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Sommaire

LatinModifier

ÉtymologieModifier

Le Dictionnaire étymologique latin [1] explique :
L'orthographe de quattuor est ancienne. Ce nom de nombre a perdu la désinence mais il a dû y avoir un temps où le masculin et le féminin faisaient *quatuores et le neutre *quatuoria (→ voir tres) ; Festus nous a confirmé la forme neutre en osque de petora. L’u \w\ a une double nature, il est tantôt semi-voyelle et tantôt semi-consonne : on a eu quăttor et quattuor par une confusion entre les deux mêmes quatuor. Quartus est probablement pour *quater-tus.
Dans quadra-ginta, quadru-plex, quadra, etc., le \t\ s’est affaibli en \d\ sous l’influence de \r\.
Le sanscrit चतुर् catur, le grec ancien τέσσαρες, téssares, le gotique 𐍆𐌹𐌳𐍅𐍉𐍂 fidwōr, l’allemand vier, l’anglais four, l’irlandais ceathair, le gallois pedwar, le russe четыре, le tchèque čtyři sont différentes formes, bien qu’aujourd’hui écartées l’une de l’autre qui dérivent d’un seul et même type primitif, l’indo-européen commun *kʷetwóres. Voyez le nombre quinque et le pronom quis, lesquels présentent des variations semblables du radical indo-européen commun.
Il y a en latin une conjonction enclitique -que signifiant « et », on la retrouve par exemple dans ac (pour at-que), nec (pour ne-que), ita-que.
Après un chapitre passablement long sur la comparaison de la particule enclitique -que dans les différentes langues italiques, le sanskrit et le gotique, le Dictionnaire étymologique latin, sans conclure, laisse au lecteur la possibilité de penser par lui-même à une possible construction de quattuor en une sorte de « 1 + 3 » : *<un>quetres  [2].

Adjectif numéral Modifier

 
« et quattuor facies uni et quattuor pinnae uni », Ezechiel.

quattŭor \ˈkʷat.tu.or\ indéclinable

  1. Quatre.
    • Rogationem ergo promulgarunt ut, cum quattuor augures, quattuor pontifices ea tempestate essent placeretque augeri sacerdotum numerum, quattuor pontifices, quinque augures, de plebe omnes, adlegerentur.
      Quemadmodum ad 'quattuor' augurum numerum nisi morte duorum id redigi collegium potuerit, non inuenio, cum inter augures constet imparem numerum debere esse, ut tres antiquae tribus, Ramnes, Titienses, Luceres, suum quaeque augurem habeant aut, si pluribus sit opus, pari inter se numero sacerdotes multiplicent; sicut multiplicati sunt cum ad 'quattuor' quinque adiecti nouem numerum, ut terni in singulas essent, expleuerunt. Tite-Live, Ab Urbe Condita, X. 6.
      Ils affichèrent donc un projet de loi décidant - comme il y avait à cette époque quatre augures, quatre pontifes, et qu'on voulait augmenter le nombre des prêtres - de leur adjoindre quatre pontifes et cinq augures, tous plébéiens. Comment le collège des augures avait-il pu être réduit au nombre de quatre, sinon par la mort de deux de ses membres, je ne le vois pas, quand c'est un fait établi pour les augures que leur nombre doit être impair, afin que les trois tribus anciennes, les Ramnes, les Titienses et les Lucères, aient chacune son augure, ou, s'il en faut davantage, qu'elles multiplient également entre elles le nombre de leurs prêtres, comme il fut multiplié quand, en en ajoutant cinq aux quatre anciens, on atteignit le nombre de neuf, de façon qu'il y en eût trois par tribu.
    • et vidi et ecce ventus turbinis veniebat ab aquilone et nubes magna et ignis involvens et splendor in circuitu eius et de medio eius quasi species electri id est de medio ignis
      et ex medio eorum similitudo quattuor animalium et hic aspectus eorum similitudo hominis in eis
      et quattuor facies uni et quattuor pinnae uni.
      Vulgata, Ezechiel, I.4-6
      Je regardai, et voici, il vint du septentrion un vent impétueux, une grosse nuée, et une gerbe de feu, qui répandait de tous côtés une lumière éclatante, au centre de laquelle brillait comme de l’airain poli, sortant du milieu du feu.
      Au centre encore, apparaissaient quatre animaux, dont l’aspect avait une ressemblance humaine.
      Chacun d’eux avait quatre faces, et chacun avait quatre ailes.

VariantesModifier

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier


Dérivés dans d’autres languesModifier

RéférencesModifier

  • [1] Tiré, avec de légères modifications, de : Michel Bréal et Anatole BaillyDictionnaire étymologique latin, Hachette, Paris, 1885 → consulter cet ouvrage.
  • [2] Construction conjecturée par John D. Barrow, dans Pi in the sky: Counting, Thinking, and Being, fascinant ouvrage consacré à la construction sémantique des chiffres dans les langues du Monde, la création des systèmes de numérotation binaire, décimal, vigésimal, sexagésimal, etc., et des concepts mathématiques.
  • « quattuor », dans Félix GaffiotDictionnaire latin français, Hachette, 1934 → consulter cet ouvrage