Étymologie

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Du latin peroratio (« fin d’un discours », « long discours ») dérivé de peroro (« finir de parler »), de oro (« prier, parler »).

Nom commun

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Singulier Pluriel
péroraison péroraisons
\pe.ʁɔ.ʁɛ.zɔ̃\

péroraison \pe.ʁɔ.ʁɛ.zɔ̃\ féminin

  1. (Rhétorique) Conclusion d’un discours d’apparat, d’une harangue, d’un plaidoyer, d’un sermon.
    • Ayant terminé son discours, Scapin tambourina si furieusement, par manière de péroraison, que les vitres de l’église en tremblèrent dans leur réseau de plomb et que plusieurs chiens s’enfuirent en hurlant, plus effrayés que s’ils eussent eu des poêlons d’airain attachés à la queue. — (Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse, 1863)
    • Cependant, la conférence s’achevait. Monseigneur Martha, dans une chaude péroraison, qui évoquait la basilique du Sacré-Cœur, là-haut, sur le mont sacré des Martyrs, dominant Paris du symbole sauveur de la croix, montrait ce grand Paris redevenu chrétien, maître du monde, grâce à la toute-puissance morale que lui donnait le divin souffle de l’esprit nouveau. — (Émile Zola, Les Trois Villes : Paris, 1897)
    • Me Demange achève sa plaidoirie, dont la péroraison très sobre, très courte, mais puissante par la chaleur de l’accent et de l’élévation de la pensée, touche visiblement le cœur des juges : […]. — (Maurice Paléologue, Journal de l'Affaire Dreyfus 1894-1899 : L'affaire Dreyfus et le Quai d'Orsay, Paris : Librairie Plon, 1955, page 260)
    • Il s’interrompit un instant, puis haussa à nouveau le ton pour sa péroraison. — (Ken Follett, La Chute des géants - Le siècle 1, page 995, traduction J.-D. Brèque, O. Demange, N. Gouyé-Guibert, V. Mikhalkov, 2010, Robert Laffont)
    • Regardons-le un instant manier l’anaphore ; nous ne citerons pas en entier sa magnifique péroraison du Discours à la Jeunesse qu'ont apprise par cœur deux générations de socialistes. En deux pages, sans nous lasser un instant, il nous donne une définition du courage […]. — (Michel Launay, Jaurès orateur ou L'oiseau rare, chap. « Structures, mouvements et rythmes », §. 1, Paris : Jean-Paul Rocher éditeur, 2000)
    • Ayant ainsi neutralisé chez l’autre la possibilité de préjuger, l’orateur va dénier la possiblité de parler d’« asssassinat », réutilisant, pour conclure, cette étape de sa prise de parole (il s’agit techniquement d’une péroraison), le recours à la peur et à l’autorité. — (Philippe Breton, La parole manipulée, La Découverte / Poche, 2000, page 135)
  2. (Par extension) (Littéraire) Conclusion.
    • Et maintenant, cher père, il me faut vous quitter pour vous procurer la distraction de me lire plus vite. Quoi vous dire en péroraison? — (Marcelle Gauvreau, Lettre à Marie-Victorin, 21 septembre 1941, dans Lettres au frère Marie-Victorin, éditions Boréal, Montréal, 2019, page 221)
  3. (Musique) Conclusion d’une symphonie.
    • Douze hommes vêtus comme des facteurs soufflaient dans des cuivres. Le hall gémissait de leur violence. Mais la péroraison de l’hymne éclata. Et il y eut soudain un silence stupide. — (Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 70)
    • La péroraison doit être frappante.

Apparentés étymologiques

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Traductions

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Prononciation

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Anagrammes

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Voir aussi

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