FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Dérivé de lof.

Verbe Modifier

louvoyer \lu.vwa.je\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Marine) Faire plusieurs routes en zigzag au plus près du vent, en lui présentant tantôt un côté du bâtiment, tantôt l’autre.
    • La mer était très grosse et le vent contraire ; il fallut louvoyer. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842)
    • Ne voulant pas louvoyer contre un fort vent debout et une mer dure, je mets à la cape. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Pendant toute la nuit, il louvoie autour de ses filets ou, restant en panne sous le vent, se laisse dériver à côté d'eux. Au petit jour, le relevage se fait à bras. Le poisson est rangé en cale dans des caissettes avec une couche de glace pilée, […]. — (« Éléments historiques relatifs à la pêche au filet » , dans Les filets maillants, coordonné par Gérard Deschamps, Versailles : Éditions Quæ, 2009, page 36)
    • (Aéronautique) — Un vent du sud-ouest se mit à souffler, obligeant le Vaterland à mettre le cap dans cette direction, et lui imprimant un roulis assez fort pendant qu’il louvoyait au-dessus de l’île de Manhattan. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 215 de l’édition de 1921)
  2. (Par analogie) Avancer en zigzaguant.
    • Un grand nombre portaient des masques, dont ils changeaient de temps en temps ; très-peu marchaient droit, presque tous louvoyaient et faisaient des zigzags. — (Abel Dufresne, « Histoire d'un Poëte », chap. 7, dans le Mercure de France, du samedi 23 novembre 1817, en recueil, tome 4, Paris, 1817, p. 357)
    • Toute la nuit, des gens louvoient sous mes fenêtres, vocifèrent, gambadent, font entendre de longs ricanements. […]. Quelle est cette interminable bamboche, cette effrénée descente de la Courtille ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  3. (Figuré) Prendre des détours pour arriver à son but ; éviter de se prononcer.
    • Le mieux était de paraître entrer dans les vues de l’adversaire, d’avoir l’air d’hésiter entre les deux solutions proposées, de louvoyer, d’atermoyer le plus possible, […]. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Oui, en vérité, l'opération débute mal. Il faudra louvoyer. — (Philippe Henriot, Le 6 février, 1934)
    • À ce jour, New Delhi, comme l'ensemble de la « communauté internationale », soutient la création d'un État palestinien indépendant et viable. Mais, au fil des crises qui se succèdent entre Israël et ses voisins, sa diplomatie a appris à louvoyer au mieux de ses intérêts. — (Isabelle Saint-Mézard, « Inde et Israël, des partenaires très discrets », Le Monde diplomatique de novembre 2010)
    • Mais que dit, ou plutôt que fait l'Union européenne ? Elle ergote, ratiocine, tergiverse, louvoie, au point d'accréditer l'idée fâcheuse que, dans cette communauté de 27, il en coûte plus de transgresser les règles de bonne gestion que d'enfreindre celles d'une bonne démocratie. On punit la Grèce mais on ferme les yeux sur la Hongrie. — (Vincent Giret, Salami, dans Libération (journal), n° 9532, 4 janvier 2012, page 3)

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier