rechigner

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

De l’ancien français reschignier, rechignier « montrer les dents ; regimber, ruer », emprunt à l’ancien bas francique *kīnan « tordre la bouche ; se fendre, s’ouvrir », d’où le moyen néerlandais kinen « ouvrir la terre »[1].
→ voir eschignier « montrer les dents » en ancien français.

Verbe Modifier

rechigner \ʁə.ʃi.ɲe\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Familier) Témoigner par l’air de son visage la mauvaise humeur où l’on est, le chagrin, la répugnance que l’on éprouve.
    • Madelon s’y mit en rechignant. — (Louis-Ferdinand Céline (Louis-Ferdinand Destouches), Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932 (réédition Gallimard, Folio #28, 2019, page 588)
    • Malgré les controverses de l’entre-deux-guerres, sous la pression de la laïcisation en cours des affaires publiques, la plupart des sociétés ont rechigné à abandonner l'idée que l’État représente un système décrété par Dieu, pour le salut des hommes dans ce monde et dans l'autre. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, page 70)
    • Elle aida son père à remonter le manège et, un samedi soir de juin, jour de l'ouverture, elle passa sans rechigner la bricole autour de sa forte poitrine. — (Michel Peyramaure, Soupes d'orties: Volume 2, 2003)
  2. Mettre de la mauvaise volonté, exprimer des réticences à faire quelque chose.
    • Tante Bobi s'est promenée toute sa vie avec une corde dans sa poche pour se pendre et, quand il lui fallut mourir hier à quatre-vingt-huit ans de sa bonne mort, elle rechigna. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 326)
    • Je n’ai pas pu vérifier la véracité de cette histoire, il me suffit qu’elle soit plausible pour l’admettre sans rechigner. — (Laurent de Wilde, Monk, 1996, collection Folio, page 84)
    • Cette pratique du chabrot était une manière de communier dans un savoir pastoral. Ceux qui faisaient chabrot étaient corréziens à cent cinquante pour cent et ceux qui rechignaient à le faire, des étrangers. — (Jean-Paul Malaval, L'Auberge des diligences, Presses de la Cité, 2009, chapitre 5)
    • Pour Macron et sa ministre Parly, il devenait donc urgent de prouver que, malgré plusieurs mois de retard, ce projet de force conjointe (africaine et française) restait d’actualité, qu’il serait souhaitable que des médias en fassent la pub… et « Le Canard » n’y rechigne pas. — (Claude Angeli, Mauvaise pub pour la « force africaine » chère à Macron, Le Canard Enchaîné, 15 novembre 2017, page 3)

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

  1. Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, 2e éd., Paris, Le Robert, 1998, t. III, p. 3111.