocents dont certains ont hanté la salle de rédaction du Petit Journal […]. — (Robert Prévost, Mon tour de jardin, Les éditions du Septentrion, 2002, page 84)

Variantes orthographiquesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier