Étymologie

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De pour, de et vrai.

Locution adverbiale

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pour de vrai \puʁ də vʁɛ\

  1. (Familier) Réellement.
    • La chose comme une motte sur la branche du bas n’est pas un oiseau. C’est de la mousse qui poussait là, parce que les Bois Sauvages étaient si mouillés. Au-dessous de l’image pour de vrai, il y en a une autre de la Caverne commode où l’Homme et la Femme s’installèrent après la venue du Bébé. C’était la Caverne d’été, et ils plantèrent de l’orge devant. — (Rudyard Kipling, Le Chat qui s’en va tout seul, Librairie Ch. Delagrave, 1903, page 172)
    • — Et vous avez couru derrière lui comme un petit chieng ? dit encore le patron.
      — Oh ! non, répondit Duretour. Quand j’ai vu qu’il partait pour de vrai, j’ai perdu la tête et j’ai crié : « Au voleur ! »
      Personne n’avait envie de rire. On pensait à Sandrine et au travail pressé, et Duretour n’osa pas dire la fin de son histoire.
      — (Marguerite Audoux, L’Atelier de Marie-Claire (1920), Eugène Fasquelle, 1921, page 27)
  2. (Familier) Sans simuler.
    • Et lui, tout surpris, reste là, se demandant si c’est pour rire ou pour de vrai, s’il doit s’asseoir ou demeurer debout. — « C’est pour de vrai, monsieur ; le peuple souverain ne rit pas. Choisissez-en bien vite une autre couche ou résignez-vous à vous asseoir. » — (Guy de Maupassant, Va t’asseoir !, Le Gaulois, 1881, page 8)
    • Voilà. En lisant ces détails, la stupéfaction vous saisit. Et ils étaient émus, ces gens, émus pour de vrai ; et des femmes pleuraient de vraies larmes. Je parierais que certaines ont prié, qu’elles ont eu des pensées patriotiques, associant au retour de cette aimable actrice des idées de gloire nationale, de grandeur républicaine, voire de revanche ? Qui sait, il y en a peut-être qui ont émis le vœu secret de voir Sarah Bernhardt épouser M. Gambetta !!! Tout est possible, vous dis-je, tant est terrible la contagion de l’enthousiasme niais. — (Guy de Maupassant, Enthousiasme et Cabotinage, Le Gaulois, 1881, page 8)
    • — Je n’aime pas ces histoires, dit-elle : ce sont des jeux de garçon. Il va faire nuit. Si nous jouions à des contes : nous aurions peur pour de vrai.
      Pour de vrai ?
      — Tiens, crois-tu donc que la maison de l’Ogre, avec ses longues dents, ne vient pas tous les soirs au fond du bois ?
      — (Marcel Schwob, Le Livre de Monelle, Mercure de France, 1895)
    • — Ta fiancée… Tu as raison : cela au moins aura été vrai. J’aurai été ta fiancée « pour de vrai » comme disent les enfants.
      Je lui demandai si cette nuit elle n’avait pas été ma femme « pour de vrai ».
      — (François Mauriac, Un adolescent d’autrefois, Flammarion, 1969, page 188)

Variantes

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Synonymes

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Antonymes

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Traductions

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