FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1120) Déverbal sans suffixe de pleurer.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
pleur pleurs
\plœʁ\
 
Une petite fille en pleurs.

pleur \plœʁ\ masculinNote : Il est peu usité au singulier

  1. Action de pleurer, écoulement de larmes, larmes.
    • […]: la belle Heleine se mist à plourer tendrement : tellement que les ruisseaulx de ses larmes tomboient en grande habondance […]. La cause de son pleur venoit ou pour iuste douleur & remors de conscience de son crime detestable de sa chastete brisee, & dissolution de son mariage legitime […]. — (Le Second livre des illustrations de Gaulle, & Singularitez De Troye […], attribué à Jean Lemaire de Belges, Paris , 1512, réed. 1548, chap. VIII)
    • La rentrée d'Émilien avec son bras amputé m'a re-ému et j'ai versé un pleur sur la dernière page, au portrait de la marquise de Franqueville. — (Flaubert, Corresp., 1872, page 453)
    • D'où cette chape mortifère sous laquelle j'ai vécu, tremblé, pendant des mois sans un cri (sauf à l'infirmerie) sans un pleur (sauf en cachette) et sans pouvoir m'en plaindre à qui que ce soit - à Élise moins qu'à tout autre, qui m'avait placée là pour mon bien : […]. — (Vera Feyder, Un manteau de trous, Bruxelles : Éditions le Grand miroir, 2007, page 23)
    • Le bébé pleure parfois après avoir beaucoup joué, […]. Son pleur est alors l’expression de sa saturation. Il a besoin de calme. Pas la peine d'en rajouter en faisant les marionnettes ou en l'emmenant en balade. — (Natacha Guilbert & Alain Benoit, Le dico des parents : Tout savoir sur le bébé de 0 à 3 ans, sous la direction de Véronique Mougin, Paris : Éditions Kero, 2014)
    • Et comme fond la neige aux premieres chaleurs,
      Elle se fondit toute à l'ardeur de ses pleurs.
      — (La Semaine, ou création du monde du sieur Christofle de Gamon, contre celle de du Bartas, Troisieme iour de la semaine, Genève : par Gédéon Petit, 1609, page 86)
    • Keleni avait déjà vu ce calme sur le visage de sa mère […]. Dans son testament dicté à la cuisine, elle lui avait légué une règle de vie : apprendre à réguler le volume de ses pleurs et l'écoulement de ses larmes : «fille, notre vie s'arrête en même temps que nos larmes ! ». — (Ibrahima Aya, Rires et pleurs des orphelins, Paris : Ed. de l'Harmattan, 2011, page 15)
  2. (Poétique) Lamentation.
    • Soudain ma voix renaît, mon soupir chante encore,
      Mon pleur, comme au matin, s'échappe harmonieux,
      Et tout parlant d'ennuis qu'il vaut mieux qu'on dévore,
      Le désir me reprend de les conter aux cieux.
      — (Charles-Augustin Sainte-Beuve, « A Alfred de Musset : Réponse », dans les Œuvres de Sainte-Beuve: Pensées d'août, 3e éd., Bruxelles : à la Société belge de librairie, 1838, p. 195)
  3. Cri du goéland.
    • Alors que le groupe s'éloignait résolument de la côte, Nekho entendit le pleur d'un goéland dans leur dos. — (M.I.A., Les Affligés, tome 2 : Désolation, Éditions Hélène Jacob (collection Fantasy), 2016, chap. 6)
    • Il fait nuit, mais grâce aux flammes des réverbères, elle peut contempler le spectacle des bateaux. Le vent cogne les voiles et, au loin, elle perçoit le pleur d'un goéland. — (Frédéric Pommier, Suzanne, Éditions des Équateurs, 2018, chap. « 1932 »)
  4. (Figuré) (Au pluriel) Sève qui s’échappe des bourgeons, particulièrement ceux de la vigne.
    • Dans les maladies de la classe des écoulemens, on remarque l’hémorragie, les pleurs des bourgeons et le mielat. — (Joseph Odolant-Desnos, Traité de la culture des pommiers et poiriers, et de la fabrication du cidre et du poiré, Paris : chez Rousselon, 1829, page 76)
    • On a étudié les phytohormones endogènes : gibbérélines, auxines indoliques et citochinines contenues dans les pleurs des bourgeons de deux variétés de vignes : celle à raisin de table à pépins Bolgar, et celle à raisin de table apyrène Kichmich-Hichbrau. — (Bulletin de l'O.I.V., vol. 48, Office international de la vigne et du vin, 1975, page 370)

NotesModifier

Léon Rivière, dans son Traité de l'analyse littéraire, Paris : chez L. Hachette & Cie, 1848, p. 112, écrit :
« Faire un pleur est un néologisme qui ne nous semble pas heureux. On ne dit pas faire une larme, ni faire un pleur; cela n'est pas français. Pleur ne s’emploie pas au singulier: Pleur éternel appartient à Bossuet; mais Bossuet l‘a employé dans le sens de lamentation (Oraison funèbre d’Anne de Gonzague) :[…]. »

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

  • pleur sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier