FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom commun 1) (1749)[1] De l’allemand Knödel qui a à peu près le même sens à l’origine : boulette de pâte, de pomme de terre, de pain rassis. C’était le plat du pauvre, l’équivalent du pain perdu.
(Nom commun 2) (Fin des années 2000) Geste ainsi nommé par l’humoriste Dieudonné M'bala M'bala probablement par analogie de forme avec un pénis, comme jeu de mots par proximité phonique avec queue. Voir aussi Wikipédia.

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
quenelle quenelles
\kə.nɛl\
 
Une quenelle de brochet sauce Nantua.
 
Comment former une quenelle. (sens 1 et 2)

quenelle \kə.nɛl\ féminin

  1. (Cuisine) Boulette de composition variée et de forme généralement allongée, faite à base de pain ou de farine, relevée de viande ou de poisson, cuite à l’eau et qui grossit à la cuisson.
    • De toutes les quenelles de viande et de poisson, c’est la quenelle de brochet qui est la plus employée. Elle remplace les quenelles de viande dans beaucoup de mets. — (Philippe Cauderlier, L’économie culinaire, 1861, page 67)
    • Telcide a retenu la première cuisinière de la ville, Mélanie, « celle qu’on paie trois francs pour la journée, mais qui prépare elle-même ses quenelles ». — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 303.)
    • La quenelle lyonnaise apparaît probablement au milieu du XIXe siècle, alors que les brochets abondent dans la Saône et que l’idée vient à un maître-pâtissier, Charles Morateur, d’incorporer la chair de ce poisson à une simple pâte à choux. — (Anthony Serex, Dictionnaire de Lyon (avec cartes et photos), éd. Petit Futé, 2012)
  2. (Cuisine) (Par analogie) Petit boudin d’une préparation (crème, mousse, purée, glace, etc.) formé en utilisant deux cuillères à soupe.
    • Sortez le moule du four, laissez-le refroidir sur une grille, puis recouvrez-le avec votre plat de présentation, retournez le tout de l’envers vers l’endroit pour démouler la tarte, laissez tiédir, et dégustez encore tiède avec une quenelle de crème fraîche ou une boule de glace vanille. — (Tarte Tatin facile minute, www.cuisineaz.com)
    • Pour réaliser ces quenelles de purée, deux cuillères à soupe sont nécessaires. — (Je fais des quenelles de purée par Thierry Molinengo, photo.cuisineactuelle.fr)

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

  quenelle figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : quenelle, farine, pain.

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
quenelle quenelles
\kə.nɛl\

quenelle \kə.nɛl\ féminin

  1. (Néologisme) (France) Sorte de bras d’honneur consistant à placer sa main ouverte sur le haut du bras opposé et tendu vers le bas.
    • Bras d’honneur « bien profond dans le cul du système » pour ses ouailles ou ersatz de salut nazi à peine déguisé pour ses détracteurs, la « quenelle » de Dieudonné est à la fois un signe de ralliement et un message subliminal. — (Libération, Guillaume Gendron, Les « quenelles » de Dieudonné laissent un sale goût, 12 septembre 2013)
    • Pour mémoire, cette posture adoptée en public par l’humoriste date de sa campagne de 2009 en région parisienne pour les élections européennes. En ce temps-là, il faisait partie d’une liste ouvertement baptisée « Liste antisioniste » en compagnie du penseur d’extrême droite Alain Soral. […] Le même Alain Soral s’est d’ailleurs récemment illustré en se faisant photographier au mémorial de la Shoah berlinois, en mode quenelle. — (Sébastien Catroux, Tony Parker : la quenelle qui fait tache, 2 octobre 2013, www.vsd.fr)
    • Pour certains archéologues de la quenelle, c’est dans un sketch sur les mammifères lors de son spectacle intitulé 1905 et joué en 2005 que, pour la première fois, Dieudonné M’bala M’bala a effectué ce geste. — (“« Quenelle », comment un geste antisémite est devenu un emblème”, Le Monde.fr, 11 décembre 2013)

NotesModifier

Le bras d’honneur est revendiqué par certains comme un simple geste à visée subversive censé marquer l’opposition au pouvoir des gens en place et comme signe de soutien muet et goguenard à l’humoriste Dieudonné.[2][3][4]. Pour d’autres, il s’agit d’un salut antisémite, voire fachiste. Il conviendra donc de situer son usage dans le contexte du discours, du texte, du slogan, etc.

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

  • quenelle sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

SourcesModifier

  1. Menon, La science du maître d'hôtel cuisinier, Paulus-Du-Mesnil, Paris, 1749 (recette de la quenelle de poularde, pages 148-149)
  2. Dieudonné définissant le geste : « Glisser une petite quenelle, c’est une sorte de bras d’honneur au système avec une dimension, heu … dans le cul, quoi ; carotte dans le cul. […] Puis, il y a une première évolution où j’ai repris le geste durant la campagne de la liste antisioniste aux élections européennes de 2009. Ce n’était pas un signe de ralliement des antisionistes à ce moment-là, mais disons que c’était une virgule supplémentaire dans cette démarche antisioniste », Dieudonné : « Je veux aller en prison », Femmes de chambre, 31 décembre 2013.
  3. Libération, Dieudonné fait parader sa troupe « antisioniste », 9 Mai 2009
  4. L’association www.france-palestine.org, par exemple, ne veut pas d’amalgame, 3 janvier 2014

BibliographieModifier

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AnglaisModifier

ÉtymologieModifier

Emprunt du français quenelle.

Nom commun Modifier

quenelle \Prononciation ?\

  1. (Cuisine) Quenelle (préparation culinaire).
    • Before the chef’s life was made immeasurably softer with the invention of the food processor, making quenelles was a slow and arduous task. — (Pierre Franey, «Step by step: Easy basic quenelles», New York Times, 7 mai 1986)
  2. Quenelle, sorte de bras d’honneur.
    • At least one young man appears to have posed for a quenelle outside the grade school in Toulouse where, in 2012, four Jews were killed by a self-proclaimed operative of Al Qaeda. — (Scott Sayarejan, «Concern Over an Increasingly Seen Gesture Grows in France», New York Times, 2 janvier 2014)