Voir aussi : Ruisseau

Étymologie

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(1120) De l’ancien français russeals, ruissel, ruisseal, du latin populaire *rivuscellus, diminutif de rivus (« petit cours d’eau ») → voir ru. À comparer avec l’italien ruscello.

Nom commun

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Singulier Pluriel
ruisseau ruisseaux
\ʁɥi.so\
 
Le Repos au bord d’un ruisseau, par Alfred Sisley.

ruisseau \ʁɥi.so\ masculin

  1. (Hydrologie) Cours d’eau d’une largeur trop peu considérable pour recevoir le nom de rivière.
    • Nous reçûmes l'ordre de côtoyer en le remontant le ruisseau de la Tourbe, qui arrose la plus triste vallée du monde, entre des collines basses, sans arbres et sans buissons. — (Johann Wolfgang von Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 52)
    • L’autre jour, en me promenant le long du ruisseau qui coule à l’Est du camp, je l’ai trouvé littéralement bloqué de charognes en putréfaction; […] — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 97)
    • Dans cette partie de son cours, la Lanterne reçoit les eaux de nombreux ruisseaux ou « rus » provenant des vallons tourbeux voisins. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 6)
    • À l’ouest du village de Mosnay, près du hameau des Jadrets, s’ouvre un gouffre explorable. Il s'agit de la perte d'un ruisseau coulant depuis le sud et qui, au nord de la D 30a, s’encaisse profondément dans un ravin […]. — (Jacqueline Lorenz, Le Dogger du Berry: contribution à la connaissance des plates-formes carbonatées européennes du Jurassique, Éditions du BRGM, 1992, page 171)
  2. Cours d’eau qui coule au milieu ou sur les deux côtés de la chaussée ; conduit, à ciel ouvert destiné à recevoir cette eau.
    • Elle se plaint de la grossièreté des gens, même bien vêtus, qui regardent et lorgnent une femme sous le nez, l’accostent, la suivent, ou gardent le trottoir de façon à l’obliger à descendre dans le ruisseau. — (Hippolyte Taine, Carnets de voyage : Notes sur la province, 1863-1865, Hachette, 1897)
    • Armé d’un chalumeau, le gnome absorbait à même le ruisseau la boisson répandue. C’était grotesque, révoltant. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 56)
    • La rue de Normandie est une de ces vieilles rues à chaussée fendue, où la ville de Paris n’a pas encore mis de bornes-fontaines, et dont le ruisseau noir roule péniblement les eaux ménagères de toutes les maisons, qui s’infiltrent sous les pavés et y produisent cette boue particulière à la ville de Paris. — (Honoré de Balzac, Le Cousin Pons, 1847)
  3. (Sens figuré) Situation dégradante.
    • C’est un homme tombé au ruisseau.
    • Il a tiré cette femme du ruisseau.
    • Imaginez un horrible petit avorton, si petit que c’en était ridicule ; avec cela disgracieux, sale, mal peigné, mal vêtu, sentant le ruisseau, et, pour que rien ne lui manquât, affreusement bancal. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, page 57)
  4. (Par extension) Toutes les choses liquides qui coulent en abondance.
    • Des ruisseaux de vin, des ruisseaux de sang.
  5. Chose qui semble couler ou qui par son apparence rappelle un cours d’eau.
    • Un ruisseau de perles.
  6. (Agriculture) Fossé séparant des champs, surtout dans les polders.
    • Et on s’étonne, en traversant ce pays, de le voir ainsi régulièrement morcelé et comme partagé par ces ruisseaux au cours rectiligne, géométrique, se coupant les uns les autres à angles droits. — (Maxence Van der Meersch, La Maison dans la dune, 1932)

Dérivés

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Proverbes et phrases toutes faites

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Hyponymes

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Vocabulaire apparenté par le sens

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Traductions

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Prononciation

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Anagrammes

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Références

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