souverainisme

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

De souverain avec le suffixe -isme.
Le mot apparaît dans le vocabulaire québécois en 1967 (voir note ci-dessous). C'est dans les années 1996-1997 qu'il est adopté en France « au sein des associations en lutte contre les traités de Maastricht et d'Amsterdam afin d'échapper aux qualificatifs négatifs tels qu'“anti-européens” dont les affuble la presse[1] » .

→ voir souverainiste

Nom commun Modifier

souverainisme \su.vʁɛ.nism\ (\su.və.ʁɛ.nism\ au Québec) masculin

  1. (Canada) Option politique selon laquelle le Québec devrait devenir un pays souverain, donc quitter la fédération canadienne.
    • Les fédéralistes, eux, abhorrent son souverainisme et les indépendantistes, en retour, l’accusent d'être trop mou. — (Le Devoir, 22–23 juillet 2006)
    • Nationaliste, le journaliste reconnaît avoir voté OUI en 1980 et en 1995. Le discours de Jacques Parizeau, lors de cette seconde défaite, a transformé son souverainisme mou en fédéralisme pragmatique. — (Le Devoir, 18–19 février 2006)
  2. (Europe) Option politique basée sur la défense de la souveraineté de chaque pays, par opposition aux doctrines prônant une plus grande intégration européenne.
    • La campagne du parti animé par l’industriel zurichois Christoph Blocher, axée sur la dénonciation de l’insécurité liée à l’immigration, la nécessité de réformes libérales pour sortir du marasme économique, la défense d’un souverainisme farouche hostile à une éventuelle adhésion à l’Union européenne, séduit une Suisse gagnée par le doute. — (L’Express, 16 octobre 2003)
    • À l’opposition souverainisme/européisme, trame de l’affrontement autour du traité de Maastricht, se substitue une mosaïque de oui-non aux motivations variées. — (L’Express, 22 novembre 2004)

NotesModifier

Le mot souverainisme est apparu au Canada en 1967 (avec le manifeste Option Québec du Mouvement Souveraineté-Association), délogeant les mots indépendantisme et séparatisme, jugés trop radicaux. Le mot indépendantisme est resté dans le paysage linguistique, quoique prenant moins de place que souverainisme, toujours pour la même raison. Le mot séparatisme est presque uniquement utilisé par les acteurs fédéraux ou, dans une moindre mesure, par les fédéralistes québécois. La souveraineté-association implique d’obtenir le droit final et total d’être indépendant, mais de ne l’appliquer que partiellement, afin de construire une confédération d’égal à égal avec l’ancienne fédération ; le souverainisme inclut à la fois les idéologies de la souveraineté-association et de l’indépendance. On dit alors que le mouvement souverainiste est une coalition de membres de ces deux courants. Il y a un début de retour du mot indépendance à la place de souveraineté, et similairement pour les mots de même famille, proposé par (entre autres) Bernard Landry, le parti Option nationale, et le Conseil de la souveraineté du Québec, ce dernier ayant même décidé de s’appeler « Organisations Unies pour l’Indépendance » (OUI-Québec) à partir de décembre 2014.
Le mot souverainisme est plutôt péjoratif en France, étant associé de près ou de loin au repli sur soi, voire à la xénophobie. Au Québec, le mot est neutre (abstraction faite des penchants politiques du locuteur).

SynonymesModifier

Sens canadien

AntonymesModifier

Sens canadien
Sens européen

Apparentés étymologiquesModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

Sens canadien
Sens européen

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier