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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom commun 1) De l’ancien français meche signifiant (« bande de charpie »).
(Nom commun 2) Sens méridional probablement issu de l’occitan mècha.
(Nom commun 3) Du moyen français maiche (« moyen »), lui-même issu de l’ancien français mege (« moitié », « moyen »), issu du latin medium (« moitié »)[1].

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
mèche mèches
\mɛʃ\
 
La mèche d’une bougie source de lumière. (1 et 2)
 
Une bobine de mèche servant à la mise à feu d’explosif. (1 et 5)
 
La mèche bleue d’un fouet. (9)
 
La mèche rose fluo d’un bonnet. (10)
 
Trois mèches se détachant de la chevelure. (11)
 
Une mèche de cheveux coupée. (11)
 
À droite une mèche de crin de cheval. (12)
À gauche des archets et leurs mèches. (13)
 
Quatre mèches de foreuse servant à percer. (14)

mèche \mɛʃ\ féminin

  1. Assemblage de fils de coton, de chanvre, etc., qu’on utilise pour l’éclairage dans les lampes à huile, à pétrole, à essence, etc.
    • Le « castelet » est aussi très employé, […]. C’est une boîte cubique en fer-blanc à double fond ; celui-ci est rempli d’eau chauffée par une lampe à huile à trois fines mèches de coton […]. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature ; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Sur la table, que la lampe de la suspension illuminait à toute mèche, les pièces démontées du fusil de mon père s’étalaient autour d’une soucoupe pleine d’huile. — (Marcel Pagnol, Le château de ma mère, 1958, collection Le Livre de Poche, pages 195-196)
  2. (En particulier) (Par ellipse) Assemblage de fils tordus que l’on enduit de suif pour faire des chandelles ou que l’on recouvre de cire ou de stéarine pour faire des cierges ou des bougies.
  3. (En particulier) Assemblage de fils de coton tordus et imprégnés de benzine ou d’essence qu’on enflamme au moyen d’une étincelle produite par une pierre spéciale.
  4. (En particulier) (Par ellipse) (Viticulture) Sorte de tresse plate trempée dans du soufre et qu’on introduit enflammée dans les tonneaux pour leur enlever toute mauvaise odeur.
    • Si donc, dans ces conditions, on veut mécher le tonneau, celui-ci ne contenant plus assez d’oxygène dans l'air qu'il renferme, ne pourra entretenir la combustion du soufre, et la mèche s’éteindra dès qu'elle sera introduite. — (Claude Ladrey, L'art de faire le vin, 1863, page 217)
  5. (En particulier) (Par ellipse) (Militaire) Corde faite d’étoupe broyée et sèche, dont les soldats du génie, les mineurs, les carriers se servaient pour mettre le feu à un explosif.
  6. (Figuré) Chose, dessein qui est dissimulé ou secret[2].
    • Oui, il n’y plus a dissimuler, la mèche est éventée : un de mes amis de la commission des vingt-quatre me l’a affirmé, et il a vu les pièces. — (Armand Du Chatellier, La mort de Louis XVI : scènes historiques, de juin 1792 à janvier 1793, Paris, édition Moutardier, 1828, page 295)
  7. (Médecine) Petit rouleau de gaze stérilisée qu’on introduit dans une plaie pour faire séton
  8. (Médecine) (Par extension) Petit tube de caoutchouc stérilisé faisant le même office.
  9. Bout de ficelle attaché à l’extrémité d’un fouet.
    • La mèche de votre fouet est usée.
  10. Houppette d’un bonnet de coton.
    • Casque à mèche.
  11. (Par ellipse) (Coiffure) Pincée, touffe de cheveux séparée, visuellement ou réellement, du reste de la chevelure.
    • […], il s’enlumina la trogne à la manière d’un clown ou plutôt d’un ivrogne, avant de rabattre sur son front une longue mèche de cheveux. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Sa tenue noire assortie à ses mèches ébouriffées lui conférait toujours cette allure rock’n’roll dépassée. — (Blandine P. Martin, Eden, tome 2 : Les Fantômes du Nord, Éditions Emma/Milady, 2017, chap. 12)
  12. (Par extension) Touffe de filaments en vrac qui n’est pas tressé ou filé.
  13. (Par ellipse) (Musique) Crin utilisé dans un archet pour frotter les cordes de certains instruments de musique.
  14. (Par extension) (Mécanique) Outil de fer ou d’acier de certains outils servant à percer, perforer.
    • La mèche d’un tire-bouchon, d’un vilebrequin.
  15. (Marine) Axe plus ou moins vertical du gouvernail d'un navire
    • Le gouvernail est constitué d’une surface plane, appelée safran, solidaire d’un axe plus ou moins vertical, la mèche. — (Dominique Paulet et Dominique Presles, Architecture navale, 1998, page 24)

SynonymesModifier

Quasi-synonymesModifier

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

  •   mèche figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : bateau.

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier
mèche
\mɛʃ\

mèche \mɛʃ\ féminin au singulier uniquement

  1. (Familier) (Sud-Ouest de la France) La morve qui coule du nez.
    • Maîtresse, j’ai la mèche, je peux prendre un mouchoir ?

TraductionsModifier

Nom commun 3Modifier

Singulier
mèche
\mɛʃ\

mèche \mɛʃ\ féminin au singulier uniquement

  1. (Argot des voleurs) (Vieilli) Le demi, la moitié d’une chose, d’une heure, d’une somme dans l’argot des voleurs[3][2].
    • — Quel blot, qu’on raque le papelard ?
      — Laranque et mèche, pour solir un rond, ça fait la culbute quoi.
      — (Napoléon Hayard, Dictionnaire Argot-Français, Paris, La Maison Hayard, 1907, page 40)
    • — Qu'est-ce que t'affure sur ton bobino ?
      Mèche et méchillon.
      — (Napoléon Hayard, Dictionnaire Argot-Français, Paris, La Maison Hayard, 1907, page 38)
  2. (En particulier) (Argot des voleurs) (Vieilli) Une demi-heure, et demi[3][2]. Note : Une erreur dans un dictionnaire lui attribue le sens de quart, voir la note plus bas.
    • — Une plombe et mèche de poireau ! Pas un laune alentoire… j’vois qu’tringle comme pante, et la neuille qui s’débine !… — (Napoléon Hayard, Dictionnaire Argot-Français, Paris, La Maison Hayard, 1907, page 8)
  3. (Argot) (Vieilli) Un moyen, une possibilité, une manière de faire quelque chose afin d’obtenir un résultat dans l’argot des voleurs[3][2].
    • Nib ! Y a pas mèche.
    • Gy, il y a mèche.
  4. (Argot des typographes) (Vieilli) Un travail, de l’ouvrage[2].

NotesModifier

Selon un article de Paul Masson dans le n°678 de L’Intermédiaire des chercheurs et curieux de janvier 1895, ce serait par inadvertance que Lorédan Larchey donne le sens de « quart » à l’emploi argotique du mot mèche[1] dans cet exemple :
  • Entrave trois bombes et une mèche qui crossent, entends trois heures et quart qui sonnent. — (Lorédan Larchey, Nouveau supplément du Dictionnaire d’argot, Paris, Dentu, 1889, page 94)
Cette erreur sera reprise par d’autres dictionnaires d’argot[3]. Cependant l’usage de « méchillon » dans ce sens ne fait aucun doute.

SynonymesModifier

Quasi-synonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

Forme de verbe Modifier

Voir la conjugaison du verbe mécher
Indicatif Présent je mèche
il/elle/on mèche
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je mèche
qu’il/elle/on mèche
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
mèche

mèche \mɛʃ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de mécher.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de mécher.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de mécher.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de mécher.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de mécher.

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

Voir aussiModifier

  • mèche sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

  1. a et b Paul Masson, L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, Paris, B. Duprat, année 1895, 1er semestre, page 53 [lire en ligne]
  2. a b c d et e Alfred Delveau, Dictionnaire de la Langue Verte, E. Dentu, Paris, 1866 2e édition, page 306 (→ consulter cet ouvrage)
  3. a b c et d Léon HayardDictionnaire Argot-Français, L. Hayard, Paris, 1907, page 26 → consulter cet ouvrage