se saigner aux quatre veines

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Composé de saigner, quatre et veine.

Locution verbale Modifier

se saigner aux quatre veines \sə sɛ.ɲe o katʁ vɛn\ (se conjugue → voir la conjugaison de saigner)

  1. (Figuré) Se priver en sacrifiant son bien-être ou son confort pour le profit de quelqu'un de cher.
    • Ils avaient pensé, peut-être, aux parents de province, besoigneux, se saignant aux quatre veines pour payer les études du garçon à Paris. — (Alphonse Allais, À se tordre : Boisflambard, Paul Ollendorff, 1891, p. 68)
    • Quoi qu'en pensait sur le moment le fusilier D..., il n'est pas indifférent qu'un Luc Platt, tombé au champ d’honneur, ait manifesté dans la vie les plus brillantes qualités : ni son père, ni sa mère n'ont fait un calcul de dupes en se saignant aux quatre veines pour favoriser son ascension sociale. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p. 158)
    • « Petit malheureux ! la maîtresse de tu sais bien qui ! Il a embrassé la maîtresse de tu sais bien qui. Il l’a prise par le cou ! Et moi qui me donne tant de mal, moi qui fais tant de sacrifices, moi qui me saigne aux quatre veines ! moi... » — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 191.)
    • Cet homme habile n'avait reçu qu'une instruction sommaire. Il savait lire et signer, mais rien de plus. Il en souffrit secrètement toute sa vie, finit par croire que l'instruction était le Souverain Bien, et il s'imagina que les gens les plus instruits étaient ceux qui enseignaient les autres. Il se « saigna » donc « aux quatre veines », pour établir ses six enfants dans l'enseignement, et c'est ainsi que mon père, à vingt ans, sortit de l'École normale d'Aix-en-Provence, et devint instituteur public. — (Marcel Pagnol, La gloire de mon père, 1957, collection Le Livre de Poche, pages 19-20.)

TraductionsModifier

PrononciationModifier

  • France (Lyon) : écouter « se saigner aux quatre veines [Prononciation ?] »