Ouvrir le menu principal

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Siècle à préciser) Du latin sentina (« fond de cale », « bas-fond »).

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
sentine sentines
\sɑ̃.tin\

sentine \sɑ̃.tin\ féminin

  1. (Marine) (Vieilli) Cale, partie basse de l’intérieur d’un navire, dans laquelle les eaux s’amassent et croupissent.
    • Cependant leur symbole est comme une sentine où sont venues converger, horriblement confondues ensemble, les abominations imaginées par les autres hérétiques. Pour mieux dérober aux regards des profanes leurs souillures et leurs turpitudes, ils ne craignent pas de dire à leurs disciples : « Jurez, parjurez-vous ; mais ne dévoilez pas nos mystères ». — (Augustin d’Hippone; LXX. Les Priscillianistes, idans Des hérésies, 429, traduction de M. l’abbé Aubert, 1869)
    • Signalons enfin que dans les trous d’anguiller rectangulaires ménagés à la base de chaque couple, de part et d'autre de la quille, et destinés à assurer l'écoulement de l'eau dans la sentine, on a retrouvé intact le cordage, passant d’anguiller en anguiller, qui permettait sans doute le ramonage de ce conduit. — (Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions & belles-lettres (France), Éditions Klincksieck, 1974, p. 423)
  2. (Figuré) Endroit malpropre et nauséabond.
    • Combien n’ai-je pas escaladé de ces escaliers délabrés, obscurs, empuantis de senteurs écœurantes et sur lesquels s’ouvraient de hideuses sentines, parfois même démunies d’une seule fenêtre ! — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  3. (Figuré) Bas-fond, endroit malsain où se concentrent les vices.
    • Et d’où lui vient cette doctrine ? - De la plus immonde sentine du Palais Royal, la maison du duc d’Orléans. — (Hippolyte Castille, Le Prince de Talleyrand, 1857)
    • L’armée, c’est le réceptacle de toutes les mauvaises passions, la sentine de tous les vices. Tout le monde vole, là-dedans, depuis le caporal d’ordinaire, depuis l’homme de corvée qui tient une anse du panier, jusqu’à l’intendant général, jusqu’au ministre. Ce qui se nomme « gratte » et « rabiau » en bas s’appelle en haut « boni » et « pot-de-vin ». Tout le monde s’y déteste, tout le monde s’y envie, tout le monde s’y torture, tout le monde s’y espionne, tout le monde s’y dénonce. — (Georges Darien, 1890, Biribi, discipline militaire : Chapitre XXXV)
    • À l’exemple de Juvénal, je ne suis pas descendu dans la sentine des vices pour la remuer, j’ai plutôt passé gaiement en revue les ridicules que les turpitudes. — (Érasme, Éloge de la folie, Traduction par G. Lejeal en 1899)
    • Si je n’avais été prévenu, je me serais cru transporté par un songe diabolique dans les sentines de Suburre, dans les lupanars de Capoue. — (Pierre Louÿs, Les Aventures du roi Pausole, 1901)
    • Le contre-espionnage […] donnait à des officiers l’habitude des faux, et tentait certains agents d’étendre, cette fois pour leur propre compte, leurs opérations. Le métier est profitable, […] mais il est si ignoble que les derniers restes de la conscience ont vite fait d’y sombrer. […] Engrenage inextricable et fécond en vilenies de toutes sortes, où le mensonge ne se distingue plus de la vérité, tricheurs contre tricheurs. Tous les dés sont pipés. […] Dans cette sentine des espions, chacun suspecte son voisin de trahison et l’en accuse. — (Joseph Reinach, Histoire de l’Affaire Dreyfus, Volume 1 : Le procès de 1894, [1901] : Chapitre premier : Mercier)

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier