FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Pavot) (XVIIe siècle) De l’ancien français poncel (« pavot »), lui-même de paon → voir pavot.
(Petit pont) (1549) De l’ancien français poncel (« petit pont ») issu du latin populaire *ponticellus → voir ponticello.

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
ponceau ponceaux
\pɔ̃.so\

ponceau \pɔ̃.so\ masculin

  1. Pavot sauvage de la couleur du coquelicot.
  2. Couleur du coquelicot.
    • Deux encenseurs se retournaient à chaque pas vers le Saint-Sacrement, que portait, sous un dais de velours ponceau tenu par quatre fabriciens, M. le curé, dans sa belle chasuble. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Un cœur simple, 1877)
    • Elle était vêtue d'une tunique ponceau, soutachée de broderies géorgiennes. — (Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 61)
    • Quel sociologue appréciera le ferme flou des dernières démocraties qui auront lutté contre l’angoisse ambiante par le ponceau d’un spencer ou le jacquard d’un pull-over ? — (Pierre Daninos, Made in France, Julliard, 1977)
    • Si le Teinturier n’a pas le soin de désaviver les couleurs fines en saffrano, dans lesquelles il entre du jus de citron, comme dans le ponceau, le cerise, toute sorte de rose, nacarat, isabelle, chamois vif, jamais la moëre ne prendra bien, ainsi que sur le noir, si on ne recommande au Teinturier qu’il soit extrêmement lavé, plutôt à quatre Battures qu’à deux. — (Joubert de l’Hiberderie, Le dessinateur, pour les fabriques d’étoffes d’or, d’argent et de soie, 1765, pages 64-65)
  3. Colorant servant à teindre en rouge.

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
ponceau ponceaux
\pɔ̃.so\

ponceau \pɔ̃.so\ masculin

  1. (Architecture) Ouvrage voûté à une seule arche.
  2. (En particulier) Petit pont d’une seule travée.
    • Il parcourait tous les jours les rues de son village, regardait sous les ponceaux, les passerelles ; et tout ce qui lui tombait sous la main -[…]- il l'emportait chez lui, […]. — (Nicolas Gogol, Les âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
    • Des ponceaux, fermés de claires-voies, relient entre elles ces îles plates, immenses tapis de billard, entourés de bandes d’eau, où les animaux disséminés représentent assez bien les billes. — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, page 143)
    • Ils auront franchi le ponceau de la grève, répondit l’ingénieur, que l’un de nous aura oublié de refermer. — (Jules Verne, L’Île mystérieuse, Jules Hetzel et Cie, 1875, pages 323-334)
  3. (Spécialement) (Québec) Petit pont construit par la pose d’une buse dans un fossé de manière à permettre le passage des véhicules ou des piétons entre la route et le terrain adjacent sans empêcher l’écoulement de l’eau en-dessous. Note : Parfois appelé calvette au Québec.
    • À midi nous traversons l’ancienne autoroute. Nous n'approchons même pas le macadam fissuré, nous empruntons le ponceau en tôle ondulée qui passe en dessous, à sec depuis qu’une inondation l’a nettoyé et dévié le cours de la rivière qui le contourne à présent. — (Peter Heller, La Constellation du Chien, 2012, Actes Sud - BABEL, 2015, traduction de Céline Leroy, pages 135-136)
  4. (Canada) Cylindre de béton ou de métal de grande taille servant à construire un tel ouvrage.

DérivésModifier

TraductionsModifier

Adjectif Modifier

ponceau \pɔ̃.so\ invariable

  1. De la couleur rouge du coquelicot. #C60800
    • La cérémonie commença, il faisait chaud. Pas d’air sous la tente… il y avait de grosses dames cramoisies qui sommeillaient à l’ombre de leurs marabouts, et des messieurs chauves qui s’épongeaient la tête avec des foulards ponceau. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, page 68)
    • Lui s’était relevé, le pauvre homme ! tenant le capuchon — un capuchon de satin ponceau, mais moins ponceau que son visage, et qu’il avait, au risque d’une apoplexie, repêché sous les petits bancs, comme il avait pu… — (Jules Barbey d'Aurevilly, Le Rideau cramoisi, 1874, réédition Gallimard, collection Folio Classique, page 59)
    • Et, chose qu'il n'avait faite pour personne, pas même pour monsieur le curé, il boucla aux oreilles de la rossinante des rubans ponceau. — (Rodolphe Girard, Marie Calumet, Montréal, 1904, ch. XVI)
    • Il devient ponceau de joie et proteste avec une modestie enchantée. — (Willy [Henry Gauthier-Villars] et Colette, Claudine à l’école, Le Livre de Poche, 1900, page 39)
    • Rien n’y manque : le photographe n'a oublié ni le tapis de velours ponceau et les livres dorés sur tranches, ni le fauteuil vaguement Renaissance agrémenté de punaises en cuivre et lourdement capitonné. — (Pierre Froger, Autrefois… chez nous : Livre de raison d’une Famille de l’Ouest, Angers : chez H. Siraudeau & Cie, 1950, page 89)

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

Nom commun Modifier

ponceau \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de poncel.
    • Que nulz n'achate oes [oies] que en la place ou es champs qui sont entre le ponceau du Roulle du pont de Chaillouau jusques aus faubours de Paris. — (Livre des métiers)

RéférencesModifier