sauterelle

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Première moitié du XIIe siècle) De l’ancien français sauterelle dérivé de sauter avec le suffixe -elle.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
sauterelle sauterelles
\so.tʁɛl\
 
Sauterelle
 
Une sauterelle ou fausse équerre
 
Armoiries avec une sauterelle (sens héraldique)

sauterelle \so.tʁɛl\ féminin

  1. (Zoologie) Insecte orthoptère commun presque partout dans le monde et qui se déplace en sautant à l’aide de ses longues pattes postérieures.
    • De temps à autre, nous apercevions, dans les champs voisins, de grandes plaques jaunâtres, comme si l’on eût vidé là des sacs de paille hachée ; cependant, cette paille, quand nous passions auprès, se soulevait en tourbillonnant et s’envolait avec bruit : c’étaient des bancs de sauterelles qui se reposaient ; il devait y en avoir des millions : ceci sentait fort son Égypte. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Puis nous passons à l’histoire naturelle et étudions les mœurs des abeilles, des fourmis, des sauterelles et les vertus de certaines plantes médicinales. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 123)
    • J'avais neuf ans et j'attrapais avec mon frère des sauterelles que nous faisions griller dans le jardin pour les manger. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
    • C'était des cris de joie lorsqu'ils avaient découvert une grosse sauterelle, dissimulée sous quelque plante dont elle avait pris la couleur. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • Les grillons et les sauterelles stridulent en frottant leurs élytres l’un contre l’autre.— (Stéphane Tanzarella, Perception et communication chez les animaux, février 2015, page 38)
  2. (Zoologie) (Hauts-de-France) Nom donné aux crevettes sur les côtes du nord de la France.
    • Rousret. C'est le nom qu'on donne à Calais aux folles ou bouteux qui servent à prendre des chevrettes & des sauterelles. — (« Table des matières » de la Descriptions des arts et métiers faites ou approuvées par messieurs de l'Académie royale des sciences de Paris, nouvelle édition, publiées par J. E. Bertrand, tome 5, Neuchatel : Imprimerie de la Société Typographique, 1776, page 747)
    • Pendant que les « sauterelliers » ( barques de pêche ) ,[…] , déversent à pleins paniers les crevettes grises , ou « sauterelles » , sur les marchés , […]. — (Jacques de Wailly & Maurice Crampon, Le folklore de Picardie (Somme, Oise, Aisne), Musée de Picardie, 1968, page 126)
    • Pour les fruits de mer, c'étaient les moules, les coques et les « sauterelles » ou crevettes grises. — (Jean-François Leblond & Yvan Brohard, Vie et traditions populaires en Picardie: Oise, Somme, Aisne, Éditions Horvath, 1994, p. 103)
    • Des unités plus modestes pèchent la "sauterelle" (la crevette) dans la bande côtière au niveau de l'estuaire. — (Jacques Béal, Côte picarde et baie de Somme, Renaissance du Livre, 2001, page 43)
  3. (Charpenterie, Maçonnerie) Fausse équerre mobile, instrument formé de deux règles assemblées à l’une de leurs extrémités par une charnière, et qui sert à prendre, à reporter, et à tracer toutes sortes d’angles.
    • Une sauterelle est une équerre à ouverture réglable. Les deux branches sont reliées par une traverse qui pivote sur une branche et coulisse sur l’autre dans une glissière longitudinale. — (Marcel Draux, Émile Benoist, La Géométrie des débutants, Éditions Draux-Benoist, 1936, page 34)
    • Les outils de tracé et de contrôle sont l’équerre, la règle, la fausse équerre dite sauterelle, le biveau, le panneau ou gabarit, le compas, le fil à plomb et le niveau. Ces outils se retrouvent dessinés ou gravés sur de nombreux documents ou monumets de l'Antiquité à nos jours. — (Frédérick Tristan, Jacques Thomas & louis Monnier, Le Livre d'or du compagnonnage, éd. J.-C. Godefroy, 1992)
  4. (Construction, Industrie) Appareil servant à élever des produits pondéreux en vrac dans diverses industries, et composé d'un tapis entraîné en rotation par un moteur, sur un bâti métallique.
    • Nous appellerons transport libre, un transport de granulats dans lequel chacun des éléments est entièrement libre de se mouvoir par rapport aux autres. Par exemple, à l'extrémité d'une sauterelle, les éléments effectuent dans l'air, avant de toucher la surface du tas, un certain parcours qui est évidemment un transport libre. — (Bulletin de liaison des laboratoires routiers: ponts et chaussées, n° 50-53, Laboratoire central des ponts et chaussées (France), 1971, page 109)
    • Les longueurs unitaires des convoyeurs vont de 5 m (petites sauterelles de chargement) à plus de 1 000 m, […]. — (R. Lefevre, Graissage et tribotechnique: Compléments techniques, vol.4, Technip, 1977, page 449)
  5. (Péjoratif) Fille maigre et agitée.
    • Sur ces entrefaites elle a rencontré par hasard une de ses anciennes copines, une nommée Suzanne, une brune en minijupe, une sorte de grande sauterelle à la voix nasillarde. — (Daniel Apruz, La Bêlamour, éd. Buschet/Chastel, 1970)
    • On les prend aussi [les rouges-gorges] à la rive du bois sur des perches garnies de lacets ou de gluaux ; mais les rejets ou sauterelles fournissent une chasse plus sûre et plus abondante. — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Oiseaux, tome IX, page 291)
  6. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries.
    • De gueules à la toupie d’argent sénestrée d’une soupière du même soutenues d’une plaine ondée d’argent ; au chef d’azur à une sauterelle d’or, qui est de Foucaucourt-sur-Thabas → voir illustration « armoiries avec une sauterelle »
  7. (Hippologie) Sorte d'attache pour maintenir le bat-flanc dans une écurie.
    • Quand les chevaux s’embarrent, on relève l’anneau mobile pour dégager la sauterelle, qui faisant aussitôt bascule, l’extrémité postérieure du bat-flanc tombe sur le sol. — (Cours d'hippologie: à l'usage de MM. les officiers de l'armée, […], par A. Vallon, tome 2, Saumur : chez Javaud, 1863, page 105)
    • Ils se tiennent à la t^te de leurs chevaux sellés et bridés qu'ils ont tournés, la croupe du côté de la mangeoire, prêts à sortir, les rênes pendues à la sauterelle en fer de la chaîne qui soutient le bat-flanc. — (Marcel Luguet, Élève-Martyr: Le monde militaire, Paris : chez A. Savine, 1889, chapitre 12)
  8. (Chasse) (Vieilli) Sorte de piège rustique fait à partir d'une branche ployée fixée au sol.
    • L'endroit, que l'un de ces oiseaux fréquente le plus souvent, étant bien connu, c'est en général près d'un tournant d’eau, on y fiche un pieu pour y attacher et tendre le piège nommé sauterelle, avec quoi il est bientôt pris. — (« L'Alcyon, ou Martin Pêcheur », dans le Manuel de l'amateur des oiseaux de volière, par Johann Matthäus Bechstein, traduit de l'allemand, avec additions du traducteur, 2e édition, Bruxelles : Société belge de Librairie, 1838, page 85)
    • SAUTERELLE (Chasse). Ce piège se compose essentiellement d'un arc ou demi-cercle, de 0m,40 à 0m, 60 de longueur, fait avec une branche courbe, plus solide que flexible, ou tout simplement avec une côte de mouton, et dont les extrémités sont liées par une corde plusieurs fois redoublée sur elle-même. — (Dictionnaire universel de la vie pratique a la ville et a la campagne, rédigé par Guillaume Belèze, 2e éd., Paris : Librairie de L. Hachette & Cinterlingue, 1862, page 1620)
  9. (Viticulture) Sarment de vigne que l’on marcotte.
    • Les soins à donner aux mères sont […] ; l’enlèvement des marcottes lorsqu’elles ont pris racine , et la soustraction de la base de ces marcottes, base qu’on appelle sauterelles dans beaucoup de lieux, à raison de sa ressemblance avec le piège de ce nom. Certains pépiniéristes couchent les bourgeons qui ont poussé sur ces sauterelles; […]. — (« Mère », dans le Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique, ou Dictionnaire raisonné et universel d'agriculture, Paris : chez Deterville, 1809, page 289)
  10. (Chemin de fer) Sorte d'aiguillage mobile.
    • A Massy-Palaiseau, un appareil spécial, dit sauterelle, a été installé par dessus la voie d'accès aux marchandises, pour permettre aux trains de ballast et de matériel venant de Juvisy, de continuer leur marche sur la deuxième voie posée. — (Revue générale des chemins de fer, vol. 18, part. 1, Paris : chez P. Vicq-Dunod, 1895, page 332)
    • C'est par l’intermédiaire de ces lames que se fait l’aiguillage de la voie normale, car elles servent de sauterelles, permettant aux roues des wagons « type Nord », de passer de la file des rails voie normale à la file des rails voie étroite, d'où ils rattrapent presque immédiatement, par le deuxième aiguillage intérieur u u’, la file normale déviée. — (« Chemins de fer », dans la Revue industrielle, vol. 40, Paris, 1909, page 453)
  11. (Normandie) (Désuet) Jeu de la marelle.
    • Je pris part à leurs jeux, comme je ne l'avais pas encore fait, et fus bientôt parmi les plus forts aux barres, à la balle, à la sauterelle ; […]. — (Eugène Noël, Mémoires d'un imbécile, Librairie Germer Baillière, Paris, 1875, page 37)
  12. (Argot) Puce.

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Féminin de sauterel.

Nom commun Modifier

sauterelle \Prononciation ?\ féminin

  1. Sauterelle.
  2. Danseuse.
  3. Danse.
    • Plus ne corneray sauterelle.

VariantesModifier

SynonymesModifier

RéférencesModifier